Abou Dhabi se retirera dès le 1er mai de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep), menée par l’Arabie saoudite, ainsi que de l’alliance Opep+ qui inclut aussi la Russie, a annoncé mardi l’agence de presse émiratie.
« Cette décision reflète la vision stratégique et économique à long terme des Emirats arabes unis ainsi que l’évolution de leur profil énergétique, notamment l’accélération des investissements dans la production d’énergie nationale », explique l’agence Wam.
Le ministre de l’Energie des Emirats a déclaré mardi à Reuters que le fait de quitter l’Opep et l’Opep+ offrait à Abou Dhabi une certaine souplesse, le pays n’ayant plus aucune obligation envers le groupe. Il a précisé que les Emirats n’avaient pas consulté directement d’autres pays, ni l’Arabie saoudite, avant de prendre cette décision.
Coup dur pour l’unité de l’Opep
Le retrait surprise des Emirats arabes unis, membre depuis 1967 de l’organisation fondée en 1960, pourrait semer le désordre et affaiblir le cartel, qui s’efforce en général de présenter un front uni malgré des désaccords internes sur toute une série de questions allant de la géopolitique aux quotas de production.
Les pays producteurs de l’Opep du Golfe ont déjà du mal à acheminer leurs exportations via le détroit d’Ormuz, une voie navigable au large de l’Iran par laquelle transite habituellement un cinquième du pétrole brut et du gaz naturel liquéfié mondiaux.
Ce détroit a été fermé de fait par l’Iran peu de temps après la guerre déclenchée contre lui par les Etats-Unis et Israël le 28 février, ce qui a fait flamber les cours du brut et crée de grosses incertitudes sur les perspectives mondiales.
Un succès pour Donald Trump
Ce retrait des Emirats de l’Opep représente une grande victoire pour le président américain Donald Trump, qui a accusé l’organisation de « voler le reste du monde » en gonflant les prix du pétrole.
La décision des Emirats intervient alors que le pays, plaque tournante commerciale régionale et l’un des alliés les plus importants de Washington, a reproché aux autres Etats arabes de ne pas en avoir fait assez afin de les protéger contre les nombreuses attaques iraniennes depuis le début de la guerre.
Rôle de l’Arabie saoudite fragilisé
Jorge Leon, analyste chez Rystad, a estimé que le retrait des Emirats arabes unis de l’Opep et de l’Opep+ marque un tournant important pour l’organisation. « Avec l’Arabie saoudite, c’est l’un des rares membres à disposer d’une capacité de réserve significative, le mécanisme par lequel le groupe exerce son influence sur le marché. »
« Si les effets à court terme pourraient être limités compte tenu des perturbations actuelles dans le détroit d’Ormuz, l’implication à plus long terme est un affaiblissement structurel de l’Opep », a-t-il ajouté.
« En dehors du groupe, les Emirats arabes unis auront à la fois la motivation et la capacité d’augmenter leur production, ce qui soulève des questions plus larges quant à la pérennité du rôle de l’Arabie saoudite en tant que stabilisateur central du marché et laisse présager un marché pétrolier potentiellement plus volatil à mesure que la capacité de l’Opep à lisser les déséquilibres de l’offre diminue », a poursuivi Jorge Leon.
Contenu externe
Ce contenu externe ne peut pas être affiché car il est susceptible de collecter des données personnelles. Pour voir ce contenu vous devez autoriser la catégorie Services Tiers.
Accepter Plus d’info
agences/miro