« On met en avant un personnage public qui lance des incitations à la drogue et à la violence »
Dans son post sur Instagram, Damso fait allusion à un hymne : « L’hymne ne fait que confirmer ce que je pensais depuis longtemps : il faut créer nos propres structures et sortir progressivement de ces schémas établis dans lesquels nous ne pourrons jamais décider ». La référence semble évidente. Le rappeur dénonce le principe du deux poids, deux mesures qui prévaut en matière d’hymne – officiel, s’entend ! – pour la Coupe du Monde de football.
Souvenez de la campagne des Diables en Russie en 2018. C’est Damso qui devait signer l’hymne qui devait accompagner Eden Hazard et compagnie vers un succès qui leur semblait promis. À peine le nom du rappeur belge annoncé, les polémiques ont commencé à pleuvoir de toutes parts, basées sur de précédentes chansons du rappeur, accusées de véhiculer des paroles dégradantes envers les femmes.
Dans une lettre ouverte aux sponsors des Diables, Viviane Teitelbaum avait sonné la charge en tant que présidente du Conseil des femmes francophones de Belgique : « On choisit une personne qui tient des propos brutaux contre les femmes. Et voilà que l’on met en avant un personnage public qui lance des incitations à la drogue et à la violence. C’est incompréhensible ».
Damso, l’auteur de l’hymne officiel des Diables à la Coupe du monde: « Je les emmerde avec leur polémique à la con »Le précédent Roméo Elvis
Dans un premier temps, l’Union Belge avait soutenu le choix de Damso avant de siffler prématurément la fin de la partie en mars 2018 en décidant de cesser la collaboration avec le chanteur. « Il n’y aura pas de chanson officielle en vue de la Coupe du Monde 2018 », pouvait-on lire dans le communiqué. « Nous endossons la pleine responsabilité de cette controverse et de cette agitation. Nous en tirerons certainement les leçons nécessaires pour le futur afin de véhiculer nos valeurs positives avec encore plus de conviction. »
Huit ans plus tard, Damso épingle les contradictions de l’Union Belge qui a confié l’hymne des Diables pour la campagne américaine à Sylvie Kreusch et à Roméo Elvis. En 2020, ce dernier avait été accusé par une jeune femme d’agression sexuelle. Le rappeur avait fini par reconnaître les faits et présenté publiquement ses excuses.
Roméo Elvis accusé d’agression sexuelle sur les réseaux sociaux
« Les réseaux s’enflamment et oui, j’ai pris conscience d’avoir utilisé mes mains de manière inappropriée sur quelqu’un, croyant répondre à une invitation qui n’en était pas une, et m’arrêtant dans les instants qui ont suivi dès que j’ai compris. Je regrette sincèrement ce geste et surtout, je réitère publiquement les excuses déjà exprimées de nombreuses fois en privé à la personne », avait-il exprimé dans un communiqué sur Instagram.