En Suisse, les épisodes météo extrêmes se multiplient, avec leurs conséquences: haut risque d’avalanche, routes coupées et vallées isolées. Ailleurs en Europe, les tempêtes s’enchaînent. Dans La Matinale, le climatologue Pascal Yiou juge ces phénomènes « normaux », tout en pointant un jet-stream inhabituel.
Subir des tempêtes en Europe reste normal en plein hiver: les intempéries sont de saison, explique dans La Matinale Pascal Yiou, climatologue au Laboratoire des sciences de l’environnement. En revanche, précise-t-il, il est plus inhabituel que les régions traditionnellement les plus exposées, situées plus au nord – comme la Grande-Bretagne, l’Irlande ou la Scandinavie -, n’aient pas été les principales touchées.
Cette année, c’est le sud de l’Europe qui se voit être confronté à une multitude de tempêtes. La France, l’Italie, le Portugal et même le Maroc. En cause? Le Jetstream, moteur des tempêtes, qui se situe plus au sud que d’habitude. Une centaine de kilomètres d’écart seulement, mais qui fait toute la différence sur la localisation des intempéries.
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Cette arche était un symbole de la côte sud de l’Italie [NurPhoto via AFP – PAOLO MANZO] Une grande quantité d’eau anormale
Pour Pascal Yiou, les quantités d’eau qui s’abattent actuellement sur l’Europe sont, elles aussi, inhabituelles: « Elles sont certainement liées au changement climatique puisqu’une atmosphère plus chaude permet de garder plus d’eau dans l’air. »
Une subtilité du changement climatique qui ne provoque donc pas les tempêtes, mais qui accentue les effets sur les précipitations. Ces précipitations prennent la forme de pluie au sud et de neige à une altitude plus haute, comme en Suisse actuellement.
Des crues records>> En France, le département de la Gironde au sud-est de Bordeaux a été fortement touché par les fortes pluies :
Des employés municipaux marchent dans une rue inondée de La Réole, dans l’ouest de la France, lors de la tempête Nils, le lundi 16 février 2026. [Copyright 2026 The Associated Press. All rights reserved – YOHAN BONNET]
Pascal Yiou explique en outre que les crues dépendent de deux facteurs: des pluies abondantes et l’aménagement du territoire. Certains sols, peu perméables, ne retiennent pas l’eau et accélèrent ainsi les débordements des rivières.
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Un risque de crues faible en Suisse
Ces derniers jours, la plaine suisse a, elle aussi, fait face à de fortes intempéries, mais le risque de crues y est faible, voire inexistant. Le relief explique notamment ce passage « entre les gouttes », indique-t-il.
Quelques hypothèses sont émises par le climatologue Pascal Yiou: « Il est possible que les plans d’urbanisation suisses soient plus performants que les plans français. » Le spécialiste suppose également une meilleure situation géographique de la Suisse: « La Gironde est proche de la mer, les rivières ne peuvent pas évacuer leur surplus d’eau correctement parce que les marées les en empêchent. »
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Des propos recueillis par Yann Amedro
Texte Web: jo