Plusieurs entreprises actives dans le solaire ont déposé le bilan ces dernières années en Suisse. Certains clients qui avaient versé d’importants acomptes ont perdu beaucoup d’argent dans ces faillites. Swissolar donne quelques conseils pour éviter de telles mésaventures.
Le secteur solaire helvétique a fait plusieurs fois les gros titres des journaux ces derniers temps, et pas pour les bonnes raisons. Il a en effet connu une série de faillites: Mons Solar, Viva Solar, Clean Energy ou Prime Energy, entre autres. Et ces débâcles ont fait des victimes: les clients qui ont perdu les importants acomptes versés et qui se retrouvent avec des projets inachevés.
Un des derniers exemples en date concerne Gama AG Photovoltaik. L’automne dernier, un client schwytzois verse un acompte de 21’000 francs, soit la moitié du prix total, pour la construction d’une installation solaire. Moins de trois après le paiement, la société déclare faillite. Le client ne reverra probablement jamais son argent. Il soupçonne en outre les responsables de Gama d’avoir anticipé la fin des activités, sans faire preuve de transparence.
Combien de clients lésés?
Dans une prise de position adressée à Espresso, le magazine de défense des consommateurs de SRF, le dernier président du conseil d’administration de Gama rejette ces accusations: « À la fin octobre, la situation n’était pas désespérée pour nous. » Après une levée de capitaux, l’entreprise pensait « pouvoir réussir son redressement ». Ce n’est qu’après l’établissement des comptes annuels provisoires qu’elle a décidé de déposer le bilan.
On ignore combien de clients sont concernés. Le portail d’information Rheintal 24 évoque 140 commandes en cours chez Gama Photovoltaik, mais le président du conseil d’administration n’a pas souhaité confirmer ce chiffre ni indiquer le montant total déjà versé en acomptes. « Nous ne fournissons aucune information sur les détails organisationnels et financiers de l’entreprise », a-t-il indiqué.
>> Voir le sujet du 19h30 sur les clients lésés par la faillite de PrimeEnergy :
Des centaines de Romands sont victimes de la faillite annoncée par PrimeEnergy Cleantech, une société spécialisée dans les énergies renouvelables / 19h30 / 2 min. / le 29 octobre 2024
>> Lire aussi : Faillite de Prime Energy: entre la fausse promesse « 100% vert » et la rémunération de Bertrand Piccard et Deux ex-responsables de PrimeEnergy Cleantech arrêtés pour fraude présumée
Quelle est la situation du secteur solaire?
Au nom de l’association professionnelle Swissolar, David Stickelberger estime qu’il est trop simple de qualifier les sociétés en faillite de « brebis galeuses ». « Bien sûr, il y a des cas isolés où les entreprises ont agi de manière problématique, avec des pratiques commerciales discutables », admet-il néanmoins.
David Stickelberger évoque un « assainissement du marché ». Après un boom exceptionnel entre 2019 et 2024, le secteur tend à se normaliser. « Les entreprises qui ont connu une croissance rapide, qui ont peut-être calculé de manière trop agressive et qui ne sont pas encore parfaitement structurées sur le plan opérationnel subissent désormais davantage de pression. »
Renoncer aux acomptes?
Pour le client lésé, les entreprises solaires devraient renoncer à l’avenir aux acomptes trop élevés ou, au moins, devraient garantir les montants versés par une caution bancaire.
Mais pour Swissolar, renoncer aux acomptes n’est pas la voie à suivre. Ceux-ci sont très courants dans de nombreux secteurs comme le bâtiment, « notamment lorsqu’il faut commander d’importantes quantités de matériel », souligne David Stickelberger. Une garantie bancaire peut être une solution au cas par cas, mais une obligation générale pèserait trop lourdement sur les petites entreprises et les jeunes sociétés.
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Oliver Fueter, SRF/dk