Dix-sept ans après la mort du roi de la pop, un biopic sorti le 22 avril, sobrement intitulé « Michael », revient sur le parcours de Michael Jackson, entre 1965 et 1988. Des débuts avec les Jackson Five à la carrière solo, le film d’Antoine Fuqua cache les aspérités de son personnage sous un vernis bien trop lisse.
1965. Dans la maisonnette familiale d’une cité ouvrière dans l’Indiana, Joseph Jackson entraîne, à coups de ceinture, ses enfants dans le but de constituer un groupe musical, exploitant ses garçons pour s’extirper de la pauvreté. Michael, lui, se réfugie dans la musique et Peter Pan afin d’échapper à la violence qu’il subit.
Agé de 10 ans, en 1968, il rencontre un succès foudroyant avec les Jackson Five, en compagnie de ses frères Jackie, Tito, Jermaine et Marlon. Dix ans plus tard, devenu adulte, Michael tente de se défaire de la tutelle écrasante de son père grâce à l’album solo « Off the Wall », coproduit en 1979 par Quincy Jones, puis avec le phénomène « Thriller » en 1982.
Contenu externe
Ce contenu externe ne peut pas être affiché car il est susceptible de collecter des données personnelles. Pour voir ce contenu vous devez autoriser la catégorie Réseaux sociaux.
Accepter Plus d’info
Un biopic sous tutelle
Concentrant son sujet sur la relation conflictuelle entre Joseph et son fils, « Michael » suit le fil rouge de l’émancipation douloureuse du chanteur. Soit la piste la plus commode pour ce biopic lui-même sous tutelle, coproduit par John Branca, ex-manager et co-exécuteur testamentaire de Michael Jackson qui, en plus d’être représenté dans le film d’une manière outrancièrement positive, prend soin d’aplanir toutes les bosses présentes sur le parcours de la star.
Dès lors, le cinéaste Antoine Fuqua se contente d’enquiller les séquences comme on sème des graines sur un sol stérile. Michael et son singe Bubbles. Michael sur le tournage du clip de « Thriller ». Michael qui frôle la mort sur une pub Pepsi. Michael qui se fait refaire le nez. Michael qui visite des enfants malades dans les hôpitaux. Un catalogue de scènes connues qui privilégie l’image de l’artiste génial aux aspérités de l’homme, éludant toute référence aux accusations d’abus sexuels sur mineurs qui frapperont Michael Jackson dès 1993. Et pour cause: une clause dans l’accord à l’amiable trouvé avec Jordan Chandler, première victime supposée du chanteur, interdisait toute mention de celui-ci dans un film.
Le biopic s’achevant en 1988, au moment de la tournée de l’album « Bad », on aura tout juste droit à l’image ambiguë d’un Michael Jackson dissimulant de sa main la moitié de son visage, suggérant la face sombre d’un artiste que le film évite soigneusement d’explorer.
>> A voir aussi, le sujet critique du 19h30 sur le film « Michael » :
17 ans après la mort du roi de la pop, sort « Michael », un biopic décevant / 19h30 / 2 min. / mercredi à 19:30 Jaafar Jackson, l’atout majeur
Dépourvu de point de vue et de regard fort, « Michael » s’adresse avant tout, pour ne pas dire exclusivement, aux fans du roi de la pop. Et c’est lorsqu’il s’attache à reconstituer les scènes de concert monumentales, les enregistrements des albums mythiques, le travail de composition, à la fois musical et chorégraphique, de Michael Jackson, que le film parvient à s’accorder au génie artistique vertigineux de sa star.
Une star incarnée à l’écran avec un mimétisme troublant par Jaafar Jackson, neveu de Michael et fils de Jermaine, atout majeur de ce biopic qu’on aurait aimé plus… bad.
Rafael Wolf/olhor
« Michael » d’Antoine Fuqua, avec Jaafar Jackson, Colman Domingo, Miles Teller. A voir dans les salles romandes depuis le 22 avril 2026.