Ex-attaquant de Gottéron durant 8 saisons, jusqu’en 2009, Geoffrey Vauclair est revenu sur la finale Davos-Fribourg. Le Jurassien de 49 ans, consultant de RTSsport.ch, nous a aidé, notamment, à relever ces fameux détails qui ont fait la différence dans une série qui fera date.

Capitaine des Dragons de 2007 à 2009, Geoffrey Vauclair est naturellement heureux d’avoir vu les Fribourgeois soulever le trophée pour la première fois de leur histoire. « Avec Lugano, Fribourg est le seul autre club où j’ai évolué en National League. C’est donc normal que j’aie des affinités avec ce club, je ne vais pas vous mentir », déclare le frère aîné de Julien et de Tristan.

Reto Berra est le MVP de ces playoffs

Geoffrey Vauclair

RTSsport.ch: Depuis le temps qu’on disait que c’était l’année ou jamais pour le HCFG…

GEOFFREY VAUCLAIR: Cette fois-ci, Fribourg était vraiment mûr pour le titre. J’avais d’ailleurs placé Gottéron en tête de mon pronostic d’avant-saison. Avec Andrea Glauser en défense et Reto Berra au but, c’était quand même du solide sur le papier. C’était écrit qu’ils iraient au bout, après avoir galéré en quarts de finale contre Rapperswil ou subi des blessures d’éléments importants, comme celle de Marcus Sörensen. Et personne n’aurait parié sur le fait que Gottéron s’imposerait 3 fois dans les Grisons.

RTSsport.ch: Quels sont les fameux détails qui ont fait la différence?

GEOFFREY VAUCLAIR: Premièrement, Berra. C’est à mes yeux le « MVP » de ces playoffs. Il a tout d’abord sauvé la mise au 1er tour contre les Lakers. Puis en finale, le gardien de Fribourg a volé des buts à l’adversaire lors de moments-clés. Deuxièmement, des joueurs un peu plus dans l’ombre se sont révélés chez les Dragons, comme Benoît Jecker, Nathan Marchon et Jeremi Gerber. Troisièmement, les étrangers de Gottéron, surtout en attaque, ont été supérieurs à ceux de Davos. Où le Suédois Klaus Dahlbeck a été le meilleur défenseur en finale. Mais le problème, c’est qu’il fallait produire offensivement…

RTSsport.ch: On a justement souvent pointé du doigt le jeu de puissance déficient des Dzodzets. Mais au final, cela ne les a pas prétérités.

GEOFFREY VAUCLAIR: Oui, le power-play de Gottéron s’est réveillé sur les 3 dernières parties. En face, c’est allé en s’empirant.

Julien Sprunger? On perd non seulement quelqu’un qui apportait énormément sur la glace, mais aussi en-dehors

Geoffrey Vauclair

RTSsport.ch: Chez les Dragons, vous avez en outre particulièrement apprécié le Finlandais Henrik Borgström.

GEOFFREY VAUCLAIR: C’est un de mes attaquants préférés. Il n’est peut-être pas le plus « flashy », mais il fait tout juste. Dans le camp d’en face, c’était plus compliqué pour les Tchèques Filip Zadina et Matej Stransky. Je pense que ce dernier, de la manière dont il patinait, était d’ailleurs sans doute blessé. Il était également moins lucide que d’habitude.

RTSsport.ch: Impossible de ne pas évoquer l’immense Julien Sprunger, qui glane un 1er titre après 24 saisons de fidélité à son club…

GEOFFREY VAUCLAIR: Je l’ai connu lorsqu’il avait 17 ans, à ses débuts. On perd non seulement quelqu’un qui apportait énormément sur la glace, mais aussi en-dehors. Dans un monde du hockey professionnel qui a tendance à se refermer sur lui-même au niveau de la communication, Julien est toujours resté abordable, plein d’humour et pertinent.

Il sera intéressant de voir comment Gottéron gèrera son nouveau statut

Geoffrey Vauclair

RTSsport.ch: Christoph Bertschy a aussi été un facteur décisif. L’attaquant fribourgeois a terminé 3e meilleur compteur de ces séries, et meilleur Helvète avec 10 points.

GEOFFREY VAUCLAIR: Il a été critiqué l’an dernier, mais le public ne l’a pas apprécié à sa juste valeur. Il faut le juger sur son implication, pas sur les points. Il joue en infériorité, il amène sa vitesse. C’est un véritable couteau suisse.

RTSsport.ch: Enfin, parlons de Roger Rönnberg. Le coach suédois, qui avait clamé haut et fort l’été dernier qu’il venait pour remporter le titre, a gagné son pari d’entrée de jeu.

GEOFFREY VAUCLAIR: J’avais bien aimé cette prise de risque. Il a su refléter son ambition sur ses joueurs. C’est un coach vocal, très exigeant. Et j’aime son système de jeu, à la Scandinave, où on ne veut pas laisser le puck à l’adversaire. Mais il a aussi bénéficié d’un effectif de qualité: pas de grand entraîneur sans grande équipe. Gottéron a gagné, c’est magnifique. Mais il sera désormais intéressant de voir comment le club fera pour se maintenir au sommet, comment il gèrera ce nouveau statut de grosse écurie.

Propos recueillis par Michaël Taillard