{"id":49370,"date":"2026-03-21T15:06:12","date_gmt":"2026-03-21T15:06:12","guid":{"rendered":"https:\/\/www.europesays.com\/be-fr\/49370\/"},"modified":"2026-03-21T15:06:12","modified_gmt":"2026-03-21T15:06:12","slug":"pourquoi-est-ce-que-je-ne-parle-pas-ma-langue-cette-langue-arabe-quest-elle-pour-moi","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.europesays.com\/be-fr\/49370\/","title":{"rendered":"\u00abPourquoi est-ce que je ne parle pas ma langue\u200a? Cette langue arabe, qu\u2019est-elle pour moi\u200a?\u00bb"},"content":{"rendered":"<p>\n    Dans son nouveau livre, l\u2019auteure franco-marocaine interroge sa relation \u00e0 la langue arabe, qu\u2019elle ne parle pas. Un \u00e9loge du pouvoir lib\u00e9rateur de l\u2019\u00e9criture.<\/p>\n<p class=\"fig-paragraph\">Quand le directeur du Festival d\u2019Avignon, Tiago Rodrigues, a propos\u00e9 \u00e0\u00a0<a href=\"https:\/\/madame.lefigaro.fr\/tag\/leila-slimani\" data-fig-type=\"Keyword\" data-gtm-custom-categorie=\"navigation\" data-gtm-custom-action=\"crossclick\" data-gtm-custom-label=\"Contextuel\" data-gtm-event=\"customEventSPE\" data-fig-domain=\"MADAME\" rel=\"nofollow noopener\" target=\"_blank\">Le\u00efla Slimani<\/a>\u00a0d\u2019\u00eatre l\u2019auteure invit\u00e9e de l\u2019\u00e9dition 2025, en lui pr\u00e9cisant que la langue \u00e0 l\u2019honneur serait l\u2019arabe, celle qui a sign\u00e9 Le Pays des autres a aussit\u00f4t compris qu\u2019elle tenait son sujet. \u00abIl me semble que tout roman est la tentative de r\u00e9pondre \u00e0 une question. Et que celle qui fut \u00e0 l\u2019origine et au centre de ma trilogie (dont le dernier volet, J\u2019emporterai le feu, vient de para\u00eetre en version Folio, NDLR) est celle-l\u00e0\u00a0: pourquoi est-ce que je ne parle pas ma langue\u00a0? Cette langue arabe, qu\u2019est-elle pour moi\u00a0?\u00bb, \u00e9crit-elle ainsi dans Assaut contre la fronti\u00e8re, dont une premi\u00e8re version fut donc lue \u00e0 Avignon au mois de juillet de l\u2019ann\u00e9e derni\u00e8re.<\/p>\n<p class=\"fig-paragraph\">R\u00e9fl\u00e9chissant sur le rapport qu\u2019elle entretient avec l\u2019arabe, elle raconte comment elle en est venue \u00e0 \u00abvivre avec une langue fant\u00f4me comme on parle d\u2019un membre fant\u00f4me\u00bb. Elle nous dit aussi en quoi cette perte originelle, ainsi que la m\u00e9lancolie, la honte, la frustration et la col\u00e8re qui en ont d\u00e9coul\u00e9, a fait d\u2019elle une\u00a0<a href=\"https:\/\/madame.lefigaro.fr\/tag\/auteure\" data-fig-type=\"Keyword\" data-gtm-custom-categorie=\"navigation\" data-gtm-custom-action=\"crossclick\" data-gtm-custom-label=\"Contextuel\" data-gtm-event=\"customEventSPE\" data-fig-domain=\"MADAME\" rel=\"nofollow noopener\" target=\"_blank\">\u00e9crivaine<\/a>.<\/p>\n<p>                                                <a class=\"fig-a11y-skip\" href=\"#fig-a11y-skip-main-inarticle\" is=\"fig-a11y-skip\" data-trigger-mode=\"visible-once\"><br \/>\n    Passer la publicit\u00e9<br \/>\n<\/a>            <\/p>\n<p class=\"fig-paragraph\">Madame Figaro. \u2013 Pourrait-on dire qu\u2019Assaut contre la fronti\u00e8re raconte une Babel invers\u00e9e, \u00e0 savoir qu\u2019apr\u00e8s avoir grandi dans un paradis multilingue, vous avez connu une forme de chute\u00a0?<br \/>Le\u00efla Slimani. \u2013 Oui, un paradis dans le sens o\u00f9 l\u2019enfant que j\u2019\u00e9tais avait le sentiment que tout le monde arrivait \u00e0 communiquer, que toutes les\u00a0<a href=\"https:\/\/madame.lefigaro.fr\/tag\/cours-de-langues\" data-fig-type=\"Keyword\" data-gtm-custom-categorie=\"navigation\" data-gtm-custom-action=\"crossclick\" data-gtm-custom-label=\"Contextuel\" data-gtm-event=\"customEventSPE\" data-fig-domain=\"MADAME\" rel=\"nofollow noopener\" target=\"_blank\">langues<\/a>\u00a0\u00e9taient accessibles. Je parlais tr\u00e8s bien le berb\u00e8re et le darija (l\u2019arabe dialectal oral pratiqu\u00e9 par la grand-m\u00e8re de Le\u00efla Slimani, NDLR), et je comprenais aussi parfaitement l\u2019espagnol. Mais ensuite, le paradis s\u2019est fractur\u00e9. Du fait de l\u2019exil, parce que j\u2019ai quitt\u00e9 le\u00a0<a href=\"https:\/\/madame.lefigaro.fr\/tag\/maroc\" data-fig-type=\"Keyword\" data-gtm-custom-categorie=\"navigation\" data-gtm-custom-action=\"crossclick\" data-gtm-custom-label=\"Contextuel\" data-gtm-event=\"customEventSPE\" data-fig-domain=\"MADAME\" rel=\"nofollow noopener\" target=\"_blank\">Maroc<\/a>, mais aussi parce que j\u2019ai pris conscience que je vivais dans un milieu social o\u00f9 les langues \u00e9taient l\u2019incarnation d\u2019un statut. On poussait les gens issus d\u2019une histoire comme la mienne vers des langues dites dominantes, c\u2019est-\u00e0-dire le fran\u00e7ais ou l\u2019anglais. Cette histoire ne m\u2019est pas propre\u00a0: je pense \u00e0 la po\u00e9tesse libanaise Etel Adnan, \u00e0 l\u2019\u00e9crivain marocain Abdellatif La\u00e2bi ou \u00e0 Mohamed Mbougar Sarr racontant qu\u2019au S\u00e9n\u00e9gal, on accrochait autrefois un petit os au cou d\u2019un enfant parce qu\u2019il avait os\u00e9 parler sa langue plut\u00f4t que le fran\u00e7ais\u2026<\/p>\n<p class=\"fig-body-link&#10;    \">\n            \u00c0 lire aussi<br \/>\n        <a class=\"fig-body-link__link\" href=\"http:\/\/madame.lefigaro.fr\/celebrites\/culture\/pourquoi-il-faut-lire-et-finir-la-trilogie-incandescente-de-leila-slimani-20250228\" target=\"_blank\" data-fig-type=\"Article\" rel=\"noopener nofollow\" data-gtm-custom-categorie=\"navigation\" data-gtm-custom-action=\"crossclick\" data-gtm-custom-label=\"Contextuel\" data-gtm-event=\"customEventSPE\" data-fig-domain=\"MADAME\"><br \/>\n        Pourquoi il faut lire (et finir) la trilogie incandescente de Le\u00efla Slimani<\/a>\n<\/p>\n<p class=\"fig-paragraph\">La langue arabe \u00e9tait d\u00e9valoris\u00e9e par rapport \u00e0 la langue fran\u00e7aise, associ\u00e9e au pouvoir\u00a0?<br \/>Au Maroc, la langue est une grande question politique. Apr\u00e8s la fin de la colonisation, il y a eu beaucoup d\u2019atermoiements avant une premi\u00e8re tentative d\u2019arabisation de l\u2019<a href=\"https:\/\/madame.lefigaro.fr\/tag\/education\" data-fig-type=\"Keyword\" data-gtm-custom-categorie=\"navigation\" data-gtm-custom-action=\"crossclick\" data-gtm-custom-label=\"Contextuel\" data-gtm-event=\"customEventSPE\" data-fig-domain=\"MADAME\" rel=\"nofollow noopener\" target=\"_blank\">\u00c9ducation<\/a>\u00a0nationale. Cela paraissait logique dans un pays arabophone, mais n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 sans difficult\u00e9s, car on manquait de professeurs. Ils ont \u00e9t\u00e9 recrut\u00e9s dans d\u2019autres pays, comme l\u2019<a href=\"https:\/\/madame.lefigaro.fr\/tag\/egypte\" data-fig-type=\"Keyword\" data-gtm-custom-categorie=\"navigation\" data-gtm-custom-action=\"crossclick\" data-gtm-custom-label=\"Contextuel\" data-gtm-event=\"customEventSPE\" data-fig-domain=\"MADAME\" rel=\"nofollow noopener\" target=\"_blank\">\u00c9gypte<\/a>, et l\u2019enjeu est devenu religieux, car ils avaient une autre vision du monde et de l\u2019islam, ce qui a contribu\u00e9 \u00e0 rendre la soci\u00e9t\u00e9 plus conservatrice. On est alors revenus au fran\u00e7ais\u2026 Pendant plusieurs d\u00e9cennies, la soci\u00e9t\u00e9 marocaine a \u00e9t\u00e9 ballott\u00e9e entre deux langues, et une plaisanterie dit d\u2019ailleurs que nous sommes des analphab\u00e8tes bilingues \u2013 on parle deux langues, mais aucune parfaitement. Venant d\u2019un milieu privil\u00e9gi\u00e9, j\u2019ai \u00e9t\u00e9 envoy\u00e9e dans une \u00e9cole priv\u00e9e fran\u00e7aise. Elle d\u00e9valorisait en effet l\u2019arabe, et nos parents, convaincus alors que c\u2019\u00e9tait la culture occidentale qu\u2019il fallait acqu\u00e9rir avant tout, n\u2019ont pas insist\u00e9 pour que nous apprenions l\u2019arabe. Ils l\u2019ont regrett\u00e9 ensuite\u2026<\/p>\n<p class=\"fig-quote__text\">Ce que certaines g\u00e9n\u00e9rations perdent, les suivantes peuvent le reconqu\u00e9rir.<\/p>\n<p>            Le\u00efla Slimani<\/p>\n<p class=\"fig-paragraph\">Votre perte de l\u2019arabe ne redouble-t-elle pas celle qu\u2019a v\u00e9cue votre p\u00e8re, qui a inspir\u00e9 le personnage de Mehdi\u00a0?<br \/>Si.\u00a0<a href=\"https:\/\/madame.lefigaro.fr\/tag\/enfants\" data-fig-type=\"Keyword\" data-gtm-custom-categorie=\"navigation\" data-gtm-custom-action=\"crossclick\" data-gtm-custom-label=\"Contextuel\" data-gtm-event=\"customEventSPE\" data-fig-domain=\"MADAME\" rel=\"nofollow noopener\" target=\"_blank\">Enfant<\/a>\u00a0de la colonisation, mon p\u00e8re est all\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00e9cole fran\u00e7aise et s\u2019est donc arrach\u00e9 \u00e0 sa propre histoire, \u00e0 sa propre tradition. Le premier d\u00e9chirement s\u2019est produit l\u00e0\u2026 Mais je veux aussi dire que d\u2019une g\u00e9n\u00e9ration \u00e0 l\u2019autre, les choses se transforment\u00a0: quand ma grand-m\u00e8re\u00a0<a href=\"https:\/\/madame.lefigaro.fr\/tag\/alsace\" data-fig-type=\"Keyword\" data-gtm-custom-categorie=\"navigation\" data-gtm-custom-action=\"crossclick\" data-gtm-custom-label=\"Contextuel\" data-gtm-event=\"customEventSPE\" data-fig-domain=\"MADAME\" rel=\"nofollow noopener\" target=\"_blank\">alsacienne<\/a>\u00a0est arriv\u00e9e au Maroc, elle a gagn\u00e9 une langue \u2013 l\u2019arabe \u2013 sans perdre celles d\u2019origines \u2013 le fran\u00e7ais, l\u2019allemand, l\u2019alsacien. Les deux g\u00e9n\u00e9rations d\u2019apr\u00e8s en ont perdu une, mais mes enfants, pour leur part, parlent plus de langues que moi, et cela leur para\u00eet tout naturel \u2013 ils apprennent l\u2019arabe, pratiquent le portugais (Le\u00efla Slimani vit aujourd\u2019hui \u00e0 Lisbonne, NDLR). Il n\u2019y a rien d\u2019irr\u00e9m\u00e9diable. Ce que certaines g\u00e9n\u00e9rations perdent, les suivantes peuvent le reconqu\u00e9rir.<\/p>\n<p class=\"fig-paragraph\">La solution \u00e0 ces dilemmes identitaires r\u00e9side peut-\u00eatre dans le Manifeste anthropophage du po\u00e8te br\u00e9silien Oswald de Andrade, que vous \u00e9voquez\u2026 Pourriez-vous nous en dire deux mots\u00a0?<br \/>Oswald de Andrade s\u2019est interrog\u00e9 sur ce qu\u2019on peut faire du fait d\u2019avoir \u00e9t\u00e9 colonis\u00e9, et sa r\u00e9flexion concerne tant la po\u00e9sie que la peinture ou l\u2019<a href=\"https:\/\/madame.lefigaro.fr\/tag\/architecture\" data-fig-type=\"Keyword\" data-gtm-custom-categorie=\"navigation\" data-gtm-custom-action=\"crossclick\" data-gtm-custom-label=\"Contextuel\" data-gtm-event=\"customEventSPE\" data-fig-domain=\"MADAME\" rel=\"nofollow noopener\" target=\"_blank\">architecture<\/a>. Doit-on se d\u00e9barrasser des codes occidentaux, de la langue occidentale, tout effacer pour revenir \u00e0 une identit\u00e9 originelle, qui rel\u00e8ve sans doute du fantasme\u00a0? Il d\u00e9veloppe alors cette id\u00e9e d\u2019anthropophagie. Au lieu d\u2019\u00eatre dans le ressentiment et de se battre contre, on mange, d\u00e9vore, et dig\u00e8re, m\u00e9lange ce que le colonisateur a apport\u00e9 et ce que nous \u00e9tions \u00e0 l\u2019origine, pour nous approprier ce qui nous a \u00e9t\u00e9 impos\u00e9. De fa\u00e7on, aussi, \u00e0 se d\u00e9faire de toute forme de culpabilit\u00e9 ou de jugement moral\u00a0: je ne suis ni un vendu ni un tra\u00eetre, puisque je les ai mang\u00e9s\u2026 Sans compter qu\u2019on ne peut qu\u2019appr\u00e9cier cette reprise ironique du clich\u00e9 colonial sur les sauvages qui vont manger l\u2019homme blanc\u00a0!<\/p>\n<p class=\"fig-body-link&#10;    \">\n            \u00c0 lire aussi<br \/>\n        <a class=\"fig-body-link__link\" href=\"http:\/\/madame.lefigaro.fr\/celebrites\/culture\/leila-slimani-on-n-herite-pas-seulement-des-choses-qu-ont-faites-nos-parents-mais-aussi-de-ce-qu-ils-n-ont-pas-fait-20250127\" target=\"_blank\" data-fig-type=\"Article\" rel=\"noopener nofollow\" data-gtm-custom-categorie=\"navigation\" data-gtm-custom-action=\"crossclick\" data-gtm-custom-label=\"Contextuel\" data-gtm-event=\"customEventSPE\" data-fig-domain=\"MADAME\"><br \/>\n        Le\u00efla Slimani\u00a0: \u00abOn n\u2019h\u00e9rite pas seulement des choses qu\u2019ont faites nos parents, mais aussi de ce qu\u2019ils n\u2019ont pas fait\u00bb<\/a>\n<\/p>\n<p class=\"fig-paragraph\">Vous \u00eates donc une anthropophage\u2026<br \/>Oui, mais une tr\u00e8s gentille anthropophage\u00a0! O\u00f9 que j\u2019aille, je mange un peu des autres, non pour les faire dispara\u00eetre, mais parce que j\u2019ai envie qu\u2019ils fassent partie de moi. La vie dans laquelle on regarde vraiment les autres, la vie de romancier, est une vie cannibale. Et de m\u00eame qu\u2019une fois qu\u2019on a mang\u00e9 un g\u00e2teau, on ne peut plus retrouver les ingr\u00e9dients originaux, s\u00e9parer la farine du sucre, c\u2019est aussi cela, \u00e9crire. Inventer sa propre langue, se traduire soi-m\u00eame, et puis faire assaut contre toutes les fronti\u00e8res, qu\u2019elles soient identitaires, linguistiques ou sociales \u2013 tout ce qui nous assigne et nous dit\u00a0: \u00abTu dois rester derri\u00e8re ce mur.\u00bb Gr\u00e2ce \u00e0 la\u00a0<a href=\"https:\/\/madame.lefigaro.fr\/tag\/litterature\" data-fig-type=\"Keyword\" data-gtm-custom-categorie=\"navigation\" data-gtm-custom-action=\"crossclick\" data-gtm-custom-label=\"Contextuel\" data-gtm-event=\"customEventSPE\" data-fig-domain=\"MADAME\" rel=\"nofollow noopener\" target=\"_blank\">litt\u00e9rature<\/a>, nous ne sommes plus r\u00e9duits \u00e0 des concepts ou des id\u00e9es, nous ne sommes plus un Immigr\u00e9 ou une\u00a0<a href=\"https:\/\/madame.lefigaro.fr\/tag\/femmes\" data-fig-type=\"Keyword\" data-gtm-custom-categorie=\"navigation\" data-gtm-custom-action=\"crossclick\" data-gtm-custom-label=\"Contextuel\" data-gtm-event=\"customEventSPE\" data-fig-domain=\"MADAME\" rel=\"nofollow noopener\" target=\"_blank\">Femme<\/a>\u00a0avec des majuscules\u00a0: nous sommes des corps, des visages jet\u00e9s dans le monde, avec \u00e0 chaque fois une histoire aussi singuli\u00e8re qu\u2019in\u00e9puisable. Je pense que la plus grande fronti\u00e8re que Kafka avait en t\u00eate lorsqu\u2019il a \u00e9crit que \u00abtoute litt\u00e9rature est assaut contre la fronti\u00e8re\u00bb, c\u2019est nous-m\u00eame, le fait d\u2019\u00eatre enferm\u00e9 en soi-m\u00eame, de n\u2019\u00eatre que soi-m\u00eame. \u00c9crire, c\u2019est sortir de soi par le truchement de l\u2019imagination, penser qu\u2019on peut se r\u00e9veiller un matin en \u00e9tant un cafard, un baleinier ou un g\u00e9n\u00e9ral colombien\u2026 Quand on me demande si je suis Mia (l\u2019une des h\u00e9ro\u00efnes de la trilogie, NDLR), je r\u00e9ponds toujours\u00a0: \u00abMais ce n\u2019est pas \u00e7a, la question. C\u2019est\u00a0: est-ce que c\u2019est vous, Mia\u00a0? Est-ce que mon livre parle de vous\u00a0?\u00bb Quand j\u2019\u00e9cris, je ne cherche pas \u00e0 parler de moi, mais des autres.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"Dans son nouveau livre, l\u2019auteure franco-marocaine interroge sa relation \u00e0 la langue arabe, qu\u2019elle ne parle pas. 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