Après le succès des cinq volumes de la série « Les indociles », l’auteur Camille Rebetez et l’illustrateur Pitch Comment proposent le premier tome de la trilogie « Les inaptes ». Les enfants des personnages des « Indociles » y mitraillent à tout-va contre un monde qu’ils sentent partir à vau-l’eau.
En 2023, les cinq tomes de la série des « Indociles » de l’auteur Camille Rebetez et du dessinateur Pitch Comment, parus entre 2012 et 2016, ont été déclinés en série TV. Les personnages des bandes dessinées, qui racontaient les luttes jurassiennes des années 1960 aux années 2000, et leurs enfants nés entre 1976 et 2002, connaissent aujourd’hui une nouvelle prolongation avec la sortie en BD du premier épisode de la trilogie des « Inaptes ».
A la fin de la saga des « Indociles », en 2016, Camille Rebetez n’avait « plus rien à raconter ». Puis viennent les années 2018-2020 avec les grandes grèves du climat, Greta Thunberg, la pandémie de Covid. « Cela m’a donné une thématique qui va sourdre dans l’ensemble de la trilogie, et un point de fuite. J’ai eu envie que cela se termine bien, malgré le fait que l’on parle de climat. Je crois que j’ai trouvé une solution plus ou moins crédible, ce qui est le but d’un auteur qui ne fait pas du roman historique », indique avec humour le scénariste dans Vertigo du 16 avril.
Une planche de la BD « Les inaptes » de Camille Rebetez et Pitch Comment. [Editions Antipode] Des références universelles
Avec un âne nommé Ueli Maurer et un chat qui répond au nom de Commandant Massoud, les références de la BD essaiment au-delà du Jura. « L’idée est d’inscrire un exotisme jurassien dans une universalité », indique Camille Rebetez.
Pour réaliser ce nouvel opus, Camille Rebetez et Pitch Comment ont conservé les habitudes de travail adoptées pendant « Les indociles ». « Je ne connais pas l’histoire d’avance, je sais juste que cela devrait bien finir, explique le dessinateur. [Camille Rebetez] me transmet deux-trois scènes, je travaille dessus, je lui renvoie, il continue et on fait des petits ping-pongs. Si je recevais tout le paquet en un coup, je partirais en courant! »
Une planche de la BD « Les inaptes » de Camille Rebetez et Pitch Comment. [Editions Antipode] Un scénario très précis
Au-delà des répliques, qui viennent « assez facilement », Camille Rebetez fournit à son complice un scénario très détaillé avec des descriptions précises de chaque image. « Il faut trouver une forme de dynamisme. (…) Paradoxalement, même si j’ai plus l’habitude, cela me prend plus de temps d’écrire le scénario ». Pitch Comment, quant à lui, salue le rôle important qu’a tenu la coloriste Amélie Dupré pour cet album: « Cela m’a enlevé un poids énorme. Car quand Camille a décidé de relancer la machine, j’étais moyennement motivé parce que j’ai un métier à côté. Je fais du dessin de presse, cela demande un engagement au quotidien, beaucoup de dessins et la recherche constante d’informations ».
La mise en couleur n’étant pas son aspect préféré dans la confection d’une bande dessinée, Pitch Comment a apprécié l’apport d’Amélie Dupré, qui possède un style « complètement différent » du sien. « C’est super drôle de voir son propre dessin avec les couleurs d’un autre. (…) Je trouve que cela se marie assez bien et cela donne une profondeur que je n’avais pas moi-même dans mes mises en couleur ».
Propos recueillis par Pierre Philippe Cadert
Adaptation web: Melissa Härtel
Camille Rebetez (textes), Pitch Comment (dessin), Amélie Dupré (couleurs), « Les inaptes 1/3, Bianca et la rage des excès », éditions Antipodes, avril 2026.