Le réalisateur Jean-Stéphane Bron a été rédacteur en chef invité de notre supplément culturel en mai 2026. Il a suscité ou inspiré certains articles, dont celui-ci.
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Camille de Toledo tombe du ciel comme le goéland sur la vague. Il dépose devant vous une agate, la pierre de la douceur. Il ne dépose rien en vérité, mais c’est tout comme. Sur la terrasse du Théâtre de Vidy, à l’heure de l’éclair au chocolat et de la limonade, l’écrivain vous confie, comme une bille précieuse, sa douceur, celle qui est le fruit d’une colère jamais tout à fait enfuie. Ces jours à Lausanne, le bâtiment conçu par Max Bill est sa maison. Il y bivouaque, dans la petite salle de la Passerelle où il expose son atelier, espace où cohabitent photos sépia, coupures du monde, feuillets d’Hypnos, tout ce qui compose Thésée, sa vie nouvelle (Ed. Verdier), récit qui entrelace dans un même courant le chaos du XXe siècle et le chagrin des siens.
Camille de Toledo, 50 ans, a la noblesse d’une vieille âme, c’est son mot: il élargit le chant des ombres. Il n’écrit pas le nez rivé sur son ego – cette maladie du siècle – , mais à partir de sa peau, de ce palimpseste dont il est le dépositaire. Son Thésée surgit d’un corps-caverne, il s’avance vers la lumière, dans l’espoir insensé de rompre la chaîne des désastres qui écrasent sa colonne vertébrale. Le 1er mars 2005, son frère aîné, Jérôme, se suicide. Sa mère, Christine Mital, rédactrice en chef du Nouvel Obs, meurt sous le poids de la douleur le 26 janvier 2006, jour anniversaire de Jérôme. Son père, Gérard Mital, producteur de cinéma, s’éteint en 2010.