{"id":85768,"date":"2026-04-25T00:02:13","date_gmt":"2026-04-25T00:02:13","guid":{"rendered":"https:\/\/www.europesays.com\/be-fr\/85768\/"},"modified":"2026-04-25T00:02:13","modified_gmt":"2026-04-25T00:02:13","slug":"attaque-defense-digestion-les-venins-de-fourmis-revelent-enfin-leurs-secrets-2","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.europesays.com\/be-fr\/85768\/","title":{"rendered":"Attaque, d\u00e9fense, digestion\u2026 les venins de fourmis r\u00e9v\u00e8lent enfin\u00a0leurs\u00a0secrets"},"content":{"rendered":"<p>\n                        Les venins de fourmis commencent \u00e0 r\u00e9v\u00e9ler leurs secrets. Ils sont longtemps rest\u00e9s dans l\u2019ombre, car la quantit\u00e9 produite par chaque individu est tr\u00e8s faible, mais de nouvelles techniques permettent de les analyser et de comprendre leur fascinante complexit\u00e9.        <\/p>\n<p>Par\u00a0<a href=\"https:\/\/theconversation.com\/profiles\/axel-touchard-2642672\" target=\"_blank\" rel=\"nofollow noopener\">Axel Touchard<\/a>, <a href=\"https:\/\/theconversation.com\/institutions\/inrae-2182\" target=\"_blank\" rel=\"nofollow noopener\">Inrae<\/a>; <a href=\"https:\/\/theconversation.com\/institutions\/centre-national-de-la-recherche-scientifique-cnrs-2192\" target=\"_blank\" rel=\"nofollow noopener\">Centre national de la recherche scientifique (CNRS)<\/a><\/p>\n<p>En \u00e9tudiant des esp\u00e8ces de fourmis de la for\u00eat amazonienne de Guyane, nos recherches mettent en lumi\u00e8re une diversit\u00e9 et une sophistication inattendues largement fa\u00e7onn\u00e9es par les proies qu\u2019elles consomment, leur socialit\u00e9 mais aussi par la n\u00e9cessit\u00e9 de se prot\u00e9ger contre les pr\u00e9dateurs. Ces r\u00e9sultats, publi\u00e9s dans <a href=\"https:\/\/onlinelibrary.wiley.com\/doi\/10.1111\/mec.70290\" target=\"_blank\" rel=\"nofollow noopener\">Molecular Ecology<\/a> et dans <a href=\"https:\/\/www.science.org\/doi\/10.1126\/science.adx0452\" target=\"_blank\" rel=\"nofollow noopener\">Science<\/a>, offrent un nouvel \u00e9clairage sur l\u2019\u00e9volution des venins chez les insectes sociaux.<\/p>\n<p>Nous avons d\u00e9couvert que toutes les fourmis d\u2019une m\u00eame colonie ne poss\u00e8dent pas une composition de venin identique. Chez les fourmis l\u00e9gionnaires, le venin des soldats contient des enzymes digestives, probablement impliqu\u00e9es dans la pr\u00e9digestion des proies. Chez la fourmi Neoponera goeldii, le venin contient une mol\u00e9cule qui imite une hormone de vert\u00e9br\u00e9, provoquant une douleur imm\u00e9diate pour dissuader les pr\u00e9dateurs.<\/p>\n<p> Des venins encore largement m\u00e9connus <\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/catalog.nlm.nih.gov\/discovery\/fulldisplay\/alma9917174653406676\/01NLM_INST:01NLM_INST\" target=\"_blank\" rel=\"nofollow noopener\">Les venins<\/a> sont des m\u00e9langes complexes de dizaines voire de centaines de mol\u00e9cules biologiquement actives utilis\u00e9es pour immobiliser des proies et se d\u00e9fendre. Ils contiennent des mol\u00e9cules appel\u00e9es \u00ab\u00a0toxines\u00a0\u00bb, souvent des prot\u00e9ines, qui perturbent rapidement des fonctions vitales, telles que la transmission nerveuse ou la coagulation sanguine.<\/p>\n<p>Les recherches se sont surtout concentr\u00e9es sur les grands animaux venimeux, comme les serpents, les scorpions ou les araign\u00e9es. Cela s\u2019explique par la quantit\u00e9 de venin qu\u2019ils produisent, mais aussi par leur dangerosit\u00e9 pour l\u2019humain. Aujourd\u2019hui, ces venins sont \u00e9galement \u00e9tudi\u00e9s pour leur potentiel th\u00e9rapeutique, car certaines toxines ont d\u00e9j\u00e0 inspir\u00e9 des m\u00e9dicaments commercialis\u00e9s. Une mol\u00e9cule issue du venin d\u2019une vip\u00e8re d\u2019Amazonie (Bothrops jararaca) a, par exemple, conduit au <a href=\"https:\/\/pubs.acs.org\/doi\/10.1021\/bi00644a014\" target=\"_blank\" rel=\"nofollow noopener\">d\u00e9veloppement du Captopril<\/a>, un m\u00e9dicament aujourd\u2019hui largement prescrit dans le traitement de l\u2019hypertension art\u00e9rielle.<\/p>\n<p>Historiquement, le tout premier compos\u00e9 de venin \u00e0 avoir \u00e9t\u00e9 caract\u00e9ris\u00e9 est l\u2019acide formique, isol\u00e9 \u00e0 partir de la distillation des fourmis du genre Formica par John\u00a0Wray en 1670. Si presque toutes les fourmis sont venimeuses, toutes ne piquent pas. Certaines projettent des substances chimiques, souvent \u00e0 base d\u2019acide formique ou d\u2019autres compos\u00e9s volatils. Environ la moiti\u00e9 des esp\u00e8ces poss\u00e8dent toutefois un aiguillon fonctionnel comparable \u00e0 celui des gu\u00eapes et des abeilles, leur permettant d\u2019injecter un <a href=\"https:\/\/pubmed.ncbi.nlm.nih.gov\/25448389\/\" target=\"_blank\" rel=\"nofollow noopener\">venin riche en prot\u00e9ines<\/a>.<\/p>\n<p>Ces venins sont longtemps rest\u00e9s peu \u00e9tudi\u00e9s. La raison en est simple\u00a0: chaque fourmi ne produit que quelques nanolitres de venin, ce qui rend leur collecte et leur analyse difficiles. Pourtant, avec presque <a href=\"https:\/\/antcat.org\/\" target=\"_blank\" rel=\"nofollow noopener\">15\u00a0000\u00a0esp\u00e8ces d\u00e9crites<\/a>, les fourmis constituent un immense r\u00e9servoir de diversit\u00e9 chimique encore largement inexplor\u00e9.<\/p>\n<p><img fetchpriority=\"low\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/www.europesays.com\/be-fr\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/file-20260402-57-4p1hrc.jpg\"   alt=\"Collecte de fourmis dans la for\u00eat amazonienne, en Guyane.\" style=\"max-height:567px\" loading=\"lazy\" class=\"a-img \"\/><\/p>\n<p>                Collecte de fourmis dans la for\u00eat amazonienne, en Guyane.                \u00a9 Hadrien Lalag\u00fce            <\/p>\n<p>         Un d\u00e9fi technique pour les scientifiques <\/p>\n<p>Avant d\u2019\u00e9tudier les venins, les chercheurs doivent d\u2019abord prospecter dans la for\u00eat afin de localiser les esp\u00e8ces et collecter les colonies. Les fourmis occupent en effet toutes les strates de l\u2019\u00e9cosyst\u00e8me terrestre, du sous-sol jusqu\u2019\u00e0 la canop\u00e9e, et certaines esp\u00e8ces peuvent s\u2019av\u00e9rer particuli\u00e8rement difficiles \u00e0 trouver.<\/p>\n<p>Une fois au laboratoire, les fourmis sont diss\u00e9qu\u00e9es individuellement sous loupe binoculaire. \u00c0 l\u2019aide de pinces extr\u00eamement fines, notre \u00e9quipe de recherche extrait les r\u00e9servoirs \u00e0 venin. Des dizaines, voire des centaines d\u2019individus sont souvent n\u00e9cessaires pour obtenir une quantit\u00e9 de venin suffisante pour les analyses.<\/p>\n<p>La composition du venin est \u00e9tudi\u00e9e gr\u00e2ce \u00e0 des techniques de pointe\u00a0: la spectrom\u00e9trie de masse identifie pr\u00e9cis\u00e9ment les prot\u00e9ines pr\u00e9sentes, tandis que le s\u00e9quen\u00e7age des ARN permet de lire les instructions g\u00e9n\u00e9tiques utilis\u00e9es par les fourmis pour les produire. En combinant ces m\u00e9thodes, nous pouvons relier chaque mol\u00e9cule \u00e0 son g\u00e8ne, r\u00e9v\u00e9lant toute la richesse chimique de ces venins.<\/p>\n<p><img fetchpriority=\"low\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/www.europesays.com\/be-fr\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/file-20260402-57-tsdclm.jpg\"   alt=\"Dissection de l\u2019appareil venimeux d\u2019une fourmi (ici Neoponera commutata) sous loupe binoculaire. Le r\u00e9servoir \u00e0 venin est isol\u00e9 \u00e0 l\u2019aide de pinces fines, puis plac\u00e9 dans un solvant pour \u00eatre analys\u00e9 (encart en haut \u00e0 droite).\" style=\"max-height:568px\" loading=\"lazy\" class=\"a-img \"\/><\/p>\n<p>                Dissection de l\u2019appareil venimeux d\u2019une fourmi (ici Neoponera commutata) sous loupe binoculaire. Le r\u00e9servoir \u00e0 venin est isol\u00e9 \u00e0 l\u2019aide de pinces fines, puis plac\u00e9 dans un solvant pour \u00eatre analys\u00e9 (encart en haut \u00e0 droite).                \u00a9 Hadrien Lalag\u00fce            <\/p>\n<p>         Chez les fourmis l\u00e9gionnaires, une division des t\u00e2ches jusqu\u2019au\u00a0venin <\/p>\n<p>Parmi les esp\u00e8ces \u00e9tudi\u00e9es, nous nous sommes int\u00e9ress\u00e9s aux <a href=\"https:\/\/link.springer.com\/rwe\/10.1007\/978-3-319-90306-4_12-1\" target=\"_blank\" rel=\"nofollow noopener\">fourmis l\u00e9gionnaires<\/a> (Eciton hamatum), dont le venin n\u2019avait encore jamais \u00e9t\u00e9 explor\u00e9. Ces fourmis se distinguent par leur mode de vie nomade\u00a0: elles ne construisent pas de nid fixe, ce qui les rend particuli\u00e8rement vuln\u00e9rables aux pr\u00e9dateurs.<\/p>\n<p>Pour y faire face, elles ont d\u00e9velopp\u00e9 une organisation sociale tr\u00e8s sp\u00e9cialis\u00e9e. Certaines ouvri\u00e8res, appel\u00e9es \u00ab\u00a0soldats\u00a0\u00bb, ont des mandibules hypertrophi\u00e9es en forme de crochet qu\u2019elles utilisent pour pincer efficacement les vert\u00e9br\u00e9s susceptibles de les attaquer. Les autres ouvri\u00e8res, appel\u00e9es \u00ab\u00a0minors\u00a0\u00bb, assurent l\u2019ensemble des t\u00e2ches de la colonie tout en participant \u00e9galement \u00e0 sa d\u00e9fense. Ainsi, toutes les fourmis l\u00e9gionnaires disposent d\u2019un venin douloureux. Ces insectes sont \u00e9galement de redoutables pr\u00e9datrices\u00a0: elles organisent des raids massifs, parfois mobilisant des milliers d\u2019individus, pour capturer une grande vari\u00e9t\u00e9 de proies, principalement d\u2019autres fourmis, des gu\u00eapes, mais aussi des araign\u00e9es et parfois de petits vert\u00e9br\u00e9s, comme des <a href=\"https:\/\/www.researchgate.net\/publication\/320187674_New_World_army_ants_Eciton_burchellii_kill_and_consume_leaf-litter_inhabiting_lizards_in_the_Atlantic_Forest_Southeast_Brazil\" target=\"_blank\" rel=\"nofollow noopener\">l\u00e9zards<\/a>.<\/p>\n<p><img fetchpriority=\"low\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/www.europesays.com\/be-fr\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/file-20260402-101-6p0tav.jpg\"   alt=\"Raid de chasse d\u2019Eciton hamatum, impliquant des ouvri\u00e8res minors et des soldats aux mandibules hypertrophi\u00e9es.\" style=\"max-height:568px\" loading=\"lazy\" class=\"a-img \"\/><\/p>\n<p>                Raid de chasse d\u2019Eciton hamatum, impliquant des ouvri\u00e8res minors et des soldats aux mandibules hypertrophi\u00e9es.                \u00a9 Daniel Kronauer            <\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/onlinelibrary.wiley.com\/doi\/10.1111\/mec.70290\" target=\"_blank\" rel=\"nofollow noopener\">L\u2019\u00e9tude du venin<\/a> de la fourmi l\u00e9gionnaire a montr\u00e9 que celui des soldats pr\u00e9sente une composition en prot\u00e9ines plus simple que celui des autres ouvri\u00e8res. Tous ces venins provoquent une douleur chez les vert\u00e9br\u00e9s, mais seul celui des soldats est capable de paralyser efficacement les insectes. Plus surprenant encore, ce venin contient \u00e9galement des enzymes digestives, les chymotrypsines. Cela sugg\u00e8re que le venin ne sert pas uniquement \u00e0 immobiliser les proies ou \u00e0 provoquer de la douleur, mais qu\u2019il pourrait aussi contribuer \u00e0 leur pr\u00e9digestion.<\/p>\n<p>Cette hypoth\u00e8se prend tout son sens lorsque l\u2019on consid\u00e8re le cycle de vie de ces fourmis. Les colonies alternent entre une phase statique d\u2019environ vingt\u00a0jours, durant laquelle elles restent en bivouac, chassent intensivement tandis que la reine pond massivement, et une phase nomade d\u2019environ quinze\u00a0jours, marqu\u00e9e par le d\u00e9placement quotidien de la colonie pour r\u00e9pondre aux besoins alimentaires \u00e9lev\u00e9s des larves nouvellement \u00e9closes. Or, les fourmis adultes ne peuvent consommer que des liquides, car leur syst\u00e8me digestif filtre les particules solides. Ce sont donc les larves qui dig\u00e8rent habituellement les proies. Mais lors de la phase statique, les larves sont rares, voire absentes. En temps normal, ce sont donc les larves qui assurent la digestion des proies. Nous avan\u00e7ons ainsi l\u2019hypoth\u00e8se que les enzymes pr\u00e9sentes dans le venin des soldats permettraient de pr\u00e9dig\u00e9rer les proies, facilitant ainsi l\u2019alimentation des adultes, m\u00eame en l\u2019absence de larves.<\/p>\n<p> Imiter son ennemi pour mieux se d\u00e9fendre <\/p>\n<p>Une autre strat\u00e9gie a \u00e9t\u00e9 <a href=\"https:\/\/www.science.org\/doi\/10.1126\/science.adx0452\" target=\"_blank\" rel=\"nofollow noopener\">mise en \u00e9vidence<\/a> chez la fourmi Neoponera goeldii. Son venin contient en effet une toxine qui imite la bradykinine, une hormone propre aux vert\u00e9br\u00e9s et impliqu\u00e9e dans la douleur et l\u2019inflammation. Or, les insectes ne poss\u00e8dent ni cette hormone ni les r\u00e9cepteurs qui lui sont associ\u00e9s. Autrement dit, cette mol\u00e9cule ne cible pas les proies, mais leurs pr\u00e9dateurs, notamment les oiseaux et les mammif\u00e8res. En activant les r\u00e9cepteurs de la douleur chez les vert\u00e9br\u00e9s, elle provoque une douleur imm\u00e9diate et intense, ce qui constitue une d\u00e9fense efficace contre les pr\u00e9dateurs.<\/p>\n<p>Dans notre \u00e9tude, nous avons \u00e9galement identifi\u00e9 des toxines imitant la bradykinine dans certains venins de gu\u00eapes, mais Neoponera goeldii est la seule esp\u00e8ce de fourmis connue pour poss\u00e9der une telle toxine.<\/p>\n<p><img fetchpriority=\"low\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/www.europesays.com\/be-fr\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/file-20260402-57-ofsvqh.jpg\"   alt=\"Un \u00ab jardin de fourmis \u00bb, habitat de la colonie, install\u00e9 entre les racines des plantes, et une ouvri\u00e8re de Neoponera goeldii patrouillant sur l\u2019inflorescence d\u2019une brom\u00e9liac\u00e9e (encart en haut \u00e0 droite).\" style=\"max-height:565px\" loading=\"lazy\" class=\"a-img \"\/><\/p>\n<p>                Un \u00ab jardin de fourmis \u00bb, habitat de la colonie, install\u00e9 entre les racines des plantes, et une ouvri\u00e8re de Neoponera goeldii patrouillant sur l\u2019inflorescence d\u2019une brom\u00e9liac\u00e9e (encart en haut \u00e0 droite).                \u00a9 Bruno Corbara (jardin de fourmis) et Hadrien Lalag\u00fce (ouvri\u00e8re de \u00abN. goeldii\u00bb)            <\/p>\n<p>L\u2019\u00e9cologie de cette esp\u00e8ce \u00e9claire cette adaptation. Neoponera goeldii est une fourmi arboricole qui vit dans des structures \u00e9tonnantes appel\u00e9es \u00ab\u00a0jardins de fourmis\u00a0\u00bb. Les ouvri\u00e8res construisent leurs nids en assemblant des d\u00e9bris v\u00e9g\u00e9taux, des fibres et de la terre, formant ainsi un terreau suspendu dans la v\u00e9g\u00e9tation. Elles y int\u00e8grent des graines de plantes \u00e9piphytes, c\u2019est-\u00e0-dire des plantes qui poussent sur d\u2019autres sans les parasiter (comme certaines brom\u00e9liac\u00e9es ou orchid\u00e9es), qui germent directement dans le nid. Avec le temps, les racines de ces plantes grandissent et stabilisent la structure, tandis que les fourmis b\u00e9n\u00e9ficient d\u2019un abri durable en hauteur. Cette association forme de v\u00e9ritables \u00ab\u00a0jardins suspendus\u00a0\u00bb, parfois volumineux et tr\u00e8s visibles dans la canop\u00e9e. Cependant, cette visibilit\u00e9 a un co\u00fbt\u00a0: contrairement aux esp\u00e8ces discr\u00e8tes qui vivent dans le sol ou le bois mort, ces colonies sont expos\u00e9es en permanence aux pr\u00e9dateurs. Dans ce contexte, la fuite ou la dissimulation sont peu efficaces. La d\u00e9fense repose donc sur un venin capable de provoquer une douleur chez un pr\u00e9dateur.<\/p>\n<p>Ces r\u00e9sultats montrent \u00e0 quel point la composition des venins de fourmis est li\u00e9e au mode de vie des esp\u00e8ces\u00a0: ce sont des cocktails chimiques fa\u00e7onn\u00e9s par l\u2019\u00e9volution pour r\u00e9pondre \u00e0 des contraintes \u00e9cologiques tr\u00e8s sp\u00e9cifiques.<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/theconversation.com\/profiles\/axel-touchard-2642672\" target=\"_blank\" rel=\"nofollow noopener\">Axel Touchard<\/a>, chercheur, <a href=\"https:\/\/theconversation.com\/institutions\/inrae-2182\" target=\"_blank\" rel=\"nofollow noopener\">Inrae<\/a>; <a href=\"https:\/\/theconversation.com\/institutions\/centre-national-de-la-recherche-scientifique-cnrs-2192\" target=\"_blank\" rel=\"nofollow noopener\">Centre national de la recherche scientifique (CNRS<\/a>).<\/p>\n<p>Cet article est republi\u00e9 \u00e0 partir de <a href=\"https:\/\/theconversation.com\" target=\"_blank\" rel=\"nofollow noopener\">The Conversation<\/a> sous licence Creative Commons. Lire l\u2019<a href=\"https:\/\/theconversation.com\/attaque-defense-digestion-les-venins-de-fourmis-revelent-enfin-leurs-secrets-279826\" target=\"_blank\" rel=\"nofollow noopener\">article original<\/a>.<\/p>\n<p class=\"o-em-consent__content__text\">Pour afficher ce contenu , il est n\u00e9cessaire d&rsquo;autoriser les cookies de mesure d&rsquo;audience et de publicit\u00e9.<\/p>\n<p>        Accepter<br \/>\n        G\u00e9rer mes choix<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"Les venins de fourmis commencent \u00e0 r\u00e9v\u00e9ler leurs secrets. 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