l’essentiel
La présence du moustique-tigre se développe dans le Lot. Arrivé en France en 2004, il s’est installé dans le département en 2015. La ville de Cahors continue depuis plus de trois ans de mettre en place des moyens visant à éviter sa prolifération.
Le moustique tigre n’est pas en retard cette année. Dès ce mois d’avril, il a pris ses quartiers dans Cahors. Depuis trois ans, la ville a décidé de lui déclarer la guerre pour lutter contre sa prolifération. Comme la colonisation de cet insecte est rapide en France ces dernières années, la prévention reste aujourd’hui le moyen le plus efficace pour limiter sa présence. Pour cela, la ville de Cahors multiplie les actions pour parvenir à une solution.
Un moustique sous haute surveillance en centre-ville
Depuis 2021, la ville déploie chaque année un plan d’action qui comprend notamment la formation d’agents chargés de sensibiliser la population et d’effectuer du porte-à-porte. Cette campagne se déroule tous les mardis après-midi, de quartier en quartier. Ces rencontres ne permettent pas seulement d’informer les habitants : elles les incitent à agir. Lorsque les Cadurciens le souhaitent, les agents peuvent identifier avec eux les zones à risque autour de leur domicile et leur expliquer les bons gestes à adopter, tels que supprimer les réserves d’eau ou les vider régulièrement, comme les coupelles sous les pots de fleurs. Cette campagne « anti-moustique tigre » n’a pas de nom mais plutôt un slogan : « Agissons ensemble », « Contre le moustique tigre », « Les bons gestes à adopter ».
La mairie réalise aussi un inventaire des gîtes larvaires sur la commune pour faire comprendre aux gens que « le moustique tigre est chez soi ». En effet, en moyenne, 80 % des gîtes larvaires du moustique tigre sont sur l’espace privé, dans les habitations. D’où l’importance d’agir chez soi et d’informer les Cadurciens par le porte-à-porte. D’autres actions de prévention sont réalisées, notamment au Carrefour des sciences et des arts. Depuis plus de trois ans, elle bénéficie aussi du soutien d’Altopictus, une entreprise spécialisée dans la surveillance et la lutte contre le moustique tigre.

La démoustication commence dans le centre historique de Cahors.
DDM – Laëtitia Bertoni
La société étendra sa campagne jusqu’au mois d’octobre. Le but est d’empêcher la multiplication des larves du moustique tigre dans les eaux stagnantes. Hugo Peyret, chef d’équipe à Altopictus, rappelle : « Il a besoin d’eau stagnante pour se multiplier. Il est donc absent des rivières et des plans d’eau. » Pour lui, le moyen le plus efficace de lutter contre le développement de ce fléau est que « chacun mette sa pierre à l’édifice ».
Des granulés de larvicide dans les égouts de la ville
Pour limiter son développement, Altopictus utilise la technique du « larvicide », qui consiste à éliminer les larves avant qu’elles ne se transforment en moustiques tigres adultes. Hugo Peyret explique qu’une bactérie spécifique, sous forme de granulés, est déposée dans les gîtes larvaires afin de cibler uniquement les larves, sans affecter l’environnement. À raison d’un passage de deux jours dans les différentes rues, répété tous les deux à trois mois jusqu’en octobre, cette technique fait ses preuves.
« On met en place notre stratégie majoritairement dans le centre historique, mais on va aussi dans les écoles. »
Avec la mairie, un dépliant est en cours de création afin de proposer un ensemble de préconisations et de règles simples à appliquer par les habitants.

La bactérie visant à tuer les larves
DDM – Laëtitia Bertoni
La ville de Cahors se préoccupe particulièrement de ce phénomène. Depuis 2022, elle organise chaque année, à cette période, une campagne pour lutter contre la propagation du moustique tigre. « Cahors travaille avec nous depuis plus de trois ans, donc ils prennent clairement le problème du moustique tigre au sérieux », souligne l’expert, preuve de l’importance que la ville accorde à ce problème. Les techniciens d’Altopictus ont traité 299 gîtes sur le domaine public lors de leur passage la semaine dernière à Cahors, allant des parcs de la ville aux écoles, aux crèches et au centre historique.
Pour Anne-Céline Daporta, conseillère municipale déléguée à la nature en ville, l’objectif de cette campagne est avant tout de développer une « prévention collective ». « C’est de notre responsabilité de prévenir des maladies que peut transmettre ce moustique. » Sophie Fabre, chargée des missions de nature en ville, ajoute : « Le moustique est un hélas vecteur de maladies, nous en faisons aussi un vecteur de lien social, car il incite les habitants à s’entraider et à se mobiliser ensemble pour lutter contre sa prolifération. »