La Colombie accueille mardi et mercredi plus de 50 pays volontaires pour une première conférence sur la sortie des énergies fossiles, en réponse à l’échec récent des COP sur le sujet.

La crise énergétique générale causée par la guerre au Moyen-Orient n’était pas prévue l’an dernier, lorsque la Colombie et les Pays-Bas ont annoncé cette réunion alors décidée pour contourner la paralysie récente des conférences climatiques annuelles de l’ONU. Dans les COP, la règle du consensus a empêché depuis deux ans toute avancée contre le pétrole, le gaz et le charbon, dont la combustion depuis le 19e siècle est la cause principale du réchauffement de la planète.

La hausse des cours du pétrole depuis mars, et donc de l’essence et du kérosène, a donné une seconde raison d’être à la réunion, dans la ville portuaire de Santa Marta.

Une conférence sur invitation

ONG, scientifiques, politiques, entreprises et société civile vont discuter de solutions pour une transition concrète. Pour maximiser leur chance de réussite, la Colombie et les Pays-Bas qui organisent cette Conférence ont adopté une stratégie assez particulière: pour être présent à cette conférence, il fallait être invité. Une soixantaine de pays ont reçu un carton d’invitation. Les plus volontaires, les plus pressés et les plus ambitieux, comme la Suisse, l’Espagne, le Nigeria, le Royaume-Uni, la France, l’Allemagne, le Bangladesh, ou encore l’Union européenne.

En revanche, les Etats-Unis, la Chine et l’Inde, les trois plus gros émetteurs de gaz à effet de serre n’ont pas été invités, ni les lobbyistes pétroliers.

Cela devrait permettre d’examiner de façon sereine et équitable les quelque 600 propositions sur la table.

Aucune annonce forte n’est attendue à l’issue de cette conférence, plutôt des actes concrets.

Des solutions selon le contexte de chaque pays

Ainsi, un rapport présenté comme une « bible de solutions » selon les contextes de chaque pays, pourrait être présenté avec peut-être un moratoire sur les nouvelles infrastructures fossiles, ou encore la création d’un panel scientifique sur la transition énergétique.

Une deuxième conférence internationale est aussi prévue l’an prochain, à Tuvalu, dans le Pacifique, pour maintenir le dialogue.

L’objectif: faire entrer ces travaux dans la feuille de route de sortie des énergies fossiles de la prochaine COP climat, en fin d’année, pour plus de légitimité et pour rassembler davantage de pays.

Foued Boukari/lan avec agences