L’équipe de François Major, directeur de l’Unité de recherche en ingénierie des ARN de l’Institut de recherche en immunologie et en cancérologie de l’Université de Montréal, a conçu la nouvelle base de données RIMap-RISC, qui intègre la structure moléculaire des micro-ARN et celle des ARN messagers pour modéliser systématiquement leurs interactions. Mené par le doctorant Simon Chasles, ce travail fait l’objet d’une publication dans Genome Biology.
Micro-ARN: mieux comprendre comment ils interfèrent avec l’expression des gènes
On trouve différents types d’acides ribonucléiques (ARN) dans les cellules. L’ARN messager agit comme intermédiaire entre l’information génétique contenue dans l’ADN et la fabrication des protéines. Les micro-ARN sont quant à eux de très courtes molécules qui ciblent les ARN messagers pour les dégrader ou les inhiber, empêchant ainsi la traduction de certains gènes en protéines.
L’approche conçue par le laboratoire de François Major permet d’intégrer des informations structurelles détaillées sur les micro-ARN, et donc d’aller au-delà des modèles basés uniquement sur leur séquence, pour comprendre comment ils reconnaissent les ARN messagers et régulent l’expression des gènes dans des contextes normaux et pathologiques. «C’est la première fois qu’une telle modélisation est faite de façon systématique», souligne François Major, professeur au Département d’informatique et de recherche opérationnelle de l’UdeM.
Un outil disponible en ligne pour toute la communauté de recherche
Accessible en ligne, la plateforme RIMap-RISC offre une interface programmable. Elle sera utile autant pour la recherche fondamentale en biologie que pour l’étude de maladies complexes comme le cancer. «Notre nouvel outil favorisera la réutilisation des données, leur intégration dans des pipelines bio-informatiques et l’élaboration de nouvelles approches en recherche et en matière d’innovation en biologie des ARN», explique le chercheur.