Sur la glace davosienne, les Fribourgeois ont profité de ces instants magiques à l’infini. Et forcément, au milieu de tous les acteurs de cette victoire, Julien Sprunger avait le sourire du capitaine qui a mené le bateau à bon port.

« Je crois que je suis le dernier à partir du banc, je ne suis pas le plus rapide de l’équipe (rires), a-t-il déclaré. J’ai de la peine à y croire. J’ai vu ce puck rentrer, les autres sont partis et moi je suis presque tombé. Franchement, c’est magique! »

Dans un contexte aussi éprouvant qu’un acte VII pour clore une carrière commencée en 2002 à… Davos, le numéro 86 a cherché à ne pas trop imaginer des scénarios dans sa tête. « Je me suis un peu interdit de penser à ce moment le plus longtemps possible », a poursuivi Sprunger.

« Cet après-midi, ça allait bien. Après, ça commençait un petit peu à y penser, mais c’est vrai que j’avais, entre guillemets, très peur d’être déçu au final, de me dire ‘T’étais si proche et ça n’a pas marché, donc j’ai essayé de me protéger, de ne pas y penser que de m’imaginer avec cette coupe. Et au final, je crois que là je peux profiter, me laisser vivre et profiter du moment. »

Une discussion avec Rönnberg

Le numéro 86 s’est aussi confié sur ses doutes: « L’année passée, j’ai vraiment hésité à continuer, je me suis posé des questions, j’ai eu une très très longue discussion avec Rönnberg pour savoir si j’avais ma place, si ça valait la peine, et puis après ça, je me suis dit que je me donnais encore une chance. C’était la dernière alors j’ai essayé de tout donner. Je pense que c’était la plus belle décision et la meilleure décision de ma vie. »

Le capitaine des Dragons, toujours disponible, a forcément repensé au garçon qui était dans les gradins de St-Léonard pour voir l’équipe des années 90: « C’est un rêve qui est devenu réalité. C’est ce pour quoi tu te bats pendant 24 ans, j’étais gamin lors de l’époque Bykov-Khomutov. On a parfois été très proche et des fois on a eu des saisons de m… aussi. Là je me dis ‘Enfin’, je peux partir en me disant qu’on l’a fait. Et puis vraiment j’ai l’impression que la mission est terminée. »

Sprunger demande ensuite si c’est déjà minuit. En entendant la réponse négative, il enchaîne: « Ah zut, j’aurais été le chômeur le plus heureux du monde. » (réd: parce que les contrats des joueurs prennent fin au 30 avril à minuit)

« Le rêve ultime »

Père de trois enfants, on n’osera pas écrire que Sprunger a vécu le plus beau jour de sa vie. Mais sur le plan sportif? « Sportivement, bien sûr que je ne peux pas rêver mieux. De finir comme ça, d’être là, de vivre ces moments-là et puis je pense que je ne suis pas au bout de mes surprises. C’est clair que c’est le rêve ultime. »

ats/tai