Le mercredi 22 avril, le magazine santé 36.9° célèbre ses vingt ans d’existence avec une émission spéciale entre rétrospective et regards tournés vers l’avenir. Sa productrice, Isabelle Moncada, donne notamment la parole à de jeunes soignants qui racontent leur choix de s’engager au chevet des patients.
C’était il y a vingt ans. Lors de la toute première édition du magazine santé 36.9°, sa présentatrice Isabelle Moncada expliquait ainsi le choix de son nom: « 36.9°, c’est une température. La température moyenne du corps lorsqu’il est confortable et au calme. Sans doute celle qui intéresse le moins le corps médical, mais c’est probablement la chaleur que dégage votre organisme en ce moment, alors que démarre ce premier numéro ».
A l’époque, on nous avait reproché de consacrer la toute première émission à ce sujet [pandémie]. On nous disait: fermer des écoles, porter des masques? C’est de la science‑fiction
Isabelle Moncada, productrice de l’émission 36.9°
Un premier numéro presque prophétique, déjà centré sur les vaccins et la menace d’une possible pandémie. A l’époque, les questions paraissaient encore abstraites, parfois même anxiogènes. « Faudra-t-il interdire l’accès aux gares ou au métro, distribuer des masques aux passagers? Comment identifier les porteurs du virus à temps? Comment voyagera-t-il? », s’interrogeait le journaliste.
« A l’époque, on nous avait reproché de consacrer la toute première émission à ce sujet. On nous disait: fermer des écoles, porter des masques? C’est de la science‑fiction, vous n’y pensez pas, cela n’arrivera jamais », se souvient Isabelle Moncada, mercredi dans le 19h30.
Quatorze ans plus tard, en 2019, la pandémie redoutée devient réalité. L’émission 36.9° décrypte le virus, les traitements et les peurs qu’il suscite, et plonge ses caméras au cœur des hôpitaux, en première ligne face à l’urgence.
Une crise qui illustre, selon Isabelle Moncada, la difficulté humaine à anticiper les catastrophes. « Nous avons du mal à les voir arriver, à nous y préparer, même lorsque des plans pandémie existent », observe‑t‑elle. « Et une fois qu’elles sont passées, on les oublie très vite », ajoute-t-elle.
Comprendre la médecine sans perdre l’humain
Mais au-delà des crises sanitaires, 36.9°, c’est vingt ans de médecine à travers le prisme des patients et leurs vécus les plus intimes. Comme celui de Roger: « La paralysie avait déjà atteint les membres inférieurs, mais pour moi, c’était abstrait ».
Mêlant archives et reportages, l’émission élargit aussi le regard sur notre système de santé et se projette vers l’avenir grâce aux témoignages de jeunes professionnelles et professionnels.
L’émission s’adresse à celles et ceux qui veulent comprendre la médecine. Des maladies les plus rares aux troubles les plus courants, des traitements innovants aux questions d’hygiène de vie, du diagnostic à l’espoir, notamment à travers des sujets comme la fécondation in vitro.
Pour Isabelle Moncada, ces vingt ans ont été marqués par des avancées médicales majeures: des « ciseaux génétiques, qui permettent l’édition du génome », par exemple en désactivant un gène responsable d’une maladie. « Il y a aussi eu d’énormes progrès dans le domaine du cancer », relève‑t‑elle, ainsi que l’arrivée « des vaccins à ARN messager ». Autre évolution majeure: « l’émergence de la question de la santé mentale, qui était encore très taboue il y a vingt ans ».
En deux décennies, 36.9° a conservé la même ambition: rendre la médecine accessible et humaine. Toujours à 36.9°, sans fièvre ni coup de froid, juste à la bonne température.
>> Voir l’intégralité de l’interview d’Isabelle Moncada dans le 19h30 :
20 ans de l’émission « 36.9 »: Isabelle Moncada en interview / 19h30 / 2 min. / aujourd’hui à 19:30
Sujet TV: Delphine Misteli
Adaptation web: Miroslav Mares