Le Prix scientifique Leenards 2026 met à l’honneur une approche novatrice développée par des équipes de recherche de l’arc lémanique. Cette méthode prometteuse pourrait améliorer les fonctions cognitives après un traumatisme crânien ou en cas d’épilepsie.
Elena Beanato, ingénieure et coordonnatrice de la consultation de santé mentale et cérébrale aux Hôpitaux universitaires de Genève (HUG), est une des lauréates à avoir été récompensée du Prix Leenards pour une technologie révolutionnaire. Son projet explore une méthode de stimulation électrique non invasive afin de restaurer les fonctions cognitives, notamment la mémoire et la navigation spatiale.
La méthode repose sur l’utilisation de deux paires d’électrodes qui génèrent une différence de fréquences. Cette technique permet d’agir sur les régions profondes du cerveau sans affecter les zones superficielles. « C’est une avancée importante », explique Elena Beanato au micro de CQFD, « car ces régions profondes jouent un rôle clé dans des fonctions cognitives comme la mémoire ou la navigation spatiale. »
Premiers tests sur des patients épileptiques
Les premières expérimentations ont été réalisées en collaboration avec des patients souffrant d’épilepsie résistante aux traitements médicamenteux. Ces patients, souvent candidats à une chirurgie cérébrale pour retirer les zones responsables des crises, offrent aux équipes de recherche une opportunité unique d’étudier l’activité cérébrale en profondeur grâce à des électrodes intracrâniennes. Cette approche a permis de mesurer en temps réel les effets de la stimulation.
Une application pour les traumatismes crâniens
Elena Beanato et son équipe envisagent d’étendre cette méthode aux patients ayant subi des traumatismes crâniens légers à modérés. « Environ 10 à 15% de ces patients continuent de souffrir de troubles cognitifs à long terme, comme des problèmes de mémoire ou de navigation spatiale », souligne-t-elle. Grâce à la réalité virtuelle, les scientifiques ont pu observer des améliorations notables dans la capacité des participants à s’orienter et à se souvenir d’objets dans l’espace après la stimulation.
Des perspectives pour d’autres pathologies
Pierre Mégevand, neurologue aux HUG et chercheur au Human Neuron Lab de lʹUNIGE, également impliqué dans le projet, estime que cette technologie pourrait avoir des applications au-delà des traumatismes crâniens et de l’épilepsie. « Elle pourrait être utilisée pour des pathologies comme la maladie de Parkinson ou encore pour pallier les pertes de mémoire liées à la maladie d’Alzheimer », précise-t-il.
Cette avancée technologique, encore en phase de recherche, pourrait transformer la prise en charge de nombreux troubles neurologiques, offrant ainsi de nouvelles perspectives aux patients.
Sujet radio: Huma Khamis
Adaptation web: Laure Pagella