Si l’on aime l’art, impossible de ne pas tomber sous le charme de Rennes. Dotée d’un excellent musée des Beaux-Arts, où l’on s’attardera devant le si délicat Nouveau-né (vers 1645) de Georges de La Tour, la ville possède également deux centres d’art labellisés, 40mcube et La Criée, ainsi qu’un spectaculaire Frac, dessiné par l’architecte Odile Decq.

Après avoir dévoré une galette « kraz » (croustillante) à souhait, on filera aux Champs libres, établissement culturel immense où se découvrent plusieurs expositions à la fois, en plus de renfermer l’une des plus belles bibliothèques de France (du dernier étage, la vue sur la ville vaut le coup d’œil). Amateurs de patrimoine, ne manquez pas les ouvrages décorés par le mosaïste Odorico (1893–1945), notamment la piscine Saint-Georges, joyau de l’Art déco. Et sinon, côté galeries ?

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À la galerie Oniris, l’art abstrait pour boussole

Olivier Petiteau, Grenouilles et Champignons, exposition personnelle à la galerie Oniris

Olivier Petiteau, Grenouilles et Champignons, exposition personnelle à la galerie Oniris, septembre 2024

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La boucle est bouclée. 40 ans exactement après avoir inauguré son adresse en centre-ville de Rennes avec François Morellet, la galerie Oniris célèbre en 2026 le centenaire de l’artiste et son propre anniversaire avec une nouvelle exposition du maître de l’art géométrique. Créée par Yvonne Paumelle, Oniris défend nombre des grands noms de l’abstraction, comme Morellet donc, mais aussi Vera Molnár, Geneviève Asse ou Aurelie Nemours. Sans s’en contenter toutefois puisqu’elle défend aussi Philippe Cognée, l’artiste textile Brankica Žilović ou l’étonnant peintre de fleurs et sculpteur de néons Frédéric Bouffandeau. Un incontournable, que l’on retrouve aussi dans les grandes foires comme Art Paris ou Drawing Now, et qui dispose d’une boutique en ligne.

La galerie Jonathan Roze, nouvelle venue place du Parlement

Exposition inaugurale à la galerie Jonathan Roze. De gauche à droite : Invader, Adrian Falkner, Mathieu Pommier

Exposition inaugurale à la galerie Jonathan Roze. De gauche à droite : Invader, Adrian Falkner, Mathieu Pommier, Octobre 2025

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Courtesy galerie Jonathan Roze, Rennes

Après plusieurs années dans les beaux quartiers de la capitale, Jonathan Roze a plié bagage pour ouvrir une galerie place du Parlement, en plein cœur de Rennes. Avant d’entrer, observez l’immeuble, différent de tous ceux qui bordent la place, rigoureusement identiques : il a été construit en premier, comme un prototype non retenu. Ce qu’y gagne la galerie, c’est un espace particulièrement haut de plafond, divisé en deux salles ; Jonathan Roze vous y accueille sur une spectaculaire table en grès sculptée par Pia Chevalier. Il alterne les accrochages collectifs et les expos solo de ses artistes fétiches, tels que le peintre François Malingrëy, le street artiste Invader ou le duo Ella & Pitr.

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Galerie Jonathan Roze

À la galerie Mica, le choix du beau

Spanell, matali crasset, Jonas Wauthy à la galerie MICA

Spanell, matali crasset, Jonas Wauthy à la galerie MICA

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Courtesy Galerie MICA x LAB

L’homme est ébéniste-sculpteur de formation, mais s’est réinventé galeriste à 27 ans en saisissant l’opportunité qui lui était donnée d’investir deux bâtiments à Saint-Grégoire, en bordure de Rennes. Composés de préfabriqués des années 1970, ceux-ci sont entourés d’un terrain de 8000 m2, et la visite de la galerie Mica a tout de l’escapade au vert ; le moment est en tout cas privilégié, puisque son fondateur Michaël Chéneau ne reçoit que sur rendez-vous. Entre ses murs, des œuvres de plasticiens contemporains et artisans bretons, des pièces de design uniques et des merveilles chinées, objets anciens et curiosités. Une adresse à part dans le paysage breton, animée par l’amour du beau et du rare.

À la galerie Divet, l’art plus breton qu’une galette

L’entrée de la galerie Divet à Rennes

L’entrée de la galerie Divet à Rennes

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Encore plus ancienne que la galerie Oniris, il y a la galerie Divet – une histoire de famille puisqu’elle a été fondée en 1981 par Dominique et Marie-Claude Divet, avant d’être reprise en 2007 par leur fille Anaïs. Si elle ne s’y résume pas complètement, la galerie met l’accent sur les artistes de Bretagne, modernes et contemporains, comme le peintre Ernest Guérin et le potier René Quillivic, ou ceux qui aiment à peindre ses paysages, tel Sami Toualit à Brest. Aussi friands d’arts décoratifs que de peinture et de sculpture, les Divet glissent au milieu des œuvres assiettes, lampes et vases anciens, autant d’objets artisanaux qui marquent leur décloisonnement des arts.

À la galerie de Lendroit éditions, l’impression s’évade du cadre

La librairie Lendroit à Rennes

La librairie Lendroit à Rennes

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Les éditions Lendroit ont plus d’un tour dans leur sac : fondées en 2003, elles accueillent le public dans une librairie-galerie place du Colombier, où l’on déniche toutes sortes de fascinants collectibles comme des livres d’artistes, des objets et des impressions. Pas snob pour un sou, l’éditeur va aussi à la rencontre du public rennais en investissant des panneaux publicitaires de quatre mètres par trois sur l’avenue Aristide-Briand : dans cette improbable galerie à ciel ouvert, Lendroit éditions invite plusieurs fois par an des artistes à produire des œuvres sous la forme d’affiches géantes pour interpeller les passants et glisser une photographie (Yves Trémorin), un dessin (Jochen Gerner) ou une composition abstraite (Frédérique Rusch) dans l’espace urbain. Généreux !

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