Superstar , dernier single de l’artiste de 23 ans, rompt avec le style mélancolique et les paroles profondes du rappeur. « J’avais à cœur de montrer que je pouvais être polyvalent, que je pouvais sortir de ma zone de confort en étant plus incisif », explique Alan Née, alias AL.
Bien que l’artiste, avec ce dernier titre, continue d’aborder des thèmes qu’il évoque régulièrement dans ses chansons, comme sa vulnérabilité ou le temps qui passe, il met, cette fois-ci, davantage en avant son désir d’être célèbre et l’énergie qu’il est prêt à déployer pour atteindre son objectif.
« Mon rêve est de vivre de ma passion et je suis convaincu que je pourrai y arriver si je continue à persévérer. Mon souhait était donc, avec Superstar , de faire passer ce message », souligne-t-il. L’instrumentale, à la fois grave et chaude, crée une ambiance ténébreuse, contrastant avec la voix aiguë du rappeur. Quant aux percussions, utilisées par intermittence, elles dynamisent le tout.
Un album « mélancolique, sombre, mais aussi teinté d’espoir »
AL, qui apprécie de diffuser chaque année de nouveaux projets, sortira son premier album à l’automne prochain. « Je l’ai appelé Les enfants des louves, car Saez dit qu’ils sont les progénitures du chaos, de la douleur », déclare-t-il. Un titre qui prend tout son sens pour le Pontissalien, dont le parcours de vie, marqué par de nombreuses épreuves, l’a conduit à faire du rap, son exutoire. L’album, composé de 14 titres, révèle les nombreuses facettes du jeune homme. « Il est mélancolique, sombre, mais aussi teinté d’espoir. » Ce projet, qu’il a débuté en janvier, se veut plus technique et philosophique que ses précédents ouvrages. « J’ai étoffé mon champ lexical et intégré davantage de figures de styles dans ces futurs morceaux », poursuit-il.
Un genre musical à la croisée des styles
« Mon style est avant tout l’émo-rap. » Ce genre musical, dont l’esthétique des clips est souvent brutale et les thématiques assez sombres (nihilisme, dépression, solitude…), connaît son apogée, en 2010, avec des artistes américains comme Lil Peep ou XXXtentacion. « Mon album porte surtout un message d’espoir pour montrer qu’il est possible de transformer la douleur en force, même le genre musical auquel il appartient aborde généralement des thèmes difficiles », affirme-t-il. Son projet, construit comme un cycle émotionnel, entre survie, égo, chute et reconstruction, met en exergue une évolution, plus qu’une simple succession de morceaux.
Plusieurs titres, comme Little boy, Tarifé ou encore Tout recommence, s’intègrent aux différentes parties qui structurent l’album. « Mon projet est conçu en trois parties : il y a une montée en puissance au début, puis l’acmé, et enfin, une redescente », confie AL. Tandis que Little boy ouvre le projet en abordant les éléments qui construisent un enfant ayant vécu dans un environnement compliqué, Tarifé se place dans la deuxième phase, axé « ego trip ». « L’auditeur doit comprendre que, même si j’ai plus d’assurance aujourd’hui qu’avant, je conserve quand même des fissures, et je continue de me transformer ». Quant au dernier titre, Tout recommence, il clôture l’album, démontrant que, malgré le cheminement réalisé, la vie est un éternel recommencement.