«E quando troverò, giusti Numi, un’anima fedel?» («Et quand trouverai-je, ô dieux, une âme fidèle?»). Cette interrogation de l’empereur Titus, isolée dans son dernier monologue, résonne à l’Opéra de Zurich presque comme un arrêt de mort. Vitellia vient de lui avouer sa culpabilité dans le coup d’Etat fomenté par son ami intime, Sesto.
Œuvre de circonstance commandée pour le couronnement de Léopold II, La Clémence de Titus est traditionnellement vue comme l’exaltation de la mansuétude souveraine face à la trahison, consolidant l’image d’un monarque éclairé émergeant des cendres de la révolution. Mais dans l’œil du metteur en scène Damiano Michieletto (dont le premier long métrage, Vivaldi et moi, est à l’affiche depuis mercredi), comme le théorisait déjà Machiavel à la Renaissance, cette clémence ne conduirait le prince qu’à sa ruine, car la morale est hors du champ de la politique.