Le droit international humanitaire peut-il résister à l’essor de la guerre pilotée par intelligence artificielle? C’est la question que pose en filigrane la journaliste Katrina Manson dans le livre qu’elle a consacré au projet «Maven». Il s’agit du programme d’adoption de l’IA au sein de l’armée américaine. La conversion du Pentagone à cette technologie est aujourd’hui totale, et elle a déjà remodelé en profondeur la manière dont les Etats-Unis appréhendent les opérations militaires. Israël a aussi développé son propre programme en la matière: Lavander.

L’intelligence artificielle est intégrée dans les processus décisionnels et opérationnels dans le but d’accélérer l’acquisition et l’élimination de cibles. Selon Katrina Manson, l’armée américaine peut désormais viser 5000 objectifs par jour, contre une centaine auparavant. Le 28 février, lorsqu’ils ont lancé leur opération «Fureur épique», Israël et les Etats-Unis ont frappé plus de 1000 cibles en Iran. Le 4 mars, l’armée israélienne revendiquait avoir largué plus de 5000 bombes depuis le début de la guerre.