Dans un long message posté sur les réseaux sociaux, le chroniqueur de Cnews rend un hommage bouleversant.
Serge Côté s’est donc éteint à l’âge de 84 ans. «Son heure était venue, et depuis longtemps, mentalement, ma sœur et moi nous y étions préparés, je crois. J’ai spontanément compris il y a quelques mois, que c’était très probablement notre dernier Noël avec lui. Il souffrait beaucoup plus qu’un homme ne devrait souffrir, et pourtant, il était heureux d’exister. Mais ce moment très particulier, celui de l’appel redouté, qui annonce sa mort, demeure atroce», écrit son fils.
Au cours de ce message poignant, Mathieu Bock-Côté, salue la mémoire d’un homme «droit, loyal, joyeux, un mari aimant, qui ne s’était jamais consolé de la mort de ma mère, d’ailleurs, un père incroyable, généreux, soucieux de transmettre (sa bibliothèque était impériale), de nous rendre heureux, tout simplement, un père comme je n’en ai jamais vu».
Il raconte également que c’est à lui qu’est dédié son dernier livre, Le pessimiste joyeux. «Pour la petite histoire, le titre de mon dernier livre, […] où je parle beaucoup de lui, était une manière de lui rendre hommage. J’espère avoir été capable de lui rendre hommage de son vivant. Ma sœur, Mélissa, qui s’est magnifiquement occupée de lui ces dernières années, lui avait offert le bonheur immense de devenir grand-père», raconte-t-il.
« Je sais grâce à lui ce que veut dire la fierté d’être un fils »
Mathieu Bock
Enseignant en histoire du Québec, son père lui aura transmis la passion pour sa région d’origine, le Québec. «Il avait connu Raymond Barbeau, Maurice Séguin, Michel Brunet. Séguin fut son maître et il demeura toute sa vie fidèle à son enseignement. J’ai souvent regardé avec lui le documentaire Le chemin du Roy, qui racontait la visite du général de Gaulle au Québec, en 1967. Il avait chaque fois les larmes aux yeux, et moi aussi. Je suis convaincu d’une chose : si le Québec existe encore aujourd’hui, c’est qu’à chaque génération, on a trouvé quinze hommes comme lui pour le porter sur leurs épaules. Je suis triste qu’il n’ait pas vu l’indépendance. Je penserai à lui quand elle arrivera», se projette-t-il.
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La carrière et les engagements de Serge Côté ont marqué son fils qui parle de lui comme son «modèle». Il se souvient également qu’il «incarnait les vraies vertus, celles qui font d’un homme un homme. Ma mère, quand j’étais jeune, m’appelait Petit Serge, et je m’en suis toujours réjoui. Je sais grâce à lui ce que veut dire la fierté d’être un fils. Je lui dois tout. Il me manquera énormément», signe-t-il enfin.