La Commission de gestion du Grand Conseil a dévoilé mercredi son habituel rapport annuel sur le fonctionnement de l’Etat de Vaud. Elle épingle Valérie Dittli, regrettant ses « vérités alternatives ».
Le passage en revue assez rapide des sept départements cantonaux a cédé la place à une multitude de questions, visant notamment la conseillère d’Etat centriste, après que la présidente de la Commission de gestion (COGES) Oriane Sarrasin a parlé de « tentatives d’ingérence » de la conseillère d’Etat Valérie Dittli sur le rapport annuel et les remarques de la commission.
« Ces tentatives d’ingérence concernent une volonté de modifier certains faits ou remarques, de s’y opposer en évoquant des justifications ou des preuves qui ne nous parviennent finalement jamais, bref, d’imposer un narratif », a expliqué Oriane Sarrasin. « Cette pratique n’existe pas avec les autres membres du gouvernement. C’est la seule ministre qui agit ainsi », assure la députée socialiste.
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Si la présidente de la COGES n’a pas souhaité reprendre le terme de « mensonges » utilisé vendredi dernier par le Conseil d’Etat à la suite du rapport Meylan, elle a néanmoins admis que la commission avait fait face à « des versions contradictoires, des informations lacunaires ou vagues ». Elle a plutôt pointé du doigt des « vérités alternatives ».
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Année 2025 très mouvementée
Plus globalement, Oriane Sarrasin a relevé à quel point « l’année 2025 avait été très particulière et mouvementée, et c’est un euphémisme ».
Affaire Dittli, rapport Studer, bouclier fiscal, rapport Paychère, dysfonctionnements, tensions budgétaires ou encore démission de Rebecca Ruiz: les institutions ont subi de « fortes turbulences ».
Et pour résumer, la COGES souligne « la nécessité de renforcer l’agilité de l’Etat pour faire face aux changements, retrouver la stabilité et assurer les prestations à la population ». « Davantage de coordination et de transparence entre les entités étatiques et en leur sein sont indispensables ».
Fonctionnement en silo
La réorganisation départementale en cours de législature – « nécessaire » selon la COGES – a mis en exergue une problématique structurelle récurrente relevée par la commission depuis plusieurs années: l’Etat fonctionne trop en silo. Par exemple, des dossiers pourtant déjà bien avancés ont « généré des surcroîts de travail et subi des retards lors de leur transmission entre départements ».
« Dans certains cas, cela freine même des projets de décrets ou de lois. C’est une perte d’énergie, de temps et d’argent », a affirmé Oriane Sarrasin. La commission a aussi jugé trop courts les délais de démission (trois mois) des hauts cadres de l’administration, afin d’assurer la meilleure transition possible à ces postes clés.
ats/ami