C’est en 2002, dans l’ambiance très secrète des Ports Francs de Genève, que Dmitri Rybolovlev rencontre Yves Bouvier. Le premier est un de ces oligarques russes qui se sont massivement enrichis dans les années 1990 après la chute du bloc soviétique et avant l’arrivée de Vladimir Poutine au pouvoir. Le second est un marchand d’art genevois qui aime la discrétion. Désireux de se constituer une collection d’art, Rybolovlev a acheté un Chagall. Lorsqu’il vient en prendre possession aux Ports Francs, il est furieux de constater que la toile n’a aucun certificat d’authenticité. Aurait-il acquis un faux? Bouvier est sur place et s’engage à lui trouver le précieux sésame.
Il n’en faudra pas plus pour que le Russe fasse confiance au Genevois. Celui-ci devient alors son conseiller et, chef-d’œuvre après chef-d’œuvre, lui permet d’assembler une collection digne des plus grands musées. Son salaire: 2% de toutes les transactions. Mais ce que Rybolovlev ne sait pas, c’est que Bouvier devient plus qu’un intermédiaire. A chaque fois qu’il propose une œuvre à son client, il commence par l’acquérir, avant de la lui revendre beaucoup plus cher. On estime aujourd’hui que sur les deux milliards investis par l’oligarque, un milliard est venu garnir les comptes du marchand.