En France, au bout de près de six mois de travaux sous haute tension, les députés de la commission d’enquête sur l’audiovisuel public ont adopté lundi le rapport de leur collègue Charles Alloncle, allié du Rassemblement national. Le document de 400 pages, critiqué par la gauche, propose de couper un quart du budget de l’audiovisuel public français.

Après plus de quatre heures d’une réunion électrique à huis clos et plusieurs suspensions, les députés se sont prononcés pour ce rapport par 12 voix contre 10, selon plusieurs participants.

Ainsi ce document de près de 400 pages pourra être rendu public dans une semaine. « Il a fallu un certain nombre de compromis » pour « arriver à un vote favorable » et « ça n’a pas été chose aisée », a réagi Charles Alloncle sur BFMTV. « Ca s’est joué à très peu de choses ».

La gauche ne reste pas l’arme au pied. « Nous engagerons la bataille ligne après ligne pour montrer l’incohérence des propos », a lancé l’Insoumis Aurélien Saintoul devant la presse. Et la socialiste Ayda Hadizadeh de renchérir: « L’Assemblée nationale doit être crédible ».

Proposition de fusion entre France 2 et France 5

Mais aux yeux de François-Xavier Ceccoli (LR), qui s’est prononcé pour, « les Français attendaient ce rapport ». Ce vote « ne veut pas dire que le document est partagé dans son intégralité ».

Les élus RN ont également approuvé le document. « En démocratie, le peuple français a le droit d’être informé avec transparence sur l’usage qui est fait de son argent », a relevé sur X le président du parti, Jordan Bardella, se félicitant d’une « victoire pour les contribuables ».

Contenu externe

Ce contenu externe ne peut pas être affiché car il est susceptible de collecter des données personnelles. Pour voir ce contenu vous devez autoriser la catégorie Réseaux sociaux.

Accepter Plus d’info

Plusieurs des quelque 80 recommandations faites par Charles Alloncle ont déjà été évoquées dans la presse, dont la suppression de la chaîne jeunesse France 4 et de la radio Mouv’, ainsi qu’une fusion de France 2 et France 5.

Plus d’un milliards d’euros de coupes

L’ensemble des mesures d’économies permettrait de dégager plus d’un milliard d’euros, soit un quart des crédits alloués par l’État à l’audiovisuel public. La somme serait affectée à « l’entretien du patrimoine » de l’État et au désendettement du pays.

Au-delà de ces propositions choc, les députés hésitaient à donner leur feu vert au rapport en raison du « ton » employé, selon eux, par Charles Alloncle.

« Il ne cède rien » et « assume tout », dont les « insinuations » envers les responsables auditionnés, avait souligné à l’AFP un membre du bloc central durant la réunion de la commission lundi.

Quelques retouches acceptées

Mais l’élu du parti d’Éric Ciotti a finalement accepté quelques retouches, ce qui a fait que les élus Renaissance se sont abstenus sur le document au lieu de voter contre.

Charles Alloncle avait estimé plus tôt sur X que « certains députés tentent d’imposer leurs conditions par le chantage, au mépris de révélations accablantes sur le fonctionnement, le financement et la neutralité de l’audiovisuel public ».

Parmi les autres mesures préconisées, Charles Alloncle propose de soumettre les figures de la télévision et de la radio publiques à une stricte neutralité, et de revenir à la nomination des dirigeants de France Télévisions et Radio France par l’Élysée. Mais il ne met pas sur la table l’option d’une privatisation de l’audiovisuel public, que soutient le RN.

hkr avec agences