L’humour britannique fait toujours mouche. Le roi Charles III l’a encore démontré mardi 28 avril 2026, lors d’une réception en grande pompe à la Maison-Blanche où il a fait référence aux récentes déclarations de son hôte, Donald Trump, sur l’histoire européenne et américaine. « Vous avez récemment déclaré, Monsieur le Président, que sans les États-Unis, les pays européens parleraient allemand. Oserais-je dire que sans nous, vous parleriez français », lui a adressé le souverain britannique, faisant rire l’assistance. Dans cette brève séquence, on voit le président américain se retourner et esquisser un rire jaune.

La vidéo, partagée sur les réseaux sociaux, a semble-t-il beaucoup amusé Emmanuel Macron. Sur X, le président français l’a commentée, comme une réponse aux propos de Charles III : « Ce serait chic ! »

Un écho aux propos de Washington contre… Raphaël Glucksmann

La réaction du chef de l’État rappelle que la Maison-Blanche avait déjà tenu des propos similaires, en 2025, en répondant à… l’eurodéputé Raphaël Glucksmann. Le cofondateur du parti Place publique avait alors demandé aux Américains de « rendre la statue de la Liberté », offerte par la France aux États-Unis en 1876.

« C’est seulement grâce aux États-Unis d’Amérique que les Français ne parlent pas allemand aujourd’hui, donc ils devraient être très reconnaissants envers notre grand pays », avait déclaré lors d’une conférence de presse la porte-parole de la Maison-Blanche, Karoline Leavitt, en qualifiant l’eurodéputé de « petit homme politique français inconnu ». « Les trumpistes s’inquiètent de perdre la statue de la Liberté, mais on dirait qu’ils ont surtout perdu leur sens de l’humour. Et quand ils s’énervent contre Raphaël Glucksmann, on se dit qu’il a visé juste », avait ensuite réagi Place publique, le parti fondé par l’eurodéputé, sur le réseau social X.

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Un appel à rester fidèles à ses alliés occidentaux

Le roi Charles III et la reine Camilla effectuent une visite d’État aux États-Unis jusqu’au jeudi 30 avril, marquée par un contexte diplomatique tendu entre les deux pays et un programme symbolique et stratégique. Devant le Congrès américain, le roi Charles III a appelé mardi les États-Unis à rester fidèles à leurs alliés occidentaux. « Les défis auxquels nous sommes confrontés sont trop grands pour qu’une nation puisse les affronter seule », a-t-il lancé.

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Lors du dîner de gala à la Maison-Blanche, le souverain a aussi rappelé que « l’histoire de la Grande-Bretagne et de l’Amérique est celle d’une réconciliation, passant d’adversaires aux alliés les plus proches, non sans emprunter, peut-être, les chemins les plus directs ». « Comme vous l’avez vous-même déclaré, Monsieur le Président, lors de votre propre visite d’État au château de Windsor l’an dernier, notre lien est indéfectible, fait d’histoire et d’héritage, de culture et de commerce, d’industrie et d’innovation. Et nous sommes déterminés à affronter l’avenir ensemble », a ajouté Charles III.

Le déplacement a un autre sujet explosif en toile de fond : l’affaire Epstein et l’amitié passée du frère du roi, Andrew, avec le défunt pédocriminel. Les commentateurs guetteront toute allusion, même la plus subtile, à cette affaire qui n’en finit plus de secouer la monarchie britannique.