Nestlé accuse un net repli de ses recettes au cours des trois premiers mois de l’année. Pour la suite, le mastodonte veveysan de l’alimentation maintient ses objectifs, espérant tourner la page du scandale des laits infantiles. Les conséquences de la guerre au Moyen-Orient restent incertaines.

Au cours de la période sous revue, le chiffre d’affaires a reculé de 5,7% sur un an à 21,32 milliards de francs, annonce jeudi la multinationale dans un communiqué. La croissance organique s’est inscrite à 3,5%, tandis que la croissance interne réelle (RIG), qui exprime l’évolution des volumes, a atteint 1,2%.

Ces chiffres sont supérieurs aux attentes des analystes consultés par AWP. Ces derniers anticipaient des recettes de 21,25 milliards de francs, une croissance organique de 2,5% et une RIG de 0,2%.

Le café porteur, pas le lait infantile

Par catégories de produits, le café est resté le moteur, avec une croissance organique de 9,3%, due principalement à un effet de prix chiffré à 5,7%, tandis que les volumes ont crû de 3,5%.

Suivent les produits culinaires et snacks (croiss. org. 4,2%), les eaux et boissons (3,3%), où des discussions sont actuellement en cours avec des partenaires sur le sort des eaux minérales, et les produits pour animaux de compagnie (2,7%).

En revanche, le segment nutrition a reculé de 3,9% en termes organiques et de 3,5% en termes de volumes, dû aux rappels des laits infantiles contaminés à la céréulide. Cette affaire, qui a éclaté en décembre dernier, a entraîné une érosion à hauteur de 90 points de base de la croissance organique au cours de la période sous revue, un effet déjà anticipé.

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Pas de décisions quant au fournisseur chinois

Les répercussions sur la confiance du consommateur restaient à déterminer. La directrice financière (CFO), Anna Manz, souligne « déjà des premiers signes d’amélioration » et s’attend à un « retour complet à la normale d’ici à la fin de l’année », lors d’une brève conférence téléphonique donnée aux agences de presse.

Dans l’intervalle, le groupe annonce que les rappels sont désormais terminés et la disponibilité des produits était « revenue à la normale » au mois d’avril.

Le directeur général Philipp Navratil, qui a pris ses fonctions en septembre dernier, indique n’avoir « pas encore pris de décision sur d’éventuelles actions en justice » contre le fournisseur chinois de l’huile riche en acide arachidonique, contenant la toxine céréulide.

En France, trois décès ont été signalés parmi des bébés ayant consommé des laits visés par les rappels, ainsi qu’une dizaine d’hospitalisations. Aucun lien de cause à effet n’a été identifié, mais la céréulide a été repérée dans des échantillons prélevés chez un bébé hospitalisé pour la première fois fin février.

ats/jfe