Le chanteur, compositeur et multi‑instrumentiste canadien Taylor Kirk, figure marquante d’une scène folk ténébreuse au sein de Timber Timbre, est décédé subitement le 14 avril dernier à l’âge de 44 ans. Hommage à une voix envoûtante obsédée par la disparition.

Songwriter tourmenté, Taylor Kirk s’est distingué sous nos cieux dès le début des années 2010 avec quatre excellents enregistrements. Après la folk-soul déchirante d’un premier album éponyme, suivi en 2011 de la pop hantée de ‘Creep On Creepin’ puis du folk-rock intensément alangui de ‘Hot Dreams’ en 2014, ce Timber Timbre qui avait enregistré ses premières chansons en 2006 déjà (‘Cedar Shakes’) dans une cabane de bûcheron pour capter le « timbre du bois » délivrait ‘Sincerely, Future Pollution’. Une partition aussi lancinante que trouble qui confirmait l’humeur sombre du Canadien hanté par les thèmes de la fuite et de la disparition.

Le chanteur et guitariste angoissé y distillait à nouveau son vibrato grave sur quelques synthétiseurs tour à tour inquiétants et étoilés, avec un chant qui semblait cette fois émaner des profondeurs terrestres, comme ce ‘Sewer Blues’ (‘Blues des égouts’) distillé en préambule.

Un répertoire moins fiévreux, sensuel et nostalgique et beaucoup plus mélancolique qu’il avait présenté en trio au festival Les Georges à Fribourg, avant de se faire plus discret sur les scènes suisses.

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Onirisme crépusculaire

Taylor Kirk va ensuite parachever l’exorcisation de ses démons intérieurs sur ‘Lovage’ en octobre 2023, qui restera l’ultime album de Timber Timbre. Avant cela, le musicien canadien avait aussi collaboré avec les chanteuses Feist et Lou Doillon notamment. Et les chansons de celui qui avait suivi des études de cinéma et dont l’onirisme crépusculaire était comparé à celui de David Lynch ont accompagné de nombreux génériques de films et séries, parmi lesquels ‘Breaking Bad’, ‘The Gambler’ et ‘Orange Is the New Black’.

Olivier Horner