Le chorégraphe lausannois Philippe Saire fête les 40 ans de sa compagnie. À cette occasion, RTS 1 diffuse ce 30 avril le documentaire ‘Bouger les cadres’, de Pierre-Yves Borgeaud. Ce film retrace quatre décennies de création et 60 spectacles d’une des figures majeures de la danse contemporaine en Suisse romande.
Philippe Saire, qui a débuté comme instituteur avant de se consacrer à la danse, a marqué le paysage culturel lausannois. En 1985, il fonde le Théâtre lausannois de Sévelin 36, un lieu devenu central pour la danse contemporaine en Suisse romande. Il a également initié des événements comme les Printemps de Sévelin, un festival mêlant jeunes compagnies internationales et artistes suisses, ou encore les Quarts d’heure de Sévelin, qui offrent une plateforme aux jeunes chorégraphes.
Du métier d’instituteur à la chorégraphie
Le parcours de Philippe Saire vers la chorégraphie s’est construit progressivement. Après quelques années d’enseignement, il se tourne vers la danse. « Je pense avoir un côté constructeur, explique-t-il dans l’émission Vertigo du 28 avril. J’ai monté un théâtre, une salle de répétition, suscité des associations. Peut-être aussi que c’est lié à ce passé d’instituteur. »
Son passage à la chorégraphie se fait naturellement, après une année passée à Paris comme danseur. « Je me disais: ‘Ah tiens, ça, je ne le ferai pas tout à fait comme ça, moi.’ Et puis au bout d’un moment, je me suis dit: ‘Bah mon vieux, alors fais-le!' »
Une approche scénographique pluridisciplinaire
Au fil des ans, Philippe Saire se réinvente, explorant de nouveaux langages artistiques. Il mêle la danse à d’autres disciplines comme les arts visuels et le théâtre. « Je déteste la répétition, confie le chorégraphe. C’est un peu une phobie, mais c’est aussi ce qui m’a fait tenir ce temps-là et puis continuer. C’est cette envie d’explorer de nouvelles pistes, de nouveaux champs. »
Cette quête d’innovation l’a conduit à créer des dispositifs scéniques uniques, où lumière et scénographie jouent un rôle central. Son approche, marquée par une attention particulière au clair-obscur et aux découpages de lumière, reflète son intérêt pour les arts plastiques. « Les séries de dispositifs ont aussi permis de faire, grâce à la lumière, ce qu’on ne peut pas forcément faire sur un plateau, mais qui vient par exemple du cinéma. C’est-à-dire tout d’un coup de faire un gros plan, de se dire: la focalisation du regard, je vais la mettre sur ça, sur cet endroit-là, précis. » Pour le chorégraphe, « la lumière, c’est un outil créatif vraiment extraordinaire. »
Pour cet automne, Philippe Saire prépare une nouvelle création intitulée ‘D’aplomb’. Ce spectacle participatif impliquera le public, une première pour l’artiste, qui souhaite explorer de nouvelles interactions entre spectateurs et interprètes. Quarante ans après sa création, la Compagnie Philippe Saire continue ainsi d’explorer de nouveaux territoires artistiques, portée par la même énergie qui animait son fondateur lors de sa première chorégraphie, ‘Encore Tauride’, présentée aux ‘Mardis de la danse’ en 1986 à l’Opéra de Lausanne.
Propos recueillis par Pierre Philippe Cadert
Adaptation web: Sébastien Foggiato
‘Bouger les cadres’ de Pierre-Yves Borgeaud, 2026, à voir sur RTS 1 le 20 avril à 23h25.