Quatre ans après l’avoir révélée dans son film, la réalisatrice Lisa Diaz retrouve Azou,15 ans, désormais élève en sport-études surf. Pour Littoral, elle dresse le portrait d’une adolescente passionnée, qui partage son temps entre les cours et les entraînements sur les vagues de la Torche, au cœur du Finistère.

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Lisa Diaz pose ses valises à Douarnenez en 2019. Réalisatrice de courts et moyens métrages, de documentaires, elle se lance dans la réalisation de son premier long métrage pour lequel, elle cherche la jeune fille qui jouera le rôle principal.

La réalisatrice Lisa Diaz revient sur sa rencontre avec Azou et cherche à comprendre la place qu'elle donne au surf dans sa vie.

La réalisatrice Lisa Diaz revient sur sa rencontre avec Azou et cherche à comprendre la place qu’elle donne au surf dans sa vie.

© Maeva Jacob

« Azou est la fille d’un couple d’amis que j’ai à Douarnenez. Lorsque j’ai commencé le casting de mon premier long métrage, j’ai rencontré plusieurs enfants. Mais je repensais en permanence à Azou qui s’est imposée comme une évidence : elle incarnait exactement ce que j’attendais. »

La belle et longue aventure du long métrage « Libre Garance » peut alors commencer.

Azou Gardahaut Petiteau part en tournage pendant sept semaines dans les Cévennes. Mais l’histoire ne s’arrête pas là. Des liens forts se sont créés entre Lisa et Azou. Elles vont accompagner ensemble le film sélectionné à Cannes dans le cadre de la compétition écran Junior en 2022. Toutes les deux habitent à Douarnenez, elles ne se perdent jamais vraiment de vue.

Déjà à cette époque, Azou faisait du surf, « elle en a toujours fait » ajoute Lisa. C’est un héritage familial. Très jeune, son père, Jérémie Gardahaut, sportif de haut niveau, l’amenait faire du surf avec son grand frère. C’est au cours d’un long séjour familial en Martinique que sa pratique s’est intensifiée. De retour en Bretagne, Azou s’est engagée dans la compétition. Elle a vite connu la victoire, ce qui, selon Lisa, l’a motivée à aller plus loin.

Tellement loin que quatre ans plus tard, elle décide, pour sa rentrée au Lycée, d’intégrer le CLE, le Centre Labellisé d’Entraînement surf du Lycée Laënnec de Pont L’Abbé.

Azou avait de vrais talents de comédienne, elle aurait pu faire du théâtre et non, elle choisit le surf. Le surf devient une vraie passion pour elle au point de le placer au centre de ses intérêts. 

Étrangère à la pratique du sport de haut niveau, Lisa voit là une occasion d’approfondir sa curiosité et de découvrir ce qui pousse Azou à consacrer une place centrale au surf dans sa vie.

Azou poursuit sa scolarité en section surf au lycée Laënnec de Pont-l’Abbé. Un changement de vie qu'elle accepte pour vivre peinement sa passion.

Azou poursuit sa scolarité en section surf au lycée Laënnec de Pont-l’Abbé. Un changement de vie qu’elle accepte pour vivre peinement sa passion.

© Lisa Diaz / M comme Marguerite / Aligal

On a une sensation très particulière quand on surfe. Je n’ai jamais retrouvé ça dans d’autres sports. Quand tu commences à y prendre goût, c’est addictif. Quand ça fait trop longtemps que t’a pas eu cette sensation, tu as le blues, tu ne penses qu’à ça. 

Azou Gardahaut Petiteau,

jeune surfeuse

Lisa décide de la suivre tout au long de son année de seconde, pour tenter de saisir ce qui l’anime et comprendre les raisons qui la conduisent à faire du surf sa priorité.

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Le documentaire Azou dans les vagues, réalisé par Lisa Diaz est à voir et revoir sur France.tv

Quitter sa famille, devenir interne pour intégrer la filière sportive de haut niveau n’est pas un choix facile. Le parcours, tant sportif que scolaire, est très exigeant, avec en plus du contenu scolaire, un entraînement de surf de 10 heures par semaine à la Pointe de La Torche. « Azou s’y est faite petit à petit, elle se trouve bien dans ce rythme, elle trouve que c’est une chance folle de faire du surf après une journée de classe » raconte Lisa.

Toujours motivée et engagée, Azou ne lâche rien et continue de progresser. Ce qui l’aide, c’est le groupe, qui est très fort et ce sentiment d’appartenir à un groupe avec les élèves de la section. Ils sont internes, ils partagent beaucoup de choses, font leurs devoirs ensemble, déjeunent ensemble, ils se soutiennent. « C’est aussi tout un état d’esprit, c’est un environnement, une ambiance » découvre Lisa.

Sur l’eau à l’entraînement, il se dégage un bon état esprit. Ils se « challengent », pour se faire progresser plutôt que d’écraser l’autre. Ils cultivent un certain bien-être.

Depuis la fin du tournage, Lisa a eu des nouvelles d’Azou. Elle termine sa première et la saison des compétitions arrive. Elle continue le CLE l’année prochaine puis se voit bien après son bac faire des études en lien avec le corps. Elle garde sa passion pour le surf mais n’envisage pas d’en faire son métier. « Au moment du tournage, Azou n’était pas dans la phase de mettre en mots, elle était dans la phase de vivre les choses. Elle était dans son corps, elle était avec ses amis » rajoute Lisa.

La réalisatrice Lisa Diaz aime raconter dans ses films et documentaires, des histoires d’adolescents. C’est pour elle l’âge des possibles, un âge où l’on s’invente, ou l’on se transforme. « Ils nous questionnent, nous adultes, sur ce à quoi on rêvait, comment on mettait en mots et qu’est-ce qu’on en a fait ».

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