Peut-être l’avez-vous déjà aperçue à la télévision ? Peut-être avez-vous applaudi l’une de ses pièces de théâtre ? Ou peut-être avez-vous ri lors de ses spectacles de clown ? Julie Schotsmans est une comédienne ayant plusieurs cordes à son arc. « Une artiste, c’est jamais un seul métier », assure la Morlaisienne.

Actrice dans L’Or bleu

Dernièrement, elle a obtenu un rôle dans la série télévisée française L’Or bleu, dont les premiers épisodes seront diffusés à partir du 7 mai, sur France TV. « Je serai plus douce que dans mes autres rôles, où je suis davantage brutale », partage-t-elle. Née à Brest, elle a vécu une « enfance maritime » et « très libre » à Morlaix, où ses parents habitaient.

Dès son plus jeune âge, la quadragénaire rêvait d’une carrière d’artiste. « Mais mes parents n’en avaient pas trop envie. Ça leur faisait un peu peur car, en province, on n’a pas connaissance du chemin à parcourir ». Elle se lance alors en licence de psychologie, à Brest. « Puis je suis montée à Paris… J’avais 21 ans. Pour les rassurer, je leur ai dit que je ferai une école de communication. Mais j’ai aussi commencé à prendre des cours de théâtre », narre Julie Schotsmans.

D’autres séries

Son premier casting, elle s’en rappelle parfaitement. C’était de la danse. « C’est une troupe qui dansait au Disney village. Ils cherchaient des profils à la Britney Spears. À l’époque, c’est vrai que j’avais l’air d’une petite blondinette. Et je l’ai décroché, c’était la grosse joie ! »

Castings, danse, théâtre… Tout en travaillant en parallèle, en open space, en tant que chef de projet événementiel, Julie Schotsmans mène « une vie à mille à l’heure ». Elle obtient un « super rôle » de flic dans la série Commissariat Central, entre 2016 et 2017, où elle joue avec son « poteau » Vinnie Dargaud. Elle décrochera également quelques « guests » dans Scène de ménage, notamment avec le couple Audrey Lamy/Loup-Denis Elion ou encore Claire Chust/Vinnie Dargaud. Et bien d’autres pièces et productions…

La révélation de l’univers du clown

Une « révélation » va s’imposer dans sa vie : l’univers du clown. « J’ai toujours eu une attirance pour cet art mais je n’avais jamais trouvé le temps. Là, en 2018, c’était le moment. Je trouve que c’est un art majeur, extrêmement dense. C’est très poétique ! Et pour le coup, le clown est mal connu du grand public. Les gens vont au théâtre, au ciné, en concert… Lui reste niche. Il a une mauvaise réputation dans l’inconscient collectif ».

Des sources d’inspirations, elle en a « tellement », à commencer par Fred Blin ou le Slava’s Snowshow, « des clowns fabuleux ».

La comédienne s’est lancée officiellement dans l’art du clown en 2018. Elle juge son univers « très poétique ».La comédienne s’est lancée officiellement dans l’art du clown en 2018. Elle juge son univers « très poétique ». (Claire Boyer)

Le week-end des 16 et 17 mai 2026, de 10 h à 17 h, elle organise son premier atelier clown à Morlaix, à La Barge au 34, route de Paris. « J’ai super hâte de rencontrer les clowns d’ici », s’impatiente l’artiste, qui dispense déjà son art en France et bientôt en Belgique. Ce stage est accessible sur inscription (150 €), et requiert « un minimum d’expérience de la scène ». Objectif : « approfondir le travail de clown ».

En ce mois d’avril, l’artiste a posé ses bagages à Carantec le temps d’une résidence de création pour bosser le « solo burlesque » qu’elle va présenter au Festival d’Avignon. Dans sa création originale, elle incarne neuf personnages différents pour aborder des « sujets d’actualité et féministe » avec une touche d’humour. Un projet qu’elle développe depuis près de dix ans.

« Un retour à la mer »

« Ça fait 25 ans que je suis à Paris, mais je suis un peu fatiguée de vivre en ville. Ce sont des agités du bocal, plaisante Julie Schotsmans. J’ai envie d’un retour à la mer… À mon avis c’est pour bientôt. J’ai à cœur de revenir dans ma région car c’est là que j’ai grandi. J’ai fait mes premiers pas à Carantec, sur un bateau. » Mais « difficile d’être intermittent quand tu es en province », constate encore la comédienne.

Dans la Cité du viaduc, l’actrice rêve d’enseigner l’art du clown, écrire un recueil de poèmes, lancer son podcast ou encore performer son solo burlesque – celui préparé pour le festival d’Avignon – sur les planches du Théâtre de Morlaix. « J’y ai dansé de mes 5 à 15 ans. C’étaient mes premiers pas sur scène, lors des ballets classiques de fin d’année, se remémore-t-elle. Et puis ses odeurs, quand j’étais petite et que j’étais en tutu. Je suis hyper attachée à ces premières sensations d’artiste naissante. »