Le canton du Jura a commémoré mercredi le 50e anniversaire de la séance inaugurale de l’Assemblée constituante, le 12 avril 1976 à l’Eglise Saint-Marcel à Delémont.
Sous la présidence de François Lachat, les 50 constituants ont élaboré en moins d’une année cette charte fondamentale aux accents progressistes. L’Assemblée constituante réunissait des personnalités comme Roger Schaffter ou Roland Béguelin, considérés comme les pères de la patrie jurassienne. Une seule femme en faisait partie, Valentine Friedli.
Les constituants ont bénéficié de l’aide de l’Ordre des avocats pour imaginer cet acte fondateur. Ils devaient élaborer rapidement ce texte, car sans Constitution, le nouveau canton ne pouvait pas exister.
François Lachat acclamé
Mercredi, plusieurs constituants étaient présents dans la salle du Parlement pour célébrer cet anniversaire empreint d’émotion. François Lachat a évoqué dans son discours la genèse de l’Assemblée constituante et rendu hommage aux 35 constituants décédés, ainsi qu’aux militants qui ont permis la création du canton du Jura.
« L’Etat jurassien doit être un Etat uni, solidaire, ouvert au monde, joyeux et fier », a-t-il déclaré à la tribune. « Vive notre jeunesse, dépositaire de l’ensemble de nos ambitions », a conclu cette figure historique jurassienne sous les acclamations des députés et des ministres. L’hommage s’est terminé avec la Rauracienne, l’hymne cantonal.
François Lachat a été ovationné. [RTS – Gaël Klein] Texte progressiste
Comparée aux autres constitutions cantonales, celle du Jura se distinguait par plusieurs nouveautés, comme la création d’un Bureau de la condition féminine et l’octroi de droits politiques aux étrangers. Elle intégrait aussi la protection de l’environnement et prévoyait l’élection à la proportionnelle pour le Conseil des Etats.
Pour le Mouvement autonomiste jurassien (MAJ), cette Assemblée constituante a marqué l’entrée du « peuple jurassien dans l’exercice concret de sa souveraineté, après plus d’un quart de siècle de lutte politique ». Pour son secrétaire général Pierre-André Comte, l’histoire jurassienne ne s’est pas arrêtée avec la Constituante. « Elle est toujours là et nous rappelle notre devoir ».
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ats/vic