Opinion

Berne voit le mur, mais accélère

Alors que la menace d’un oui à l’initiative «Pas de Suisse à 10 millions!» plane, Berne refuse en plus de rendre le secteur des soins plus attractif. Irresponsable.

Julien Culet Éditorial Publié aujourd’hui à 20h07

En cultivant les contradictions autour des soins infirmiers, la majorité bourgeoise joue un jeu dangereux à Berne. La Suisse vieillit et a donc un besoin accru en personnel soignant, et pourtant, le parlement refuse de rendre le secteur plus attractif. C’est irresponsable.

Et ce d’autant plus que notre sondage révèle que l’initiative de l’UDC «Pas de Suisse à 10 millions!» penche actuellement vers le oui. Dans ce contexte, en prenant en compte le vote de ce mardi, on pourrait bien arriver au «chaos dans les soins» prédit par les opposants de l’UDC.

L’alerte quant à un manque de main-d’œuvre, dans les EMS en particulier, est identifiée depuis des années. Or, les vraies mesures tardent à arriver. La réforme des soins infirmiers devait apporter des solutions, mêmes limitées. En diminuant le nombre d’heures travaillées notamment, il s’agissait d’alléger un peu la tâche d’hommes et de femmes sous pression. Augmenter la compensation des jours fériés et des dimanches constituait une autre reconnaissance bienvenue. L’essentiel a été balayé.

On peine à former davantage dans notre pays dans le secteur et cela ne va donc pas s’arranger. Et en limitant l’arrivée de personnel étranger lorsque la population atteindra 9,5 millions d’habitants, le texte de l’UDC devrait créer une pénurie importante dans les soins.

Comment imaginer que l’on résolve durablement le problème de la formation indigène quand on refuse des mesures relativement peu coûteuses? Nous nous dirigeons vers un mur et la majorité de droite semble vouloir accélérer plutôt que de l’éviter.

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Julien Culet est responsable de la rubrique Suisse-Monde-Economie et rédacteur en chef adjoint ad interim de «24 Heures». Il a rejoint la rubrique Suisse en 2018 en tant que correspondant à Genève pour «Le Matin Dimanche». Il a auparavant travaillé durant 5 ans au sein de la rédaction du «20 minutes». Plus d’infos @JulienClt