La peine est assortie d’une obligation de soins et d’une obligation de présentation d’enfant avec exécution provisoire. Dans la féroce bataille judiciaire qui les oppose, l’ex-femme de l’artiste continue de dénoncer des violences et des viols du rappeur.

La 26e chambre du tribunal correctionnel de Paris a condamné ce mercredi l’ex-compagne du rappeur Nekfeu à deux mois d’emprisonnement avec sursis probatoire pendant deux ans, assortis d’une obligation de soins et une obligation de présentation d’enfant avec exécution provisoire, pour des «non-représentations d’enfant» à son père. Les faits qui lui sont reprochés – refuser de remettre leur fils à son père au moment du «passage de bras» – se sont déroulés au printemps et à l’été 2025 (27 avril, 4 mai, 18 mai, 15 juin et 29 juin). Quatre mois d’emprisonnement avec un sursis probatoire de deux ans, ainsi qu’une obligation de soins, avaient été requis par le ministère public à l’audience du 8 janvier. Le tribunal a également reçu la constitution de partie civile de Ken Samaras, le vrai nom du rappeur, et condamné son ex-femme à lui verser 1 euro de dommages et intérêts ainsi que 500 euros.

Il y a près d’un an, la jeune femme avait déjà été jugée pour des refus similaires, à huis clos, par le tribunal correctionnel de Paris. Elle avait alors écopé de la peine de 2 mois de prison avec sursis, le 19 mars 2025. Une décision pour laquelle elle avait interjeté appel. À l’époque, la prévenue avait aussi obtenu une relaxe partielle pour d’autres épisodes au cours desquels elle avait refusé de confier leur fils aujourd’hui âgé de 4 ans et demi à Nekfeu, la présence du rappeur devant le domicile de celle-ci au moment des faits n’ayant pas été établie par le tribunal pour ces cas précis.


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Relation houleuse

«C’est toujours la même mise en scène. Il n’y a pas de perspective d’amélioration. Je sens que notre fils est pris dans un véritable conflit de loyauté. Il y a quelques mois, il a commencé à répéter ce qu’elle lui fait entendre : le dénigrement à mon encontre, ainsi qu’à l’encontre de mes proches», avait relaté le rappeur passé par les groupes et collectifs P.O.S, 5-Majeur, 1995, S-Crew et L’Entourage, lors de l’audience du 8 janvier dernier à laquelle son ex-femme ne s’est pas présentée.

Pour faciliter les «passages de bras», un juge avait déjà décidé que des «tiers de confiance» devraient être envoyés pour récupérer le petit garçon. Ce qui n’a pas, semble-t-il, porté ses fruits.

L’avocat de la défense, Me William Bourdon, avait de son côté évoqué une affaire «extrêmement complexe et difficile», affirmant toutefois que sa cliente «est d’accord pour toute mesure qui permette d’apaiser la situation». Le couple, qui s’est séparé lors de la grossesse de l’ex-compagne du rappeur, vivait depuis en conflit ouvert, dans une relation houleuse faite de violentes disputes, auxquels succédaient de brèves accalmies, jusqu’à ce que le divorce ne soit prononcé, et que la garde principale de l’enfant ne soit attribuée à Ken Samaras le 28 mars 2024. Son ex-compagne, qui conteste ce mode de garde, a fait appel de ce jugement. Elle lui réclame la somme de 2,39 millions d’euros, et 500.000 euros de dommages et intérêts. Elle bénéficie, quant à elle, d’un droit de visite et d’hébergement un week-end sur deux, et la moitié des vacances scolaires. Depuis, le conflit a pris un tour judiciaire. L’histoire est celle, tristement courante, d’un couple séparé, qui se déchire désormais par avocats interposés.

Information judiciaire pour viol

Depuis plusieurs années, l’ex-compagne du rappeur dénonce à travers des plaintes diverses violences de son ex-compagnon ainsi que des faits de viol. Le parquet de Paris a classé sans suites entre septembre 2023 et mai 2024 trois plaintes successives pour viol, violence et harcèlement. Mais il y a un an, en parallèle des procédures pour «non-représentations d’enfant», les avocats de la jeune femme ont fait paraître un communiqué sur X, dans lequel ils annonçaient un énième faisceau de plaintes contre Ken Samaras, fort de nouveaux documents à l’appui.

Parmi elles, l’une déposée pour «violences sur mineur», ainsi qu’une autre, pour «viol» sur son ex-compagne. Le 9 octobre 2024, cette plainte pour «viol» a donné lieu à l’ouverture d’une information judiciaire du parquet de Paris. Le rappeur de 35 ans a été entendu sous le régime de la garde à vue le 30 octobre 2025, avant d’être laissé libre. L’enquête se poursuit.