L’agenda de Bilal Hassani est bien rempli ! Le chanteur sera au mois de mai la première partie de Lorie pendant ses concerts prévus à Bordeaux, Nantes, ou encore au Zénith de Paris le 24 mai prochain. Il sera aux côtés de son idole de jeunesse à l’occasion de dix dates, une belle opportunité qui lui tient à cœur. Et ce n’est pas tout ! Il partira également en tournée avec le «Bonsoir Tour» le 10 octobre prochain, avec une date exceptionnelle à La Cigale, à Paris, le 17 novembre prochain. Mais avant sa tournée d’automne, ses fans pourront le retrouver à l’affiche de nombreux festivals. À cette occasion, Bilal Hassani se confie à Gala.fr à propos du marathon qui l’attend…
Votre nouveau single electro Beaucoup cartonne déjà. Comment est né ce titre ?
Bilal Hassani : Beaucoup est né au milieu du processus de création de mon nouvel album. L’idée était de mettre en musique ces soirées avec mes potes où on a l’ambition de vivre une longue nuit festoyante. Je voulais vraiment chercher le groove, aller dans une vraie quête de musique dansante. On est allé en studio, on a écouté plein de morceaux, beaucoup de titres des années 1990, on a revisité la French touch parce qu’on voulait surtout faire de la pop française, et qu’on sait très bien le faire.
Pourquoi avoir quitté le piano-voix pour aller vers une esthétique plus French touch sur ce nouvel album ?
Je pense que j’ai toujours aimé faire de la musique dansante, de la musique qui fait du bien aux autres. C’est également lié à mon identité parce que je suis un caméléon. Je fais de la musique, du cinéma, je suis sur les réseaux sociaux… J’aime me donner des challenges différents ! La musique que je fais en ce moment, c’est aussi celle que j’ai explorée auparavant à travers des mixtapes ou sur mes albums, Contre-soirée et Théorème. Je reviens peut-être à quelque chose d’authentiquement moi : une musique qui bouge, qui fait du bien. Puis il y avait cette mission de retrouver une période très dansante de la scène francophone. J’avais envie de m’inscrire dans un renouveau de la French pop, que j’appelle F-pop, parce qu’on a déjà su très bien la faire et je pense que son futur est assez brillant.
Vous avez créé votre propre label avec votre mère. Pourquoi avoir fait ce choix ?
Je suis indépendant depuis cinq ans. J’en parlais peut-être moins avant mais j’ai ouvert mon label avec ma maman. Cette entreprise est née afin de mêler épanouissement créatif et accomplissement très direct. J’aime bien faire ce que je veux, quand je veux. Mon projet est tellement particulier également que j’avais l’impression que ma mère et moi étions les mieux placées pour le comprendre et le porter. On ne fait attention qu’à la bonne musique et à la belle production, le reste, on s’en fiche. Cela ne veut pas dire que je ne suis pas entouré : je travaille avec plein d’équipes très chouettes pour mener à bien les projets. Mais j’ai toujours été bon dans la débrouille, et j’aime cela. Cela n’empêche pas de proposer du grand spectacle, simplement on aime bien le faire à la maison, en famille.
« Je suis en pleine forme, j’ai toujours beaucoup d’énergie à donner. »
Bilal Hassani
Avez-vous fait ce choix après une mauvaise expérience ?
Pas du tout ! J’ai eu une expérience de label en signature artiste qui s’est bien passée. Mais à la sortie de cette expérience, j’avais besoin d’un virage créatif que je savais pouvoir gérer plus indépendamment. J’avais les épaules pour assumer mon projet financièrement. Depuis que je suis tout petit, je sais que j’ai envie de créer mon label, j’ai toujours voulu être un artiste indépendant. Les grandes maisons de disques, je trouve ça génial, mais on vit une époque où la conversation entre l’œuvre et le public est plus directe. Donc j’essaie de rendre cette ligne encore plus directe en la chapotant moi-même.
Entre votre tournée, les festivals et les premières parties de Lorie, comment vous préparez-vous à ce marathon ?
C’est un gros marathon ! J’ai eu une pause avant la promotion du single, donc j’en ai profité pour faire une pause du sport aussi. Mais sinon, j’ai un régime sportif et alimentaire assez strict (rires) depuis un peu moins d’un an, parce que je savais que j’allais m’embarquer dans cette aventure de dates à répétition, avec des shows très ambitieux en termes de performance. Je suis en pleine forme, j’ai toujours beaucoup d’énergie à donner. L’idée est de bien la canaliser pour l’étendre sur toute l’année, parce que j’ai un gros calendrier qui m’attend.
Bilal Hassani sera en concert à La Cigale le 17 novembre 2026.
Affiche pour La Cigale/@theopauldufour
Faire les premières parties de Lorie, c’est un rêve de gosse qui se réalise pour vous ?
Ce qui est marrant, c’est qu’on a déjà enregistré un titre ensemble, qui est sorti, quand Lorie revenait avec une réédition de ses grands titres avec des artistes de la nouvelle génération. Elle m’avait invité et c’est comme ça qu’on s’est connus. Après, je suis venu chanter le morceau avec elle deux fois sur les premières dates de sa tournée. C’est là qu’on a discuté de cette première partie. Je suis absolument ouvert à l’idée de refaire de la musique ensemble. C’est vraiment mon idole, ma première idole. J’étais très fan d’elle enfant, je le suis toujours aujourd’hui. Participer à cette tournée, c’est un moment où on a envie qu’on nous pince, tellement c’est fou.
« Tout ce que j’ai fait depuis le début de ma carrière m’a énormément appris. »
Bilal Hassani
Est-ce qu’elle vous a déjà donné des conseils pour votre carrière ou vos performances scéniques ?
Lorie m’inspire tout le temps, directement et indirectement. Je pense à elle quand je vais au studio. On a évidemment pu discuter un peu. Tout ce qu’elle a à me dire, je le prends et je le chéris. C’est une artiste qui a porté la pop française vers le haut, une grande danseuse, chanteuse, performeuse. À chaque fois, je la regarde et je l’écoute quand elle me donne des conseils, notamment pour bien canaliser son énergie et la porter sur scène. Je la suis, et je la regarde aussi répéter : quand elle est en concert, elle m’impressionne vraiment beaucoup.
Avec le recul, avez-vous déjà regretté d’avoir commencé si jeune et d’avoir été autant exposé ?
Je suis trop content d’avoir commencé comme j’ai commencé, parce que j’ai toujours pu faire exactement ce que je voulais au moment où je le voulais. Tout ce que j’ai fait depuis le début de ma carrière m’a énormément appris. J’ai grandi avec mon public, ce qui est génial : ils me voient évoluer et grandir avec eux. Je n’échangerais ma vie pour rien au monde.
Votre mère est très présente à vos côtés. Comment vous soutient-elle au quotidien, notamment avec la tournée qui arrive ?
Je dis toujours que ma maman, c’est un peu mon porte-bonheur humain, parce qu’elle m’a toujours porté chance. Rien que sa présence suffit à me rassurer, à me permettre de rester concentré, à l’affût de tout. C’est vraiment la meilleure pour ça.
« Il y a quelques années, j’ai trouvé refuge chez mes amis. »
Bilal Hassani
Vous étiez à Coachella récemment. Rêvez-vous de vous produire un jour sur cette scène ?
Je crois que mon rêve ultime est dans cette veine-là : j’aimerais faire toutes les plus grandes scènes du monde. J’ai beaucoup de rêves, mais le principal, c’est de rester sur scène toute ma vie et de faire des concerts de fou. Le Stade de France, par exemple, ce serait un truc que j’adorerais faire. J’ai grandi à la Plaine Saint-Denis, je le voyais tous les jours en allant à l’école. Je me disais à chaque fois : «Ce serait dingue de pouvoir le faire un jour.»
Vous avez un univers très mode et une passion pour le make-up , est-ce qu’une marque de vêtements ou de maquillage pourrait vous tenter ?
Je ne suis pas quelqu’un de très business, je suis plutôt un créatif. Mais si demain la bonne idée me vient, évidemment que je peux me lancer. Je ne suis pas un artiste du merchandising, j’aime faire de la musique et me raconter avec les réseaux sociaux. Mais peut-être, oui. J’ai déjà fait des collections capsule ici et là. C’était super fun.
Sur un sujet plus délicat, vous avez récemment parlé de vos addictions et de vos excès. Comment avez-vous réussi à traverser cette période et à vous reconstruire ?
Il se passe quelque chose de générationnel depuis la pandémie du Covid. On a traversé ce moment ensemble, mais la Gen Z s’est retrouvée un peu livrée à elle-même. On a dû trouver des moyens pour échapper à nos déprimes et à nos changements d’humeur. Se retrouver, c’est important de le faire dans le collectif. J’ai des amis très importants, une famille très importante. Et quand j’ai décidé de me dire : «Allez, on se lève, on va aller bien, on va de l’avant», il y a quelques années, j’ai trouvé refuge chez mes amis. C’est pour cela que j’en ai parlé dans le podcast Couch de ma meilleure amie Léna Situations. Avec le recul, maintenant que je vais super bien, je me rends compte que le collectif, la famille choisie ou biologique, a été essentiel pour trouver refuge et m’en sortir. Il y a toujours de la lumière au bout du tunnel.