Invité ce week-end du festival « Lire à Gordes », Sorj Chalandon, ex-auteur Grasset, qu’il vient de quitter avec 250 auteurs, a évoqué le sujet face au public venu en nombre.
/ PHOTO Philippe DAUPHIN
Il était très attendu, forcément. Ce samedi 25 avril, matin, Sorj Chalandon, romancier ex-Grasset, journaliste au sommet (prix Albert-Londres) et écrivain à (h) auteur d’homme (Goncourt des lycéens), ouvrait le bal des débats, lors de ce Lire à Gordes qui met la littérature en haut de l’échelle de Richter. Une échelle des secousses eu égard à l’éviction, mi-avril, par Vincent Bolloré, du directeur de Grasset Olivier Nora et de la fuite record, depuis lors, de 250 auteurs-maison.
« Ce texte manque de grâce »
« Mon chef ». Sorj Chalandon continue de parler en ces termes de son éditeur Nora (12 romans ensemble en 20 ans). « Je viens de quitter la maison Grasset avec 250 camarades (en soutien avec Olivier Nora Ndlr), ce n’est pas de gaieté de cœur. Il ne faut pas fantasmer sur les auteurs qui vont tous retrouver un éditeur. La majorité d’entre nous tire la langue. C’est compliqué d’écrire, il y a quelques auteurs qui vivent de leur plume mais ce n’est pas la majorité. On n’est pas partis parce qu’on est une caste (reprenant les propos de Vincent Bolloré), mais parce qu’on est des êtres humains. Notre fierté est d’appartenir à une maison où il y a une vraie pluralité. Dans les 250 personnes qui s’en vont, y’a plein de gens qui ne seraient pas salués dans un salon du livre. Là, on est tous ensemble pour dire : vous ne touchez pas à une maison qui a l’intelligence d’accepter la contradiction, de donner la parole la parole à des gens qui sont aussi différents que Beigbeder et Vanessa Springora.
Le coup de (la) grâce
« Un jour, le rends un texte à Olivier Nora, La légende de nos pères. Il le lit et me dit : je ne vais pas le prendre en l’état parce que ce texte manque de grâce. Qui, chez Bolloré, me dirait : ce texte manque de grâce. On me dirait : il manque de pages… »
Quelques minutes plus tard, face à des aficionados en quête de dédicace, Sorj Chalandon surgit à nouveau : « Oui, Le livre de Kells sortira en édition poche, mais reste à savoir s’il sera distribué dans les Relay… (points de vente dans les gares) ». Lesquels Relay appartiennent à un certain Vincent Bolloré…
Le festival Lire à Gordes se poursuit ce dimanche 26 avril.
« Lire à Gordes » dimanche 26 avril de 10 à 16 heures dans le centre-ville de Gordes. Stands et rencontres en entrée libre. Parking payant. 10h : rencontre avec Bertrand Périer. 10h15 : rencontre avec Franck Thilliez. 10h45 : Céline Curiol. 11h15 : débat avec Yasmina Khadra. 11h30 : Serena Giulian. 14h30 : causerie avec Mathias Malzieu. 14h30 : Alix de Saint-André. www.lireagordes.fr
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