L’esplanade des Frères Méhu, à Plonéour-Lanvern, ouvrira ses portes au public à la fin du mois d’avril. À cette occasion, les visiteurs pourront découvrir une première exposition consacrée aux photographies de Félix Le Garrec, du 1er mai au 15 juin. Cet événement est organisé conjointement par l’association Les amis de Nicole et Félix Le Garrec et l’association Plaisir de Lire-Plijadur Lenn.

« Cette exposition comprendra dix-sept photos sur panneau Dibond et une grande photo sur bâche de 2 m sur 3, des femmes au travail à l’usine Raphalen de Plonéour-Lanvern », annoncent Pierre Gloanec, membre l’association Plaisir de lire et Anne Le Gall, de l’association des Amis.

Ils précisent que le parcours scénographique respecte un ordre chronologique et thématique : il débute par l’entrée des ouvrières à l’usine de poissons, devant la pointeuse des cartes de présence, pour s’achever sur une photographie de ces mêmes femmes dansant lors du repas annuel, organisé à l’extérieur dans une salle de danse de la commune. Ce projet avait été initialement préparé avec la précédente municipalité.

Le travail des mains

« J’aimais photographier le travail des mains des femmes à l’usine, mettant les poissons en boîtes », raconte Félix Le Garrec. Le photographe est le petit-fils de Sébastien Raphalen, créateur de l’usine éponyme en 1926, il y a exactement cent ans. L’artiste aujourd’hui âgé de 96 ans explique comment sa vocation est née. « Mon frère Guy, engagé dans la marine, rentre malade du Vietnam et nous transmet la tuberculose », confie-t-il C’est au sanatorium, en observant le développement des clichés d’un autre pensionnaire, que la passion l’a saisi alors qu’il n’avait pas encore vingt ans. « L’exposition vise à rendre hommage aux personnes qui ont travaillé à l’usine, en particulier les femmes, et à préserver leur mémoire », retrace le nonagénaire.

Une expertise technique reconnue

Spécialiste de la photographie argentique et des agrandissements géants — dont plusieurs sont visibles à l’école publique portant le nom du couple — Félix Le Garrec fabriquait lui-même ses produits chimiques de développement. Il a par le passé exposé ses œuvres au rond-point de la Défense, à Paris. Après s’être fait remarquer en exposant ses clichés dans son propre magasin, il a entamé une riche carrière de photographe de presse pour le journal Le Télégramme, avant de se tourner vers la mode puis le cinéma. Il fut notamment photographe de plateau sur des films marquants tels que « Les Naufrageurs », « Z » ou « Avoir vingt ans dans les Aurès ».

Les images engagées

« Avant l’ouverture officielle de l’exposition, l’association Les amis de Nicole et Félix Le Garrec, tiendra son assemblée générale, ouverte à tous, salle Jules-Ferry », prévient Pierre Gloanec. À l’issue de cette réunion, qui a lieu le samedi 2 mai, à 9 h 30, une séance de dédicaces de l’ouvrage Les images engagées sera assurée par le couple Le Garrec, également auteur du célèbre film documentaire « Plogoff, des pierres contre des fusils ».