Aurore Bergé dans un numéro d’équilibriste. La ministre déléguée chargée de l’Égalité femmes-hommes a appelé ce mardi 28 avril 2026 sur RTL à respecter à la fois la « parole des victimes » et la « présomption d’innocence » dans le cas du chanteur et comédien Patrick Bruel, visé par des accusations de violences sexuelles.
« La première des choses, c’est de respecter la parole des victimes. La deuxième des choses, c’est de respecter la présomption d’innocence. C’est difficile de faire coïncider [les deux] oui, mais en fait cela s’appelle l’État de droit et c’est l’exigence qui est la nôtre […] » a-t-elle déclaré.
« Il n’a pas été condamné »
Elle était interrogée sur le fait que Patrick Bruel, visé par plusieurs enquêtes pour violences sexuelles, joue actuellement une pièce à Paris, Deuxième partie de Samuel Benchetrit, et doit entamer une tournée qui le mènera dans de nombreuses villes françaises, en Suisse, en Belgique et au Canada. Une pétition, soutenue notamment par des associations féministes, demande l’annulation de cette tournée.
Continuer à se produire, « c’est son libre choix, celui de ses producteurs, celui des Français qui viendront ou qui ne viendront pas […] », a estimé Aurore Bergé, soulignant qu’« il n’a pas été condamné puisque pour l’instant c’est une procédure judiciaire qui commence à peine […] ».
Quant à savoir si elle pourrait aller elle-même voir un concert de l’artiste, la ministre déléguée a souligné ne pas savoir répondre à cette question. « Je pense qu’évidemment la place qui est la mienne, en tant que ministre en charge de l’Égalité, fait que ça devient plus compliqué, parce que cela deviendrait un signal politique qui serait interprété par certains si je m’y rendais », a-t-elle dit.
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Le chanteur rejette les accusations
En France, Patrick Bruel, 66 ans, fait l’objet d’investigations pour deux plaintes. L’une est instruite à Saint-Malo (Ille-et-Vilaine) pour viol en marge d’un festival de cinéma en octobre 2012. L’autre a été déposée en mars à Paris pour tentative de viol et agression sexuelle. Ces derniers faits dénoncés par une responsable de la promotion des films français à l’étranger remonteraient à 1997, au Mexique. Une enquête judiciaire a également été ouverte en Belgique après une plainte enregistrée fin mars pour une agression sexuelle présumée à Bruxelles.
Le 18 mars, Patrick Bruel avait assuré à l’AFP, par la voix de son avocat Christophe Ingrain, n’avoir « jamais cherché à contraindre quiconque à un acte sexuel ». Le chanteur « affirme n’avoir jamais outrepassé un refus, jamais forcé à un geste ou un rapport sexuel », selon son conseil.