La Suisse et le Japon ont le train pour commune passion. Ce sont les deux pays du monde où ce mode de transport y est le plus plébiscité. Au niveau européen, la population suisse persiste et signe en tête du classement, en matière d’utilisation du train dans ses déplacements, selon le dernier rapport du Service d’informations pour les transports publics (Litra) publié en 2025. En 2024, chaque habitant du pays a parcouru en moyenne 2519 kilomètres en train. Ce chiffre dépasse le record de 2505 kilomètres atteint en 2019. En moyenne, tous les habitants de Suisse ont utilisé le train 71 fois l’année dernière.

Dans nos contrées, le voyage en train revêt une dimension presque identitaire. Pour Vincent Kaufmann, professeur de sociologie urbaine et d’analyse de la mobilité à l’Ecole polytechnique fédérale de Lausanne, le train fait bien plus que relier des points, il contribue également à créer une nouvelle forme d’urbanité itinérante, où l’on finit par «habiter» le trajet autant que la destination dans laquelle on se rend. Dans un monde notamment guidé par l’hyper-vitesse et la dématérialisation des échanges, que nous dit encore le wagon sur notre rapport à l’autre, au temps et au territoire?