Une investigation conclut que la Direction bernoise de la santé, des affaires sociales et de l’intégration n’est pas suffisamment transparente avec ses partenaires externes. Le département dirigé par Pierre Alain Schnegg est invité à prendre diverses mesures pour améliorer sa fiabilité.

Les procédés de la Direction de la santé, des affaires sociales et de l’intégration (DSSI) manquent de transparence et sa collaboration avec les fournisseurs de soins et de parties prenantes extérieures à l’administration suscite une insatisfaction, a révélé vendredi la Commission de gestion du Grand Conseil bernois (CGes).

Le potentiel d’amélioration concerne tout particulièrement trois processus de réforme: la restructuration du paysage des services d’aide et de soins à domicile, l’élaboration du rapport de consultation sur la révision de la loi sur l’aide sociale publique et la réforme des mesures d’intégration par le travail.

Manque de rigueur et de fiabilité

Dans le cadre de son investigation, qui fait suite à des interventions au Grand Conseil, la Commission de gestion a constaté que cette direction, placée sous l’autorité du conseiller d’Etat UDC Pierre Alain Schnegg, « montrait peu d’intérêt pour les connaissances de terrain ».

La CGes porte également un regard critique sur le manque de rigueur et de fiabilité ainsi que sur la communication qui laisse, selon elle, des tiers dans l’incertitude sur des aspects jugés importants. A cela s’ajoutent des calendriers imposant des délais tellement serrés qu’ils sont irréalistes.

Contacté, la DSSI a indiqué qu’elle prenait connaissance des résultats de cette investigation. Son porte-parole Gundekar Giebel estime qu’il est difficile, avec les associations semblables aux lobbys, de les associer au processus décisionnel avant que le Conseil-exécutif ne se prononce.

Pierre Alain Schnegg dit quant à lui ne pas comprendre toutes les critiques. « Il est clair que pendant les dix ans où j’ai été à la tête de la DSSI, nous avons changé et bousculé énormément de choses. Avant mon arrivée, les décisions étaient davantage prises par les partenaires que par la direction elle-même, donc ce n’est jamais très apprécié lorsque vous faites des changements. Et c’est vrai que nous en avons fait au pas de charge, mais parce que la situation l’exigeait », a-t-il justifié dans l’émission Forum de la RTS.

Manière de procéder en cause

De manière générale, la Commission de gestion du Grand Conseil dit ne pas comprendre pourquoi la DSSI n’exploite pas davantage les connaissances des communes et des fournisseurs de prestations ainsi que des institutions et autorités qui sont sur le terrain. « Par nature, ces parties prenantes sont à même de repérer les défis et les difficultés que posera la mise en œuvre. »

La CGes relève que les exemples analysés montrent que ce manque d’implication des parties prenantes peut conduire à des solutions insuffisamment mûries et éloignées de la pratique qu’il faut corriger a posteriori. Cette manière de procéder est inefficace et génère des coûts supplémentaires.

Plusieurs recommandations

A l’issue de ses investigations, la Commission de gestion formule des recommandations à la DSSI. Elle lui recommande de revoir fondamentalement ses rapports avec les parties prenantes extérieures à l’administration et les fournisseurs de prestations, et de veiller à prendre en compte leurs connaissances et leur expérience pratique.

Elle l’invite aussi à prendre des mesures pour devenir un partenaire fiable envers les parties prenantes externes, telles que les communes bernoises et les fournisseurs de prestations, « qui respecte les calendriers, qui tient les promesses concernant les procédures et les contenus et qui communique les informations ».

Le conseiller d’Etat Pierre Alain Schnegg assure qu’il va prendre en compte ces recommandations, bien qu’il estime qu’elles étaient déjà en partie appliquées par son département. La DSSI s’engage également à faire le point dans une année, en remettant un rapport à la Commission de gestion, qui montrera comment elle applique ces conseils.

iar avec ats