Le Parlement du Kosovo a échoué mardi soir à élire un nouveau président du pays dans les délais prévus. Cet échec ouvre la voie à de nouvelles élections législatives, les troisièmes en un peu plus d’un an.

« Cette session a marqué la fin de la législature actuelle. Les élections seront convoquées dans les délais prévus par la Constitution », à savoir au plus tard dans 45 jours, a déclaré à minuit la présidente du Parlement, Albulena Haxhiu.

La crise politique qui secoue le petit pays de 1,6 million d’habitants depuis les élections parlementaires de février 2025 connaît ainsi un nouveau rebondissement. Le vote n’a pas pu avoir lieu faute d’un quorum des deux tiers des députés, à cause du boycott de l’opposition.

Après sa victoire aux législatives anticipées de décembre, le Premier ministre Albin Kurti a formé un nouveau gouvernement en février, mais il n’a pas réussi à forger un compromis avec l’opposition pour faire élire un chef de l’Etat destiné à succéder à Vjosa Osmani, dont le mandat a expiré début avril.

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Albin Kurti est le Premier ministre du Kosovo depuis mars 2021. [KEYSTONE - GEORGI LICOVSKI] Albin Kurti est le Premier ministre du Kosovo depuis mars 2021. [KEYSTONE – GEORGI LICOVSKI]

Le président du Kosovo est élu par le Parlement pour un mandat de cinq ans. Depuis l’expiration du mandat de Vjosa Osmani, l’intérim est assuré par la présidente du Parlement.

Vain appel du Premier ministre

Le poste de président du Kosovo est largement honorifique, mais le chef de l’Etat est le commandant suprême des forces armées et il représente le pays sur la scène internationale.

Chef de Vetëvendosje (autodétermination), formation tenante d’une politique sociale marquée à gauche et d’orientation nationaliste, Albin Kurti, 51 ans, est au pouvoir depuis mars 2021. Dans l’après-midi, il s’est exprimé deux fois en conférence de presse pour appeler l’opposition à « mettre fin au blocage » et à « se présenter à l’assemblée ». « Les blocages n’aident ni les institutions ni l’Etat. Le blocage du Kosovo ne mène nulle part », a-t-il déploré.

La présidente du Parlement devrait dès mercredi matin dissoudre l’assemblée et entamer des consultations pour déterminer une date pour les nouvelles élections législatives. Une procédure déjà menée début mars, mais le décret de Vjosa Osmani avait été annulé par la cour constitutionnelle, qui a accordé aux députés un nouveau délai qui a expiré mardi à minuit.

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Ancienne province serbe

Arrivée en tête aux législatives de février 2025, avec 48 sièges sur 120, Vetëvendosje n’avait alors pas réussi à bâtir une majorité et former le gouvernement.

La formation a amélioré son score (57 sièges) lors d’un nouveau scrutin organisé en décembre et formé une majorité avec des représentants des minorités.

Le Kosovo, dont la majorité de la population est d’origine albanaise, est une ancienne province serbe ayant proclamé en 2008 son indépendance, reconnue par les Etats-Unis et la plupart des pays européens, mais jamais par Belgrade.

ats/jtr