Alors que le Parlement va devoir discuter des nouvelles exigences en matière de fonds propres concernant UBS, la ministre des Finances Karin Keller-Sutter dénonce le lobbyisme et la pression exercés par la banque envers les parlementaires fédéraux. UBS qualifie le projet du gouvernement d' »extrême », mais rejette les critiques.
UBS se défend contre les accusations selon lesquelles elle ferait un lobbying trop agressif dans le débat sur les fonds propres. « Nous avons le droit de prendre part à la discussion », a déclaré mercredi le directeur général (CEO) Sergio Ermotti. La banque dispose d' »arguments très solides » qu’elle souhaite faire valoir.
« De plus, nous avons trop de respect pour le Parlement pour proférer des menaces », a-t-il souligné lors d’une conférence téléphonique avec des journalistes. La banque se concentre sur ce qu’elle peut influencer et s’efforce d’exposer les faits.
Pression financière dénoncée
La cheffe du Département des finances Karin Keller-Sutter a déclaré cette semaine dans une interview accordée au « Blick » qu’elle entendait des parlementaires craindre qu’UBS ne réduise ses contributions à leur parti.
Un lobbying aussi intense de la part d’un acteur privé est plutôt inhabituel en Suisse, a déclaré la conseillère fédérale. « On peut avoir des opinions divergentes. Mais il n’est pas dans les habitudes de s’opposer aussi fermement à nos institutions ».
Interrogés dans le 19h30 de la RTS, plusieurs élus fédéraux PLR et UDC ont nié toute influence d’éventuelles donations de la première banque du pays et toute pression.
« Ce serait de la corruption »
Si la conseillère aux Etats Johanna Gapany (PLR/FR) reconnaît que « c’est très particulier pour la Suisse, parce qu’en général, on voit une organisation, comme Economiesuisse, l’USAM ou l’Union suisse des paysans » intervenir dans le débat. Mais « c’est la situation qui veut ça parce que la réglementation touche particulièrement cette grande banque ».
Sur le plateau du 19h30, elle précise toutefois qu’UBS ne finance pas des parlementaires, mais des partis. Et d’ajouter qu’une entreprise ou une organisation n’a « absolument pas le droit de conditionner un soutien financier à un vote, que ce soit d’un parlementaire ou d’un parti. (…) Ce serait de la corruption est c’est illégal ».
>> L’interview de Johanna Gapany dans le 19h30 :
Interview de Johanna Gapany, conseillère aux Etats PLR (FR) / 19h30 / 3 min. / aujourd’hui à 19:30
La banque a qualifié à plusieurs reprises les propositions du Conseil fédéral d' »extrêmes ». Elle voit notamment d’un très mauvais oeil l’obligation prévue de couvrir intégralement les filiales étrangères par des fonds propres.
Il a également déclaré qu’il ne spéculerait pas pour l’instant sur d’éventuelles contre-mesures, telles qu’un départ de Suisse. Il a toutefois défendu les déclarations faites mi-avril par le président du conseil d’administration, Colm Kelleher, lors de l’assemblée générale. Ce dernier avait déclaré qu’il était du devoir de la banque d’examiner attentivement les options appropriées afin de limiter autant que possible les conséquences négatives des propositions du Conseil fédéral.
>> Revoir le sujet du 19h30 sur les exigences du Conseil fédéral :
Le Conseil fédéral renforce les exigences en fonds propres pour les banques / 19h30 / 2 min. / le 22 avril 2026
cab avec ats