Le film « En terrain neutre » de Stéphane Goël et Mehdi Atmani sort mercredi dans les salles. Le documentaire questionne avec humour la neutralité suisse, ce mythe fondateur particulièrement ébranlé ces dernières années.

L’idée de ce documentaire est née de deux moments: la présidence de la Suisse du Conseil de sécurité de l’ONU, en 2023, ainsi que le lancement de l’initiative de l’UDC sur la neutralité.

« On a trouvé que c’était le moment idéal pour faire l’introspection de la Suisse », explique Mehdi Atmani lundi dans le 19h30 de la RTS.

Humour et ironie

Cette enquête politique teintée d’humour et d’ironie emmène les spectateurs à travers la planète, du Conseil de sécurité à New York à la zone de démarcation entre les deux Corées, pour comprendre un symbole très helvétique, mais compliqué à définir.

C’était primordial de mettre de l’humour, du sarcasme, de l’ironie pour une quête sur les traces de la neutralité

Mehdi Atmani

« C’est une valeur à géométrie variable », plaisante Mehdi Atmani. « Il y a un consensus national: 98%, à gauche comme à droite, sont pour la neutralité. Après, ils ont des conceptions qui sont différentes. » Le documentaire cherche donc à mettre en évidence ces différentes visions du monde et à relever les contradictions et l’humour qui peut en découler.

« C’était primordial de mettre de l’humour, du sarcasme, de l’ironie pour une quête sur les traces de la neutralité, de pouvoir souligner certains paradoxes ou les coulisses, en tout cas, du mythe qui peuvent faire aussi sourire », affirme Mehdi Atmani.

Une image tirée du documentaire "En terrain neutre", de Stéphane Goël et Mehdi Atmani. [RTS] Une image tirée du documentaire « En terrain neutre », de Stéphane Goël et Mehdi Atmani. [RTS] Préserver le mythe de la neutralité suisse

Lors de la réalisation du film, Mehdi Atmani dit avoir été surpris de voir à quel point certains voulaient défendre l’image de la Suisse neutre. « On était assez impressionnés par l’énergie déployée par les différents secteurs à préserver ce narratif-là », déclare le réalisateur. « Et on a découvert, dans notre quête, l’importance que la Suisse donne à l’image qu’elle renvoie d’elle-même à l’étranger. »

On a toujours ce narratif de cette Suisse qui s’autoproclame neutre, alors qu’en fait, on est neutre parce que les autres ont décidé qu’on le serait

Mehdi Atmani

« Et donc, on s’est rendu compte que, derrière ce mythe de la neutralité, il y avait une volonté de maîtrise de l’image. Il faut que les autres pensent que nous sommes neutres », poursuit-il.

Toujours sur le ton de l’humour, le film met en avant le paradoxe de cette approche. « Ce qui est assez rigolo, c’est qu’on a toujours ce narratif de cette Suisse qui s’autoproclame neutre, alors qu’en fait, on est neutre parce que les autres ont décidé qu’on le serait », affirme Mehdi Atmani. « Donc, du moment que les Etats étrangers disent que la Suisse n’est plus neutre, on n’est plus neutre, malgré les histoires qu’on peut se raconter. »

>> Voir la présentation d' »En terrain neutre » dans le 19h30 : Le documentaire " En terrain neutre" questionne la neutralité suisse Le documentaire  » En terrain neutre » questionne la neutralité suisse / 19h30 / 1 min. / hier à 19:30

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Propos recueillis par Philippe Revaz

Adaptation web: Emilie Délétroz