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Qu’ont en commun Pamela Anderson, Jennifer Lawrence, Dua Lipa, Harry Styles et Bad Bunny? Tous ont récemment été vus portant des imprimés léopard. De Paris à New York, en passant par Copenhague, dans la rue comme dans les défilés, le motif félin s’affiche partout. Manteaux chez Khaite ou Jacquemus, accessoires chez Ganni, apparition inattendue sur des silhouettes signées Chanel ou Jil Sander: l’impression tachetée a envahi les collections des créateurs comme les dressings. Elle se promène tranquillement sur des tote bags, des mocassins et même des cirés d’enfant… Elle fait le grand écart du luxe à la (fast) fast-fashion. Longtemps jugé vulgaire, trop sexy ou trop voyant, trop… tout, il s’est imposé comme l’un des imprimés les plus portés du moment. «On ne peut pas l’ignorer, qu’on l’aime ou qu’on le déteste», indique à juste titre l’autrice Jo Weldon dans son ouvrage Fierce: The History of Leopard Print (Harper, 2018).
Il y a quelques années encore, sortir dans la rue avec un manteau à motif léopard relevait d’une forme de transgression. Longtemps associé à des clichés sexistes, classistes et racistes – projetant notamment sur les femmes noires une animalité fantasmée, les réduisant à des figures de «panthères» ou de «tigresses» –, l’imprimé s’est peu à peu normalisé jusqu’à perdre la plupart de ses griffes. Il a gardé une petite odeur de scandale (mais un scandale largement maîtrisé) car il a profondément muté. Dans cette perspective, porter du léopard n’est plus un excès, c’est presque un clin d’œil à l’idée même d’excès. Derrière cette banalisation apparente se cache une longue histoire culturelle, faite de controverses et de réécritures.