Le 21 avril 1976, un braquage à main armée tourne au drame dans un bureau de poste du quartier des Mousquines à Lausanne. Une jeune postière de 20 ans est touchée par balle lors du hold-up et succombe à ses blessures. Cinquante ans plus tard, le podcast de la RTS Crimes suisses revient sur cette affaire criminelle et sur les réponses pénales de l’époque.

Le 21 avril 1976 vers midi, un homme armé pénètre dans le bureau de poste des Mousquines, à Lausanne. Sous la menace d’un revolver, il se fait remettre plus de 27’000 francs. Au moment de quitter les lieux, le braqueur entraîne la postière dans les toilettes pour l’attacher. La situation dégénère et l’homme tire à plusieurs reprises. Grièvement blessée, la jeune femme décède dans l’après-midi.

L’enquête s’annonce délicate: les témoins sont rares et les indices peu nombreux. Mais quelques jours après les faits, un ancien codétenu dénonce le braqueur. Arrêté, celui-ci avoue et permet à la police de retrouver l’arme du crime ainsi que le reste du butin.

Récidive et criminalité des années 1970

L’auteur du hold up est un multirécidiviste déjà condamné à plusieurs reprises. Jugé en 1977 pour brigandage qualifié et assassinat, il est condamné à la réclusion à perpétuité. Interrogée dans le podcast Crimes suisses, Cindy von Bueren, cheffe de service adjointe et directrice de la réinsertion au Service pénitentiaire vaudois, souligne que ce parcours illustre les limites d’un système encore très centré à l’époque sur la sanction: « Historiquement, on était dans une logique de punition. Aujourd’hui, on sait que la très grande majorité des personnes détenues retourneront un jour dans la société libre, et qu’il faut s’y préparer. »

L’affaire des Mousquines s’inscrit par ailleurs dans un contexte marqué par une multiplication des braquages de bureaux de poste en Suisse dans les années 1960 et 1970, à une époque où les dispositifs de sécurité restaient sommaires et où les employés se retrouvaient souvent seuls face aux agresseurs.

>> Ecouter l’épisode de Crimes suisses : Braquage mortel à la poste des Mousquines

Antoine Droux