Opinion

Non à une Suisse à 10 millions

Jason Detraz, élu UDC à Versoix, tire la sonnette d’alarme face à la croissance démographique. Il appelle à remettre le contrôle entre les mains du peuple avant qu’il ne soit trop tard.

Commentaire

Jason Detraz- président du Conseil municipal de Versoix, président des Jeunes UDC Genève, membre du CoDir UDC Genève

Publié aujourd’hui à 07h21

On nous explique que la Suisse doit continuer à grandir. Toujours plus. Toujours plus vite. Parce que «l’économie le demande», parce que «la main-d’œuvre manque», parce que «la prospérité dépend de l’ouverture».

Très bien. Mais une question simple demeure: qui paie la facture? Pas les experts. Pas les lobbys. La population. Et surtout la classe moyenne.

Dans les communes, la réalité n’a rien d’abstrait. Elle se vit chaque jour: loyers hors de prix, files interminables pour visiter un appartement, trains pleins, routes saturées, Urgences sous pression, classes qui débordent. On nous parle de croissance. Nous, nous voyons surtout la qualité de vie reculer.

C’est pour cela que l’UDC a lancé l’initiative «Non à une Suisse à 10 millions!» Pas pour «fermer» le pays, caricature paresseuse, mais pour remettre une évidence au centre du débat: la Suisse n’est pas extensible.

Les critiques disent: «Votre initiative menace la prospérité.» Mais la vraie menace est déjà là: une Suisse qui sature, et qui continue pourtant à accélérer.

Et derrière tout cela, il y a un mensonge confortable: «Plus de monde = plus de richesse.»

Si c’était vrai, pourquoi tant de familles ont-elles le sentiment de s’appauvrir? Pourquoi le logement devient-il un luxe, même pour ceux qui travaillent? Le PIB peut progresser pendant que la vie quotidienne se dégrade. La croissance n’est pas une politique. C’est un réflexe.

On nous brandit ensuite l’argument de la main-d’œuvre: «On n’a pas le choix.» Faux. Le choix existe.

À force d’utiliser l’immigration comme roue de secours permanente, on évite les vraies décisions: mieux former, moderniser, améliorer les conditions de travail, gagner en productivité. Et surtout, on oublie une réalité élémentaire: chaque hausse de population exige du concret. Des logements. Des routes. Des écoles. Des crèches. Des soins. De la sécurité. De l’énergie. Tout cela coûte. Tout cela prend du temps. Et tout cela repose sur un territoire limité.

Le pire, c’est la spirale. Plus de population, c’est plus de besoins. Plus de besoins, c’est plus de postes. Plus de postes, c’est encore plus d’immigration. Un cercle sans fin.

Résultat: on construit la Suisse comme on colmate une fuite. Après coup. Dans l’urgence. Et toujours trop tard.

Notre initiative remet le contrôle là où il doit être: dans les mains du peuple, pas dans celles des milieux qui vivent de la croissance sans limite. Ce n’est pas une initiative contre des personnes. C’est une initiative pour la Suisse. Pour son niveau de vie. Pour ses infrastructures. Pour sa cohésion. Pour son identité. Pour sa souveraineté.

Une Suisse à 10 millions, c’est une Suisse qui ne respire plus. Et une Suisse qui suffoque, c’est une Suisse qui meurt.

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