Le secrétaire général des Nations unies Antonio Guterres s’est inquiété de la montée « en puissance » des « moteurs » de la prolifération nucléaire. Il s’exprimait en ouverture d’une réunion des pays signataires du traité de non-prolifération nucléaire à l’ONU à New York.
Lors de la dernière conférence de révision de ce traité en 2022, après l’invasion russe de l’Ukraine, le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres avait averti que l’humanité était « à un malentendu, une erreur de calcul de l’anéantissement nucléaire ».
La situation géopolitique mondiale est loin de s’être arrangée depuis et l’issue des quatre semaines de réunions au siège de l’ONU à New York est incertaine.
« Depuis trop longtemps, le Traité oscille entre la vie et la mort. Les engagements ne sont toujours pas tenus. La confiance et la crédibilité s’effritent. Les moteurs de la prolifération montent en puissance. Il nous faut donner une nouvelle vie au Traité », a plaidé Antonio Guterres en ouverture lundi.
Mesures concrètes
« Le succès ou l’échec de cette conférence aura des implications bien au-delà de cette salle et bien au-delà des cinq prochaines années; la perspective d’une nouvelle course aux armements nucléaires plane au-dessus de nos têtes », a pour sa part prévenu le président de la conférence, Do Hung Viet, ambassadeur du Vietnam aux Nations unies.
Le traité, entré en vigueur en 1970 et signé par la quasi-totalité des Etats de la planète à l’exception notamment d’Israël, de l’Inde et du Pakistan, vise à empêcher la prolifération, à favoriser un désarmement complet et à promouvoir la coopération pour l’utilisation pacifique de l’énergie nucléaire.
Un traité « extrêmement malmené »
Pour Emmanuelle Galichet, chercheuse en science et technologies nucléaires au Conservatoire national des arts et métiers à Paris, le traité « est extrêmement malmené ces derniers temps ». Pour autant, elle refuse de conclure à son effondrement. « Je ne dirais pas qu’il est totalement en danger: il reste un pilier de l’ordre juridique mondial et il est signé par quasiment tous les pays », a-t-elle souligné dans l’émission Forum de la RTS.
Il est d’autant plus important qu’il n’y a plus d’accord bilatéral de contrôle des armes entre les deux plus grandes puissances nucléaires depuis l’expiration en février du traité New Start entre la Russie et les Etats-Unis.
>> L’interview d’Emmanuelle Galichet dans Forum :
Le traité de non-prolifération nucléaire est-il en danger? Interview d’Emmanuelle Galichet / Forum / 6 min. / lundi à 18:00
ats/hkr