{"id":33850,"date":"2026-03-09T08:04:16","date_gmt":"2026-03-09T08:04:16","guid":{"rendered":"https:\/\/www.europesays.com\/be-fr\/33850\/"},"modified":"2026-03-09T08:04:16","modified_gmt":"2026-03-09T08:04:16","slug":"quand-six-alchimistes-de-limage-nous-en-mettent-plein-la-vue-iwacu","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.europesays.com\/be-fr\/33850\/","title":{"rendered":"quand six alchimistes de l\u2019image nous en mettent plein la vue \u2013 IWACU"},"content":{"rendered":"<p>C\u2019est dans un hangar d\u00e9saffect\u00e9 suite aux inondations qui ont frapp\u00e9 les zones situ\u00e9es \u00e0 la lisi\u00e8re du Tanganyika que l\u2019exposition baptis\u00e9e Labphoto, un projet pilot\u00e9 par deux photographes chevronn\u00e9es, s\u2019est d\u00e9roul\u00e9e du 20 f\u00e9vrier au 1er mars. 10 jours pour admirer les \u0153uvres de six artistes d\u00e9bordant de cr\u00e9ativit\u00e9, de la magie au bout de leurs objectifs.<\/p>\n<p>D\u2019entr\u00e9e de jeu, un premier petit souci : comment rendre accueillant un espace o\u00f9 la nature a repris ses droits ? Retrousser les manches, un peu de d\u00e9broussaillage par-ci, un peu de sable par-l\u00e0 pour chasser les derni\u00e8res flaques d\u2019eau, t\u00e9moins de la derni\u00e8re mont\u00e9e des eaux de ce lac, un peu de graisse de roulement pour les portes \u00e0 rail afin d\u2019\u00e9viter les frictions, quelques pots de peinture, quelques rouleaux et autres brosses pour un relooking des murs. Et pour couronner le tout de petits projecteurs discr\u00e8tement dispos\u00e9s pour laisser passer une lumi\u00e8re feutr\u00e9e donnant sur diff\u00e9rentes \u0153uvres.<\/p>\n<p>Avant cette exposition, il y aura des s\u00e9ances de coaching pour les six photographes assur\u00e9es par deux pros : Martina Bacigalupo et B\u00e9n\u00e9dicte Kurzen, suivies d\u2019une immersion au Lagos Photo Festival, pour \u00e9largir leurs horizons par des \u00e9changes d\u2019exp\u00e9rience. Tout cela avec l\u2019appui de l\u2019initiative \u201cBurundi en Cr\u00e9ation\u201d de l\u2019Institut fran\u00e7ais du Burundi.<br \/>Les six photographes sont encourag\u00e9s \u00e0 aller au-del\u00e0 des id\u00e9es re\u00e7ues, \u00e0 faire preuve d\u2019innovation, \u00e0 sortir des sentiers battus, \u00e0 avoir du flair, \u00e0 se fier \u00e0 leur instinct.<\/p>\n<p>Mais \u00e0 un certain moment, confient les six photographes, l\u2019imagination semble leur jouer des tours : il y a des incertitudes, tous r\u00e9v\u00e8lent qu\u2019ils auront des moments de doutes sur le choix des sujets convaincants \u00e0 pr\u00e9senter, \u00e0 d\u00e9velopper, une sorte syndrome de la page blanche, et un jour une \u00e9tincelle jaillit.<\/p>\n<p>Voir au-del\u00e0 du \u00ab cadre \u00bb <\/p>\n<p><img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-177920 \" src=\"https:\/\/www.europesays.com\/be-fr\/wp-content\/uploads\/2026\/03\/Les-pros-PhotoLab-Martina-Bacigalupo-a-droite-et-Benedicte-Kurzen.jpg\" alt=\"\" width=\"670\" height=\"385\"  \/>Les pros dont Martina Bacigalupo (\u00e0 droite) et B\u00e9n\u00e9dicte Kurzen (\u00e0 gauche)<\/p>\n<p>Par un tour au cimeti\u00e8re, un hasard, Landry Nshimiye, photographe reconnu par ses pairs, se dit que ces photos d\u00e9lav\u00e9es des disparus sur les tombes, peu entretenues, le seul lien physique avec les siens, peuvent faire l\u2019affaire.<br \/>Charissa Daniella Iradukunda a une toute autre id\u00e9e, elle compte immortaliser l\u2019amour \u00e9prouv\u00e9 par sa grand-m\u00e8re pour les vaches : \u00ab Elle en parlait comme d\u2019un membre de la famille, \u00e0 entourer d\u2019affection \u00bb. Mais il y a l\u00e0 une \u00e9quation \u00e0 r\u00e9soudre : \u00ab Comment rendre par une repr\u00e9sentation vivante ce culte vou\u00e9 \u00e0 ces vaches ? \u00bb.<\/p>\n<p>Elle fera plusieurs essais jusqu\u2019\u00e0 avoir une id\u00e9e de gros plans sur certaines parties du pelage de ces animaux tant aim\u00e9s par sa grand-m\u00e8re. Le r\u00e9sultat sera expos\u00e9 dans la salle tout en bleu avec les photos de Landry Nshimiye nous rappelant notre ultime destin.<\/p>\n<p>Dans la deuxi\u00e8me salle, une exposition dans un espace tout blanc r\u00e9serv\u00e9 \u00e0 la culture urbaine avec des photos de murs riches en couleurs et en images de Bwiza devant lesquels des jeunes gens qui viennent poser, jouer, r\u00eaver, \u2026 un terrain de chasse pour le photographe Bruno Nsengiyumva. C\u2019est sa \u2019\u2019caverne\u2019\u2019 avec de l\u2019autre c\u00f4t\u00e9 des autoportraits de Junior Safari baignant dans un jeu de lumi\u00e8res.<\/p>\n<p>Le troisi\u00e8me hall avec des murs tout noir laisse la place aux photos d\u2019Ana\u00efs Hashazinka, photographe et designer, qui fait son petit bonhomme de chemin. Son id\u00e9e : mettre en valeur les tambourinaires, \u2019\u2019Abahebera\u2019\u2019, toutes les g\u00e9n\u00e9rations et toutes les diversit\u00e9s s\u2019y retrouvent.<\/p>\n<p>Des vieux \u2019\u2019batimbo\u2019\u2019, des jeunes, des enfants, \u2026 rencontr\u00e9s \u00e0 la source dans diff\u00e9rents sanctuaires ou dans des centres urbains, ils ont un d\u00e9nominateur commun : l\u2019engagement \u00e0 perp\u00e9tuer une tradition intimement li\u00e9e \u00e0 la royaut\u00e9 burundaise.<\/p>\n<p>Dans l\u2019autre moiti\u00e9 de cette salle, un autre univers, un autre monde ou plut\u00f4t deux mondes qui se croisent, une communion : la mode et la photographie avec comme ma\u00eetre des lieux un dr\u00f4le d\u2019oiseau, Baps, de son vrai nom, Joan Baptista Ndenzako.<\/p>\n<p>D\u2019un ballot de jeans de seconde main invendus, il en prend une moiti\u00e9 qu\u2019il coupe en lani\u00e8res \u00e0 utiliser pour faire des cadres pour les photos de ses mod\u00e8les. Le r\u00e9sultat est d\u2019un autre niveau.<\/p>\n<p>Charissa Daniella Iradukunda : \u00ab Hommage \u00e0 ma grand-m\u00e8re \u00bb<br \/>\n<img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-177914 \" src=\"https:\/\/www.europesays.com\/be-fr\/wp-content\/uploads\/2026\/03\/Charissa-Daniella-Iradukunda.jpg\" alt=\"\" width=\"682\" height=\"392\"  \/>Charissa au \u2019\u2019milieu de ses vaches\u2019\u2019 avec le diplomate fran\u00e7ais J\u00e9r\u00e9my Grand<\/p>\n<p>J\u2019ai commenc\u00e9 \u00e0 prendre des clich\u00e9s de vaches apr\u00e8s le d\u00e9c\u00e8s de ma grand-m\u00e8re. Mon a\u00efeule avait un amour passionnel voire fusionnel avec les vaches. Quand cette native du Mugamba parlait des vaches, il \u00e9tait perceptible, par le choix d\u00e9licat des vocables utilis\u00e9s qu\u2019il ne s\u2019agissait pas d\u2019un simple animal, elle adorait ces b\u00eates. Dans le Burundi traditionnel, en poss\u00e9der conf\u00e9rait un certain rang, un prestige.<\/p>\n<p>Puis je me suis int\u00e9ress\u00e9e, comme photographe, \u00e0 ces animaux bien choy\u00e9s par ma grand-m\u00e8re. J\u2019ai fait trois s\u00e9ries de shooting avec des photos simples o\u00f9 l\u2019on voyait des vaches et puis il y a eu un autre travail qui \u00e9tait un peu po\u00e9tique et un autre shooting un peu abstrait.<\/p>\n<p>Il fallait alors faire un choix pour me permettre de faire une approche profonde venant du fond de mon c\u0153ur et voil\u00e0 le r\u00e9sultat avec des gros plans sur quelques parties de la vache comme cet autoportrait o\u00f9 je suis visible dans l\u2019\u0153il d\u2019une vache.<\/p>\n<p>En fait, la robe de la vache change selon les saisons, le climat, l\u2019heure de la journ\u00e9e, le matin, le soir, c\u2019est diff\u00e9rent. Il y a des fois o\u00f9 les couleurs sont nettes ou ternes, c\u2019est changeant. J\u2019ai fait plusieurs navettes pour amener ce genre de photos avec une obsession : comment traduire par de simples clics le langage po\u00e9tique de ma grand-m\u00e8re quand elle parlait des vaches.<\/p>\n<p>C\u2019est comme si elle avait d\u00e9di\u00e9 sa vie \u00e0 ces b\u00eates : tout tournait autour de ces vaches dans ses conversations, elle nous b\u00e9nissait en nous souhaitant beaucoup de vaches. Elle savait tout des vaches : leurs horaires, les heures pour les amener aux p\u00e2turages, \u00e0 l\u2019abreuvoir, au bercail, \u2026<\/p>\n<p>Et je me suis int\u00e9ress\u00e9e \u00e0 tout cela et cette exposition est un hommage \u00e0 ma grand-m\u00e8re et \u00e0 tous ceux qui gardent ce lien affectif avec les vaches, c\u2019est un trait culturel qui dispara\u00eet petit \u00e0 petit. O\u00f9 la vache n\u2019est pas qu\u2019un simple animal. Moi, j\u2019ai grandi au milieu de cet univers et quand il arrive de retourner \u00e0 ma colline natale, il y a beaucoup de souvenirs qui me reviennent et c\u2019est ce monde qui se refl\u00e8te dans mes photos. C\u2019est ce que j\u2019ai voulu exprimer.<\/p>\n<p>Landry Nshimiye : \u00ab Les cimeti\u00e8res sont venus nous \u00e9loigner des n\u00f4tres, \u2019\u2019Abacu\u2019\u2019 \u00bb <\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-177919 alignright\" src=\"https:\/\/www.europesays.com\/be-fr\/wp-content\/uploads\/2026\/03\/Landry-Nshimiye-300x173.jpg\" alt=\"\" width=\"440\" height=\"254\"  \/>Aujourd\u2019hui, je fais beaucoup plus la photographie que les m\u00e9tiers de l\u2019audiovisuel et du cin\u00e9ma, mon exposition concerne les photos d\u00e9lav\u00e9es, m\u00e9connaissables se trouvant sur les tombes. L\u2019id\u00e9e m\u2019est venue quand je pr\u00e9parais un film documentaire sur le centenaire de la ville de Gitega, d\u00e9sormais capitale politique du Burundi.<\/p>\n<p>Je visitais l\u2019ancien cimeti\u00e8re quand j\u2019ai r\u00e9alis\u00e9 que ce p\u00e9rim\u00e8tre \u00e9tait un des t\u00e9moins du pass\u00e9 r\u00e9cent du Burundi par les noms des personnalit\u00e9s qui reposent l\u00e0-bas comme le P\u00e8re Canonica, des noms qui sont dans des livres d\u2019histoire. C\u2019est ce dernier pr\u00eatre blanc qui a supprim\u00e9 la f\u00eate nationale des semailles, \u2019\u2019Umuganuro\u2019\u2019 en 1930 en baptisant Mukakaryenda, la gardienne du tambour sacr\u00e9, \u2019\u2019Karyenda\u2019\u2019.<\/p>\n<p>Dans cet ancien cimeti\u00e8re, loin du tumulte de la ville, je me suis bizarrement senti un peu d\u00e9tendu. Et c\u2019est l\u00e0 que des id\u00e9es pour mon sujet ont commenc\u00e9 \u00e0 germer dans la ma t\u00eate. C\u2019est un projet que je porte depuis 2018.<br \/>La mort est finalement un sujet plus vaste que la vie. L\u2019angle d\u2019attaque n\u2019\u00e9tait pas \u00e9vident. Mais j\u2019en suis venu \u00e0 ces images qui se d\u00e9t\u00e9riorent, justement pour parler de la relation, du lien entre les Burundais et leurs morts, qui se d\u00e9gradent \u00e9galement avec le temps.<\/p>\n<p>Dans le Burundi traditionnel, les morts \u00e9taient inhum\u00e9s dans la propri\u00e9t\u00e9 familiale, le disparu n\u2019\u00e9tait pas loin, il y avait m\u00eame tout un culte d\u00e9di\u00e9 \u00e0 ces d\u00e9funts mais aujourd\u2019hui c\u2019est remplac\u00e9 par d\u2019autres pratiques fun\u00e9raires d\u2019inspiration religieuse.<\/p>\n<p>Mon id\u00e9e c\u2019\u00e9tait de faire vivre les morts, redonner vie \u00e0 ces morts aujourd\u2019hui enterr\u00e9s loin des leurs dans un cimeti\u00e8re froid. Une innovation plut\u00f4t une recommandation datant de la colonisation allemande qui a rencontr\u00e9 des r\u00e9sistances de la part des Burundais. Tout cela fait que les liens entre les vivants et les morts s\u2019effacent progressivement. Et c\u2019est cela le c\u0153ur de mon sujet.<\/p>\n<p>Bruno Nsengiyumva : \u00ab Bwiza, tout est en couleur et en harmonie \u00bb<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-177915 aligncenter\" src=\"https:\/\/www.europesays.com\/be-fr\/wp-content\/uploads\/2026\/03\/Bruno-Nsengiyumva.jpg\" alt=\"\" width=\"772\" height=\"444\"  \/><br \/>Je suis fondamentalement de Bwiza, un quartier cosmopolite de la ville de Bujumbura. Avec cette exposition de photos de jeunes posant devant des fresques murales, des graffitis ou des peintures na\u00efves des diff\u00e9rentes rues anim\u00e9es.<br \/>Mon c\u0153ur ne bat que pour Bwiza et j\u2019ai pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 parler, \u00e0 ma mani\u00e8re comme photographe, de mon quartier. C\u2019est l\u00e0 o\u00f9 je suis n\u00e9, c\u2019est l\u00e0 o\u00f9 j\u2019ai grandi. Ce n\u2019est pas n\u2019importe quel quartier.<\/p>\n<p>Bwiza grouille de vie, il y a tout. Et sa notori\u00e9t\u00e9 ne date pas d\u2019aujourd\u2019hui, il y a 50 ans, Bwiza \u00e9tait toujours un quartier cosmopolite. A chaque conflit ethnique dans le pays, Bwiza a accueilli les gens venus de tous les coins du pays, m\u00eame des pays voisins fuyant les pers\u00e9cutions.<\/p>\n<p>Bwiza, c\u2019est melting pot, ce mix de nationalit\u00e9s, toujours d\u2019actualit\u00e9. J\u2019\u00e9tais grandi l\u00e0-bas, avec des gens venus de tous les horizons, et il n\u2019y a jamais eu de diff\u00e9rences entre nous. C\u2019est vraiment sp\u00e9cial.<\/p>\n<p>Bwiza, c\u2019est aussi cet amour entre les gens, c\u2019est pourquoi j\u2019ai d\u00e9cid\u00e9 d\u2019en parler \u00e0 travers des photos des enfants. Il y a cette innocence et cette autre r\u00e9alit\u00e9, cet amour Parce que pour moi, j\u2019avais essay\u00e9 de comparer l\u2019innocence de l\u2019enfance et cette r\u00e9alit\u00e9, cet amour, o\u00f9 les gens se soucient peu des origines de tel ou tel autre, o\u00f9 les gens ont d\u00e9cid\u00e9 de vivre ensemble, de rigoler ensemble, de danser ensemble, et de parler une m\u00eame langue, le Swahili.<\/p>\n<p>A Bwiza, les Maliens parlent le swahili, les S\u00e9n\u00e9galais parlent le swahili, les Tanzaniens, les Rwandais, les Congolais, tout le monde. M\u00eame les Burundais qui viennent de l\u2019int\u00e9rieur du pays s\u2019efforcent \u00e0 parler swahili<br \/>A Bwiza, il y a des Burundais 100% qui ma\u00eetrise mal le kirundi et qui pr\u00e9f\u00e8rent parler swahili. Si l\u2019envie vous prend de visiter l\u2019Afrique sans quitter le Burundi, il faut faire un tour \u00e0 Bwiza.<\/p>\n<p>Junior Safari : \u00ab J\u2019ai voulu exprimer la fatigue, l\u2019incertitude mais aussi le courage \u00bb <\/p>\n<p>Mon but \u00e9tait de pouvoir \u00e9largir mes horizons sur la photographie, c\u2019est pour moi un m\u00e9tier que je pratique depuis une d\u00e9cennie. Pour cette exposition, il \u00e9tait d\u2019abord question, dans la formation, de pouvoir cr\u00e9er et structurer un projet personnel.<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-177916 alignleft\" src=\"https:\/\/www.europesays.com\/be-fr\/wp-content\/uploads\/2026\/03\/Junior-Safari-300x173.jpg\" alt=\"\" width=\"489\" height=\"282\"  \/>Et pour moi en tant que jeune, je voulais mettre en lumi\u00e8re la frustration, la fatigue, l\u2019incertitude face \u00e0 un avenir fuyant que nous les jeunes nous traversons mais je voulais \u00e9galement mettre en valeur le courage de pouvoir avancer, l\u2019effort de pouvoir rester debout malgr\u00e9 tout et r\u00eaver encore.<\/p>\n<p>C\u2019\u00e9tait vraiment une toute autre exp\u00e9rience pour moi. J\u2019ai \u00e9t\u00e9 expos\u00e9 davantage \u00e0 la philosophie de la photographie, les \u0153uvres des autres photographes et nous avons appris comment cr\u00e9er et structurer un projet photo, faire de l\u2019editing, d\u00e9velopper son propre langage, comment organiser une expo.<\/p>\n<p>En termes de contact, il y a eu une ouverture sur le monde ext\u00e9rieur, notamment avec d\u2019autres r\u00e9seaux des photographes sur le continent notamment au Nigeria, en Afrique du Sud et au Ghana.<\/p>\n<p>A un profane, je dirai plut\u00f4t que la photographie, avant tout, c\u2019est un m\u00e9tier qui consiste \u00e0 raconter, tant\u00f4t d\u2019une mani\u00e8re ou d\u2019une autre, les r\u00e9alit\u00e9s ou les faits quotidiens.<\/p>\n<p>Alors pour l\u2019expo, j\u2019ai choisi de pouvoir d\u00e9montrer certaines r\u00e9alit\u00e9s que nous vivons en tant que jeunes aujourd\u2019hui au Burundi et presque partout dans la Communaut\u00e9 Est Africaine.<\/p>\n<p>Ana\u00efs Hashazinka : \u00ab Honneur \u00e0 nos tambourinaires, h\u00e9ritiers d\u2019une longue tradition \u00bb<br \/>\n<img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-177918 \" src=\"https:\/\/www.europesays.com\/be-fr\/wp-content\/uploads\/2026\/03\/Anais-Hashazinka-Tambourinaires.jpg\" alt=\"\" width=\"597\" height=\"343\"  \/>Ana\u00efs au \u2019\u2019milieu de ses tambourinaires\u2019\u2019<\/p>\n<p>J\u2019aime tout ce qui est culture burundaise, avec ce projet Labphoto, j\u2019avais envie de travailler sur la danse burundaise et j\u2019ai commenc\u00e9 par les tambourinaires, ils sont partout, une fiert\u00e9 nationale renforc\u00e9e par la reconnaissance du tambour burundais comme patrimoine culturel immat\u00e9riel de l\u2019humanit\u00e9 par l\u2019Unesco.<\/p>\n<p>Et j\u2019ai eu l\u2019occasion de visiter le sanctuaire des tambours sacr\u00e9s de Gishora et je me suis dit de faire quelque chose avec ce symbole de la royaut\u00e9 burundaise.<\/p>\n<p>Les tambourinaires sont partout et c\u2019est comme si tout a \u00e9t\u00e9 dit sur le tambour. Avec diff\u00e9rentes visites effectu\u00e9es dans diff\u00e9rents sanctuaires, mon sujet \u00e0 pr\u00e9senter pour ce projet \u00e9tait trouv\u00e9. Je me suis mise \u00e0 faire des portraits de ces tambourinaires avec en arri\u00e8re-fond un tissu blanc mais \u00e0 des endroits diff\u00e9rents.<\/p>\n<p>J\u2019ai fait le choix de parler \u00e0 ma mani\u00e8re de ces hommes, leur rendre hommage. Des fois, on parle du tambour, du tambour et on en met \u00e0 toutes les sauces, mais on les oublie alors que c\u2019est gr\u00e2ce \u00e0 eux que le tambour r\u00e9sonne, r\u00e9veille ou ravive chez les Burundais cette fiert\u00e9 nationale, le patriotisme.<\/p>\n<p>Par diff\u00e9rents portraits, je mets \u00e9galement en honneur leur costume aux couleurs nationales. Avant les tambourinaires avaient un autre code vestimentaire en fonction de leur \u00e9poque.<\/p>\n<p>Baps : \u00ab Des jeans \u00e9chou\u00e9s dans mon studio \u00bb<\/p>\n<p>Moi, c\u2019est Baps, mon nom d\u2019artiste. Mon vrai nom Joan Baptista Ndenzako, je suis photographe, je viens du milieu de la mode. Mon projet, c\u2019est Ballot LSV45. C\u2019est l\u2019histoire du ballot de friperie, des jeans trouv\u00e9s dans un hangar du march\u00e9 de Ruvumera \u00e0 Buyenzi, des invendus destin\u00e9s \u00e0 finir dans un d\u00e9potoir. J\u2019ai travaill\u00e9 avec les v\u00eatements parce que je viens du milieu de la photographie de mode et du studio.<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-177917 alignright\" src=\"https:\/\/www.europesays.com\/be-fr\/wp-content\/uploads\/2026\/03\/Baps-Joan-300x173.jpg\" alt=\"\" width=\"487\" height=\"281\"  \/>J\u2019ai voulu raconter leur histoire \u00e0 ma mani\u00e8re : je sais que ce business commence eu Europe o\u00f9 les gens se d\u00e9barrassent de ces habits avant de se retrouver dans un hangar d\u2019un march\u00e9. Et tout ne sera pas \u00e9coul\u00e9 comme ce ballot.<br \/>J\u2019ai voulu en savoir plus et j\u2019ai appris que les invendus sont stock\u00e9s quelque part pendant quelque temps en attendant un preneur mais quand ils commencent \u00e0 \u00eatre encombrants, il faut s\u2019en d\u00e9barrasser pour faire la place aux nouveaux arrivants.<\/p>\n<p>J\u2019ai essay\u00e9 de donner non pas une seconde vie \u00e0 ces rebuts mais une troisi\u00e8me vie \u00e0 ces habits refus\u00e9s en Europe, rejet\u00e9s m\u00eame en Afrique parce qu\u2019ils ne sont plus \u00e0 la mode.<\/p>\n<p>J\u2019ai essay\u00e9 de me les r\u00e9approprier d\u2019une mani\u00e8re cr\u00e9ative au fait, pour raconter l\u2019histoire de ce \u2019\u2019Ballot LSV\u2019\u2019. C\u2019est du skinny, aujourd\u2019hui c\u2019est ringard les jeunes pr\u00e9f\u00e8rent des v\u00eatements amples mais cela peut nous revenir vite, on ne sait jamais.<\/p>\n<p>Pour l\u2019expo, j\u2019ai fait porter, \u00e0 ma fa\u00e7on, ces jeans \u00e0 mes mod\u00e8les, j\u2019ai fait quelques photos que j\u2019ai mises dans des cadres faits de lani\u00e8res de ces habits d\u00e9mod\u00e9s pour ce r\u00e9sultat. Cela ne passe pas inaper\u00e7u, les gens s\u2019arr\u00eatent. Pour la petite histoire, j\u2019ai donn\u00e9 une bonne moiti\u00e9 de ces habits \u00e0 une \u0153uvre de charit\u00e9.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"C\u2019est dans un hangar d\u00e9saffect\u00e9 suite aux inondations qui ont frapp\u00e9 les zones situ\u00e9es \u00e0 la lisi\u00e8re du&hellip;\n","protected":false},"author":2,"featured_media":33851,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[101],"tags":[6203,126,124,125,12,13,18,17,17958,17953,17944,17957,10431,127,96,17949,95,17948,17954,17962,17945,533,3151,17952,17959,17965,1404,273,17951,17955,17961,5950,17956,17963,17964,17950,17960,17946,17947],"class_list":{"0":"post-33850","1":"post","2":"type-post","3":"status-publish","4":"format-standard","5":"has-post-thumbnail","7":"category-arts-et-design","8":"tag-afrique","9":"tag-arts","10":"tag-arts-and-design","11":"tag-arts-et-design","12":"tag-be","13":"tag-be-fr","14":"tag-belgique","15":"tag-belgium","16":"tag-bubanza","17":"tag-bujumbura","18":"tag-burundi","19":"tag-bururi","20":"tag-democratie","21":"tag-design","22":"tag-divertissement","23":"tag-eac","24":"tag-entertainment","25":"tag-ganwa","26":"tag-gitega","27":"tag-hippopotame","28":"tag-hutu","29":"tag-information","30":"tag-journalisme","31":"tag-liberte","32":"tag-makamba","33":"tag-malagarazi","34":"tag-media","35":"tag-medias","36":"tag-ndadaye","37":"tag-ngozi","38":"tag-nil","39":"tag-presse","40":"tag-rumonge","41":"tag-rusizi","42":"tag-ruvyironza","43":"tag-rwagasore","44":"tag-tanganyika","45":"tag-tusti","46":"tag-twa"},"share_on_mastodon":{"url":"https:\/\/pubeurope.com\/@be_fr\/116198183204320498","error":""},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/be-fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/33850","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/be-fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/be-fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/be-fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/be-fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=33850"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/be-fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/33850\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/be-fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/33851"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/be-fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=33850"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/be-fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=33850"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/be-fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=33850"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}