Alimentation : faut-il mieux protéger les enfants de la malbouffe ? « Ils ne connaissent pas tous forcément les coulisses de l’alimentation »L’obésité n’est pas forcément liée à la malbouffe
Elle explique également que l’obésité chez l’enfant est différente de celle chez l’adulte, notamment parce qu’ils n’ont pas les mêmes besoins nutritifs. “Les enfants sont en croissance, ils sont à risque de carence parce que beaucoup mangent mal. La malbouffe (aliments gras, sucrés et industrialisés) est donc, à la base, un déséquilibre alimentaire”, souligne-t-elle.
Lorsqu’un enfant grossit, c’est que les apports énergétiques sont supérieurs aux dépenses. “Ce n’est pas parce qu’un enfant mange tous les jours un hamburger qu’il va devenir obèse”, affirme la pédiatre.
Alors que la malbouffe affecte la santé, la concentration et la mémoire, les Belges dépensent 1 milliard d’euros dans les fast-foodsGarder un temps pour manger, et s’alimenter lentement
Un élément néfaste pour la santé, au-delà des fast-foods, selon la spécialiste, serait les salades de crabe ou de poulet curry que l’on retrouve au supermarché. “Ces tartinades se mangent très rapidement. Le sandwich est composé de mayonnaise industrialisée, de morceaux de poulets reconstitués et de pain”, dénonce-t-elle. Carole Olive confie, à La Libre, que de nombreux jeunes patients mangent ce type de lunch en six, voire sept minutes.
“Une des causes d’obésité est justement le fait de manger vite et de ne pas faire attention à ce que l’on a dans l’assiette”, déplore la médecin. Carole Olive explique que plus on mange lentement, plus la satiété s’installe.
Si être pressé pour manger peut engendrer de l’obésité chez les enfants qui vont avaler rapidement, pour d’autres enfants qui mangent très lentement, inversement, cela peut provoquer une dénutrition, puisqu’ils n’auront pas beaucoup de temps à table.
Au revoir les tartines fades ! Innovez avec ces cinq idées de lunchs faciles à faire pour vos petits écoliers“L’interdit est contre-productif”
Carole Olive explique également qu’interdire purement et simplement un aliment est contre-productif. “Leur dire qu’ils n’ont pas le droit de manger telle ou telle chose est contre-productif parce que cela crée une frustration et des envies”. “Pour moi, rien n’est interdit dans l’alimentation. On sait que les adolescents voudront aller dans les fast-foods. Accepter qu’ils y aillent, tout en veillant à leur équilibre le reste de la semaine est important”, conscientise-t-elle.
La médecin conseille donc aux jeunes de manger doucement et de poser leurs couverts. “Il est important qu’ils mangent des protéines tous les jours. La viande rouge n’est pas interdite pour eux, contrairement aux adultes. Les adolescents sont en poussée pubertaire et ils ont donc besoin d’énormes apports nutritifs, comme le fer”, conclut Carole Olive.