DISPARITION – Le peintre et dessinateur contemporain est-allemand avait été élu à l’Académie des beaux-arts en 2019.
Le peintre, dessinateur, graveur et sculpteur allemand Georg Baselitz est mort à l’âge de 88 ans, ont annoncé jeudi 30 avril les principaux médias allemands. Cet artiste contemporain majeur, né dans l’Allemagne nazie et qui a grandi sous le régime totalitaire d’Allemagne de l’Est, laisse une œuvre s’étalant sur six décennies, se jouant de toutes les techniques sur très grands formats.
Ce colosse aux yeux très bleus est né Hans-Georg Bruno Kern en 1938 à Deutschbaselitz, en Saxe, sous le IIIe Reich dans ce qui deviendra l’Allemagne de l’Est à partir de 1949. Il passe son adolescence dans la zone occupée par l’Union soviétique, puis il ira étudier et vivre en Allemagne de l’Ouest. D’abord admis en 1956 à la Haute École des arts visuels et des arts appliqués à Berlin-Est, il s’installe en 1958 à Berlin-Ouest. Là il rencontre sa future femme, Elke Kretzschmar, qu’il célèbre par une série de portraits actuellement à la galerie Ropac de Pantin.
C’est en 1969 qu’il débute son travail sur le renversement du motif dont le premier tableau sera Der Wald auf dem Kopf (La Forêt sur la tête): personnages, arbres, maisons et autres sujets de son répertoire sont dès lors retournés pour affirmer la primauté du regard sur le sujet. Sa manière est puissante. Comme au Moyen Âge, ses nus parlent de la condition humaine et du temps.
La littérature française, Antonin Artaud et Marcel Proust m’ont aussi grandement influencé
« Paris fut mon premier voyage à l’étranger en compagnie de ma femme Elke. C’était dans les années 1950, nous étions de jeunes étudiants, confiait Baselitz en 2019. Dans les galeries, j’ai vu de l’art dont je n’avais jamais entendu parler en Allemagne et que je n’avais jamais vu auparavant. Ces expériences ont façonné mon travail et elles m’influencent encore aujourd’hui. Ce sont des musées français qui ont été les premiers à acheter mes peintures et à les avoir exposées, comme la Bibliothèque nationale de France, qui a présenté une exposition de mes œuvres dès 1985. Ont suivi en 1996 et 2011 des expositions au Musée d’art moderne de la Ville de Paris. La littérature française, Antonin Artaud et Marcel Proust m’ont aussi grandement influencé et je trouve la musique de Pierre Boulez excellente. »
Le grand peintre allemand a été élu à l’Académie des beaux-arts en 2019, succédant au cinéaste polonais Andrzej Wajda.
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