Le géant bancaire UBS a engrangé un bénéfice net de 3,0 milliards de dollars au premier trimestre, tirant profit d’une activité de la clientèle solide et d’afflux de capitaux. Cela correspond à une hausse de 80% sur un an. L’intégration de son ancienne rivale Credit Suisse est en bonne voie pour être terminée d’ici la fin de l’année, a précisé l’entreprise zurichoise mercredi.

La banque a profité d’afflux dans la gestion de fortune et dans celle d’actifs, avec respectivement 37 et 14 milliards de dollars d’afflux d’argent nouveau sur les trois premiers mois. Le produit d’exploitation atteint 14,24 milliards de dollars, en hausse de 13% sur un an.

Le transfert des comptes en Suisse sur la plateforme UBS est terminé, ce qui permet de confirmer la finalisation de l’intégration de Credit Suisse d’ici la fin de l’année. Des économies de coûts supplémentaires de 0,8 milliard ont été réalisées.

La banque se dit confiante pour atteindre ses objectifs en 2026. En ce début de deuxième trimestre, l’activité de la clientèle reste robuste, alors que les marchés reflètent l’espoir d’une solution diplomatique durable du conflit au Moyen-Orient. Le revenu net d’intérêt est attendu au même niveau que celui du trimestre précédent.

Tension extrême avec Berne

La publication de ces résultats intervient dans un contexte de tension extrême entre la grande banque et les autorités fédérales. Trois ans après le rachat dans la précipitation de Credit Suisse, un tour de vis réglementaire pend au nez d’UBS devenue la seule banque systémique d’importance internationale en Suisse. Le Conseil fédéral a transmis la semaine dernière un projet de loi au parlement qui exige une couverture en fonds propre à 100% des filiales étrangères des banques «trop grandes pour faire faillite».

Des investisseurs fébriles face à la perspective d'un renforcement des fonds propres d'UBS (Lignes)

La banque aux trois clés qui devrait augmenter ses fonds propres de quelque 20 milliards de dollars argue qu’une telle mesure nuira à sa compétitivité internationale. Le texte sera examiné le 4 mai par la commission de l’économie et des redevances du Conseil des Etats. Le travail en plenum débutera durant la session d’été au mois de juin.

Développement suit

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Comprendre la question des fonds propres durs de la «Lex UBS»

Publié le 22 avril 2026 à 16:00. / Modifié le 22 avril 2026 à 16:25.

Appelés aussi CET1, les fonds propres durs doivent permettre à une banque de faire face à de potentielles pertes et de maintenir sa stabilité en période de crise. Il s’agit du capital de la meilleure qualité, c’est-à-dire essentiellement d’actions ordinaires et de réserves accumulées, grâce auxquelles un établissement en difficulté peut demeurer en activité.

Via la «Lex UBS», les autorités fédérales veulent qu’UBS dispose de suffisamment de fonds propres durs pour couvrir l’intégralité de la valeur de ses filiales à l’étranger. Le but est d’éviter qu’en cas de problème majeur tous les risques soient portés par la maison mère en Suisse.

Actuellement, UBS doit couvrir environ 45% de la valeur comptable de ses filiales à l’étranger au moyen de CET1. Si la valeur de sa filiale européenne, par exemple, diminue de 1 franc, seuls 45 centimes pourront être absorbés, et 55 centimes resteront à la charge de la maison mère helvétique, ce qui pourrait la déstabiliser. Avec la proposition du Conseil fédéral, ces risques seront supportés par les actionnaires de la banque, et non par les contribuables, comme ce fut le cas avec Credit Suisse.

UBS s’est beaucoup développée à l’international. Ses filiales américaines sont nettement plus importantes que ses entités suisses et présentent un risque notable pour la maison mère helvétique en cas de difficulté. L’établissement zurichois est aussi l’unique banque systémique globale dont le bilan représente quasiment le double du produit intérieur brut du pays où se trouve son siège.

Un rappel des faits

En mars 2023, la chute spectaculaire de Credit Suisse

Publié le 10 mars 2025 à 15:28. / Modifié le 16 mars 2025 à 20:47.

Après des années de scandales divers, le sort de la deuxième banque du pays s’est précipité en mars 2023. Le vendredi 10, une panique bancaire provoque la faillite de la Silicon Valley Bank, jetant le secteur tout entier dans la tourmente.

Le mardi 14, des propos sévères du directeur de Saudi National Bank, principal actionnaire de Credit Suisse, qui n’envisage pas de soutenir davantage la banque, mettent le feu aux poudres: son action, déjà en berne, chute de 25% le lendemain pour atteindre son plus bas niveau historique.

L’intervention de la Banque nationale suisse et de la Finma calme temporairement le jeu, mais le mal est fait, et des négociations s’engagent avec la Confédération et UBS. Le 19 mars, le couperet tombe: le Conseil fédéral annonce le rachat et l’absorption de Credit Suisse par son principal concurrent.

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